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CRISE EN TUNISIE ET EN EGYPTE : Le monde arabe prévient, l’Afrique noire somnole

Publié par Ndouné sur 7 Février 2011, 09:48am

Catégories : #Afrique

manifestants_devant_des_voitures_de_police_en_feu_le_28_jan.jpgLe mouvement de contestation qui a entraîné la chute du président tunisien Zine El-Abidine Ben Ali, le 14 janvier, a provoqué une véritable onde de choc dans les pays afro-arabes. En effet, manifestations, immolations et émeutes agitent les quatre coins du monde arabe. L’Egypte qui a emboîté le pas à la Tunisie est secouée par une révolte populaire sans précédent.

Bien d’autres dirigeants afro-arabes sont aussi dans l’oeil du cyclone. Voilà pourquoi sans attendre, ils annoncent des réformes à tout va. Autant dire que le monde arabe qui assiste, medusé par les événements qui se déroulent en Tunisie et en Egypte multiplie les gestes de prévention.

En Algérie, les autorités multiplient les mesures pour prévenir tout débordement. Signe de l’inquiétude du régime, le président Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, a annoncé la levée de l’état d’urgence. Il espère sans doute couper l’herbe sous le pied de la nouvelle coordination nationale pour le changement et la démocratie qui appelle à une marche le 12 février à Alger pour réclamer "la fin du système". Le régime de Bouteflika est en quête d’une asepsie adéquate pour éviter tout embrasement. Au Maroc, les autorités, tout en niant toute similitude de leur situation avec celle de la Tunisie et de l’Egypte, projettent d’accroître les importations des denrées de base et de maintenir les subventions malgré la hausse vertigineuse des prix sur les marchés internationaux. Mais cette prophylaxie n’est qu’un cautère sur une jambe de bois puisqu’un groupe de jeunes a appelé sur le réseau social Facebook à "manifester pacifiquement" le 20 février.

De la Libye, pays dirigé d’une main de fer par le colonel Mouammar Kadhafi depuis 1970, peu d’informations filtrent. Mais il semble que la révolution du jasmin y a déjà fait des étincelles. Le guide, contre toute attente, a entrepris des réformes économiques, en vue d’améliorer les conditions de vie du peuple. Tunisie, Egypte, Yemen, Syrie, etc. Bref, la lame de fond ne semble pas prête à arrêter son effet dévastateur. En remontant aux origines de toutes ces crises, on réalise qu’elles ont pour dénominateur commun les longs règnes et la paupérisation graduelle des populations qui contraste souvent avec l’opulence insultante des dirigeants. Les réalités dans le monde arabe présentent, à quelque chose près, les mêmes similitudes que celles de l’Afrique située au sud du Sahara.

Des chefs d’Etat accrochés au pouvoir depuis plusieurs décennies, bien souvent déconnectés des réalités de leur peuple qui ne trouve même plus de queue par laquelle tirer le diable. Les chefs d’Etat africains qui ont un goût démesurément prononcé pour le pouvoir devraient faire preuve de suffisamment de sagesse pour partir avant que le peuple ne leur indique la voie de sortie. Car, à trop s’éterniser au fauteuil présidentiel, on finit par lasser, se construire une image de potentat qu’il faudra tôt ou tard déboulonner.

Ce qui est arrivé au Tunisien Ben Ali, un sort que n’est pas loin de vivre l’Egyptien Hosni Mubarak, les chefs d’Etat ne devraient pas croire que cela n’arrive qu’à leurs homologues arabes. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Hélas, combien d’entre eux seront-ils capables de faire un quelconque rapprochement entre les bouleversements qui s’opèrent dans cette partie du monde et leurs réalités quotidiennes ? Bien peu, on imagine. On aura beau jeu de dire que le Cameroun, la Guinée-Bissau et autres, ce n’est ni la Tunisie, ni l’Egypte. Et, par conséquent, on fera mine de ne rien voir, ni de ne rien entendre. Beaucoup d’entre eux continueront de faire comme si de rien n’était. On ne s’inquiétera pas outre mesure de la grande agitation dans cette partie du monde. Erreur. Les peuples, quels qu’ils soient et où qu’ils se trouvent, ont généralement les mêmes aspirations : pain, liberté, égalité, justice, etc. Ils finissent tôt ou tard par crier leur ras-le-bol face à un système inique et verrouillé qui n’a plus rien à leur offrir.

Mais si certains chefs d’Etat ont pu aligner leurs longues années de pouvoir sans être inquiétés, c’est sans aucun doute parce qu’ils ont bénéficié de la complicité de l’Occident trop souvent accroché à ses intérêts, parfois même au détriment du peuple opprimé. Qu’ils sachent que les Occidentaux ne soutiennent un président que s’il est "fort". En tout état de cause, le peuple africain ne veut plus des successions dynastiques dignes des régimes monarchiques. Ce qui est sûr, mieux vaut prévenir que guérir, dit-on.

"Le Pays"

 

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