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Au Caire, la rue appelle à la "chute du régime"

Publié par Ndouné sur 28 Janvier 2011, 23:34pm

Catégories : #Afrique

"Le peuple veut la chute du régime", ont crié à pleins poumons des milliers d'Egyptiens en colère ayant dévalé vendredi comme un torrent dans les rues du Caire, quadrillées par la police pour des manifestations sans précédent contre le pouvoir.

 
manifestants-devant-des-voitures-de-police-en-feu-le-28-jan.jpgDes manifestants devant des voitures de police en feu le 28 janvier 2011 au Caire (photo: Afp) 

 

voir_le_zoom : Un manifestant pris dans les gaz lacrymogènes au Caire le 28 janvier 2011
Un manifestant pris dans les gaz lacrymogènes au Caire le 28 janvier 2011 (photo: Afp)
 

La police a fait usage de gaz lacrymogènes, balles caoutchoutées, voire canons à eau dans certains quartiers du Caire et à Alexandrie, la deuxième ville du pays.

voir_le_zoom : Policiers face à des manifestants anti-Moubarak le 28 janvier au Caire
Policiers face à des manifestants anti-Moubarak le 28 janvier au Caire (photo: Afp) 

 

Les Frères musulmans, principale force de l'opposition, et Mohamed ElBaradei, l'opposant le plus en vue, ont participé à ce "vendredi de la colère," point d'orgue de quatre jours de manifestations ayant fait huit morts et des dizaines de blessés.

 voir_le_zoom : Des policiers en civil arrêtent un manifestant le 28 janvier 2011 au Caire
Des policiers en civil arrêtent un manifestant le 28 janvier 2011 au Caire (phot: Afp) 

 

La fin de la prière du vendredi a sonné comme le début d'une grande course contre le pouvoir, des milliers de personnes prenant d'assaut les rues sous les applaudissements nourris des passants pour exiger la fin du régime du président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 30 ans.

 "Le peuple veut la chute du régime", ont crié à pleins poumons des milliers d'Egyptiens en colère ayant dévalé vendredi comme un torrent dans les rues du Caire, quadrillées par la police pour des manifestations sans précédent contre le pouvoir.

La fin de la prière du vendredi a sonné comme le début d'une grande course contre le pouvoir, des milliers de personnes prenant d'assaut les rues sous les applaudissements nourris des passants pour exiger la fin du régime du président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 30 ans.

"Liberté! liberté! liberté", ont scandé les manifestants, majoritairement des hommes, sous les regards ahuris de policiers déployés avec boucliers et casques près de la célèbre mosquée al-Azhar dans le quartier historique de Khan al-Khalili.

"Moubarak est un dictateur, nous voulons sa chute. Ce n'est plus le temps des réformes. Les gens en ont marre. La situation économique devient intenable", souffle Ahmed, un jeune avocat qui marche avec les manifestants.

La police a fermé la rue qui traverse le coeur de la capitale égyptienne, littéralement prise d'assaut par les manifestants, jeunes et vieux, laïcs et islamistes confondus.

"Nous sommes ici réunis, les forces nationales et les Frères musulmans, pour dire au pouvoir que nous en avons assez", lance Mohammed al-Mansour, trentenaire aux yeux bleus, vêtu d'un manteau cachemire couleur sable pour se protéger du vent frais soufflant sur la capitale.

Les manifestants jouaient au chat et à la souris avec les policiers qui semblaient sur le point d'intervenir, provoquant de brefs moments de panique dans la foule.

Des manifestants se sont massés sur les ponts autoroutiers enjambant l'artère principale de la capitale, alors que des commerçants avaient fermé boutique.

Les Frères musulmans, principale force de l'opposition, et Mohamed ElBaradei, l'opposant le plus en vue, ont participé à ce "vendredi de la colère," point d'orgue de quatre jours de manifestations ayant fait huit morts et des dizaines de blessés.

La police a fait usage de gaz lacrymogènes, balles caoutchoutées, voire canons à eau dans certains quartiers du Caire et à Alexandrie, la deuxième ville du pays.

"Les payeurs de taxes américains devraient savoir comment leur argent est dépensé", a lancé un jeune manifestant au Caire, montrant une cartouche de bombe lacrymogène fabriquée par la compagnie Combined Tactical Systems (CTS) établie à Jamestown en Pennsylvanie, aux Etats-Unis.

Près de la place de l'Opéra, dans le centre du Caire, des dizaines de manifestants revenaient sanguinolents du théâtre où se déroulaient des heurts avec la police. Un jeune homme marchant torse nu avait notamment le dos marqué d'impacts de balles en caoutchouc, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Ils nous ont tiré dessus avec des balles en caoutchouc, j'ai été touché au niveau de la ceinture et de la jambe. Je saignais mais une personne m'a aidé à panser mes blessures", a déclaré Moustafa Sabagh, jeune dentiste cairote.

"Les policiers nous ont battus", a ajouté le jeune homme, le pantalon déchiré, du sang séché dépassant du pansement de fortune sur sa jambe.

En fin de journée, des milliers de personnes ont défilé dans le quartier Dokki, sur la rive occidentale du Nil, plusieurs d'entre elles enveloppées dans le drapeau égyptien.

Puis, le président Hosni Moubarak a déclaré un couvre-feu sur la capitale, étendu ensuite à l'ensemble du pays, qui n'avait jamais connu une telle agitation depuis trois décennies.

Source: AFP
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