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Côte d'Ivoire: la Françafrique à la sauce Sarkozy

Publié par Ndouné sur 7 Avril 2011, 22:25pm

Catégories : #Françafrique

Les bastions pro-Gbagbo sous le feu français, l'intervention tricolore en Côte d'Ivoire sous le feu des critiques : en dépit des promesses, la France s'engage de nouveau en Afrique.

Sarko_Gbagbo_photo_Afp.jpgTout un symbole, que les tirs des hélicoptères français contre les bastions pro-Gbagbo à Abidjan. La Licorne (forces françaises en Côte d'ivoire) agissait, certes, sous mandat de l'Onu. Mais il n'y a évidemment rien d'anodin à voir la France bombarder une ancienne colonie... Des intellectuels du continent noir se sont levés pour dénoncer une ingérence très mal ressentie en Afrique. D'autant qu'ils sont nombreux à se souvenir de la petite phrase prononcée par Nicolas Sarkozy en 2008 : "La France n'a pas à jouer un rôle de gendarme en Afrique."

"On chercherait à dresser les Africains contre les Français qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Quelle est cette France qui insulte le droit ?", s'emporte Malick Ndiaye, enseignant à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, où siège également la Coordination des intellectuels d'Afrique. "Licorne dégage ! Onuci dégage !", avait même écrit cette dernière dans une lettre de protestation contre l'intervention en Côte d'Ivoire.

Marie-Claire Tébi, une Franco-Ivoirienne résident à Paris : " Tous les jeunes patriotes constituant le bouclier humain de Gbagbo sont morts désarmées sous des bombes françaises. Mon cousin était de ceux là." Son frère, Charles Lobé, est encore plus aigri : "Les rebelles (les hommes d'Alassane Ouattara ndlr) sont en train de commettre un massacre à cause de Sarkozy. C'est la France qui les a armés. Des gens sont prêts à mourir ici (en France) pour se venger!"

"Recolonisation"
Le NPA et LO n'en pensent pas moins. Les partis d'extrême gauche avaient très vite appelé à "l'arrêt immédiat des bombardements", tout en dénonçant une "aventure militaire néo-coloniale qui n'a rien à voir avec la défense des civils ivoiriens (…) et qui illustre la permanence d'une 'Françafric' soucieuse de maintenir son influence politique et de défendre ses intérêts économiques ainsi que ceux de groupes comme Bolloré".

Mes chercheurs, en revanche, se montrent plus mesurés. "La majorité des Ivoiriens ont été soulagés par l'intervention de l'Onuci par la biais de la Licorne", estime par exemple Christian Bouquet, spécialiste de la Côte d'Ivoire. Avant de prendre la peine d'indiquer que "les Ivoiriens sont surtout heureux de voir la fin des combats approcher", même si nombre d'entre eux vont ressentir ces frappes comme "une recolonisation du pays, une ingérence inadmissible de la France".

Pour d'autres, ces frappes n'auront que peu d'effets sur l'opinion ivoirienne. "Cela n'a fait que conforter la vision de chacun des deux camps, assure la sociologue Claudine Vidal, directrice de recherche émérite au CNRS. Pour les pro-Gbagbo, cela n'a fait que confirmer ce qu'ils pensaient savoir de l'impérialisme néo-colonial de la France."

Revirement
Mais pour Christian Bouquet, ces évènements marquent surtout un tournant dans la politique africaine de la France. "Cette intervention dépasse le cadre de l'Afrique de l'Ouest, assure-t-il. C'est la deuxième fois que des soldats français sont engagés sur le terrain en moins d'un mois. C'est un revirement total, car aujourd'hui, la France ne se contente plus de discours. Elle agit."

Pressé par les menaces pesant sur les Français et l'incapacité militaire de l'Onu, Nicolas Sarkozy a mis à mal ses promesses de neutralité,... Lire la suite sur metrofrance.

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