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Concertation américano-française sur les conditions d’un changement du régime Deby au Tchad

Publié par Ndouné sur 29 Novembre 2011, 01:12am

Catégories : #Lu pour vous

Obama-et-Sarko.jpgRécemment à l’initiative des Américains, une réunion de concertation avec les Français a été menée pour voir quelles étaient les perspectives d’un changement de régime de manière pacifique au Tchad ? En introduction, un bilan du régime d’Idriss Deby a été dressé sans concession et surtout avec beaucoup d’exaspération par les Américains.

Les Américains ont passé à la loupe l’action d’Idriss Deby depuis 21 ans, presque une génération, à la tête du Tchad ; avec pragmatisme, concision et exemples à l’appui, ils ont posé un constat amer : ni liberté, ni démocratie et  encore moins de  développement. Autrement dit, la République des Ni Ni….

Une alternance pacifique est-elle possible au Tchad ? Ou bien, faut-il attendre un coup d’Etat pour que cette Présidence à vie s’arrête ? Sinon, quelles sont alors nos possibilités d’influence pour qu’un changement de régime se fasse de manière légale et sans violence ? Pourquoi accepter cette situation insupportable dans ce pays ? Tels sont les différents points soulevés par les Américains.

Sur les libertés : Existent-elles réellement ? La presse est soumise à un harcèlement à différents niveaux, les opposants au gouvernement sont persécutés, intimidés et emprisonnés. Ils n’ont accès à aucun média public.

Les forces de sécurité et l’armée doublent leurs efforts pour maintenir Deby au pouvoir et sont utilisées comme une menace contre les populations.

C’est ainsi qu’Idriss Deby et  son clan empêchent  l’opposition d’avoir une marge d’action, de liberté, de travail pour mobiliser les Tchadiens afin d’arriver à une alternance sans violence par la voie des urnes.

Dès lors, qu’observe-t-on ? Le régime tergiverse et refuse la mise en place d’un processus électoral consensuel et fiable. Toutes les consultations électorales sont frauduleuses et grossièrement manipulées. Il en a été ainsi pour le référendum,  lequel portait sur le changement du mandat présidentiel.

La volonté de Deby de s’accrocher à vie au pouvoir est incontestable, car, quand il a eu des problèmes de santé, selon les services de sécurité, les médecins lui ont demandé d’arrêter de boire mais il n’y arrive pas, à ce moment là, des informations insistantes faisaient état de sa volonté de se faire remplacer par son fils Brahim aujourd’hui décédé. C’est ainsi qu’avec les services de sécurité, un décret a été envoyé par fax depuis Paris modifiant la Constitution du Tchad dans le mode de succession au Président de la République.

De plus, dans cette période assez mouvementée de son hospitalisation, le Président de l’Assemblée Nationale (Feu Kamougué Wadal Abdelkader) nous avait clairement fait savoir que si Deby venait à mourir, il ne pourrait en aucun cas assurer la vacance, comme le prévoit les textes constitutionnels, car il serait immédiatement assassiné par les Zaghawa par conséquent il n’assurera pas la vacance.

La volonté de Deby de ne pas lâcher le pouvoir va plus loin, dans la mesure où même dans son parti, le MPS, les règles de nomination du candidat à la candidature à l’élection présidentielle ne sont pas respectées, il ne veut pas de concurrence, ni établir des règles de succession.

Il a exacerbé les tensions ethniques et nous sommes prudents devant l’apparente apathie des populations face aux difficultés, injustices et au malaise économique grandissant. Tout peut arriver et nous sommes préoccupés par « the level of public hatred for the zaghawa is  very high » (la haine que les populations éprouvent pour les Zaghawa est très forte).

Notre sentiment, c’est que les gens en ont assez de ce régime et souhaitent un changement sans violence dans le respect des règles mais le mécanisme pour y arriver n’existe pas. C’est pourquoi, souvent, les gens regardent vers nous (USA) pour que nous poussions vers ce changement politique.

Nous sommes conscients que l’Armée et les services de sécurité joueront un rôle important sinon essentiel dans la mesure où ils seront à la base de la violence et de l’instabilité qui accompagnera tout changement de régime. Et, il est évident que le régime Deby agite souvent comme un épouvantail  la carte de l’instabilité et du chaos.

Mais son refus de céder la place dans la paix après tant d’années au pouvoir a eu deux conséquences majeures : Premièrement, le recours aux rébellions n’a pas d’autre but que de provoquer son départ mais au terme d’un processus violent ; deuxièmement, les très forts taux d’abstention de la part des populations lors des consultations électorales sont une façon pacifique de montrer toute leur désaffection envers le régime Deby. Une forte abstention ou plutôt un refus de voter.

C’est pourquoi, il est important qu’une concertation secrète (« We need to work closely ») entre les acteurs internes, c'est-à-dire l’armée ou plus précisément les officiers militaires et les acteurs externes c'est-à-dire les USA, la France, et certains leaders de l’Union Africaine ait lieu et que tous doivent se tenir prêts à pousser ensemble vers un changement politique.

Il appartiendra aux USA et à la France d’envoyer des signaux clairs à la famille Deby et au clan et d’entreprendre un travail de fond, souterrain sur d’autres cibles. Nous ne sommes pas opposés à l’aménagement d’une porte de sortie par exemple, un poste à l’Union Africaine pour Deby.

Les Français ont exprimé lors de cette réunion leur adhésion totale tant sur l’analyse que sur les objectifs à atteindre. Ils ont même précisé que, de leur côté, des contacts avancés sont déjà en cours à plusieurs niveaux incluant l’Armée où un round de concertation en vue de permettre un changement sans violence est déjà en route... Lire la suite sur Zoomtchad.


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Justin 30/11/2011 00:07

Que le destin de Deby soit dans les mains de Sarko ou Obama, le problème n'y est pas. Par ses propres turpitudes et maladresses, le tyran, despote Deby n'est pas loin de quitter son fauteuil.

Abbas 29/11/2011 23:19

T'es con ou quoi ! sans la France tu penses que Deby sera president du Tchad même pour un seul jour. C'est elle qui l'a placé là où il est et c'est à elle de le dégager au plus vite. On ne rêve que
de ça.

barkadeî fodeya goundeimi 29/11/2011 10:47

je suis vraiment désolé que la destinée de notre pays soit étudiée à l'exterieur. ces mêmes américains et francais ont amené deby au pouvoir aujourd'hui pourqoui veulent-ils se débarassé de lui?
pourquoi se mettent -ils à la place du peuple pour parler? c'est vrai, le pays connait quelques derapages, mais il est inconcevable que des pays étrangers discutent de nos problèmes. la solution
viendra des tchadiens, seulement des tchadiens.

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