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BURKINA FASO : Le rectificateur rectifié !

Publié par Ndouné sur 31 Octobre 2014, 07:23am

Catégories : #Afrique

La nouvelle est en train de faire le tour du monde : Blaise Compaoré le très glacial et imperturbable chef de l’Etat Burkinabè est tombé. Et à l’heure qu’il est, il serait tout simplement en fuite. Ainsi, depuis les dernières heures de l’après midi du 30 octobre 2014, l'armée est au pouvoir au Burkina Faso, annonçant par la même occasion la dissolution du gouvernement et de l'Assemblée et instaurant un couvre-feu.  

Le Burkina Faso avait brutalement basculé dans la crise avec l'annonce, le 21 octobre 2014, d'un projet de révision constitutionnelle portant de deux à trois le nombre maximum de quinquennats présidentiels. Ce qui, aurait permis à Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 1987, de rempiler pour un énième mandat à la tête d’un Burkina Faso où le peuple ne voulait plus de lui. 

Burkina---assemblee-brulee.jpgLe Palais de l’Assemblée Nationale où devait être votée la réforme constitutionnelle incendiée.

Plusieurs institutions et monuments publics ont été pris d'assaut, lançant ainsi des appels à la démission de Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans.

Arrivé au pouvoir il y a 27 ans à l'issue d'un putsch, à l’issue du quel Blaise Compaoré avait tout simplement assassiné son ami et compagnon de combat Thomas Sankara, le président Compaoré avait alors institué – à la place de la révolution qui l’avait conduit au pouvoir avec ses trois amis Sankara, Lingani et Zongho – la Rectification.

Au delà de la grande émotion qu’avait suscitée à travers l’Afrique et le monde l’élimination physique de Thomas Sankara – personne ne peut dire – à moins d’être animé de mauvaise foi – que le Burkina Faso ne s’était pas engagé résolument sur le voie du développement et de la real politik sous l’impulsion d’un Blaise Compaoré qui était tout à l’opposé de Thomas Sankara, qui était beaucoup plus un idéaliste qu’un homme d’état pragmatique en phase avec les réalités et les vrais défis d’une Afrique qui n’a jamais rien gagné, en réalité, avec les doctrines marxistes- léninistes.

Au pouvoir depuis 1987, Blaise Compaoré s’est imposé comme un homme d’état réaliste, et surtout sans états d’âme. L’exécution du commandant Lingani et du capitaine Zongo, les deux autres membres du quatuor ayant renversé le régime du commandant Jean Baptiste Ouedraogo, en dit long sur la froideur de cet homme qui avait fini par vouloir s’éterniser au pouvoir, malgré sa longévité qui, au fil des années, n’en finissait pas d’ulcérer l’opposition Burkinabé qui, a fini par le débarquer à la faveur du mouvement populaire qui l’a contraint à la fuite en fin de journée du 30 octobre 2014.

En fait, son mandat, le dernier prévu par la Constitution,  après deux septennats (1992-2005) et deux quinquennats (2005-2015) devait s’achever en 2015. Malheureusement, contre toute prudence et toute logique, il a pensé pouvoir opérer un passage en force par le biais d’une révision constitutionnelle qui – si elle avait été menée jusqu’à son terme – l’aurait maintenu au pouvoir contre la volonté du peuple.

Burkina---Blaise-degage.jpgBlaise Compaoré vient donc d’être jeté dans les poubelles de l’Histoire de la même façon que Ben Ali, Mobutu, Moubarak et tous ces autres dictateurs qui, rendus absolument fous par le pouvoir absolu qu’ils ont exercé durant des décennies, n’ont pas compris qu’il faut quitter les choses avant que celles-ci ne vous quittent.

Chefs-d-Etats-africains-qui-s-accrochent-au-pouvoir---DW.jpgExit donc Blaise Compaoré, et place à un gouvernement de transition. Mais il faut dire que la chute fracassante de Blaise Compaoré ne doit en aucun cas être négligé par ces autres dictateurs que sont Idriss Deby du Tchad, Paul Biya du Cameroun ou Denis Sassou Nguesso du Congo qui pensent certainement que ce qui se passe au Burkina Faso n’arrive qu’aux autres. Ils oublient qu’ils réunissent depuis plus de 20 ans toutes les conditions qui ont abouti à la déconfiture de Blaise Compaoré qu’au matin du 30 octobre, se pensait indéboulonnable.

Les pouvoirs exécutif et législatif sont désormais assumés par un organe de transition militaire, avec l'objectif d'un retour à l'ordre constitutionnel «dans un délai de douze mois». 

Par D.D | Ndjamena-matin

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