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Françafrique | Le Franc CFA, l’arme fatale de la France

Publié par Ndouné sur 29 Décembre 2010, 03:48am

Catégories : #Lu pour vous

La monnaie est un instrument de paiement spécialisé accepté de façon générale par les membres d’une communauté en règlement d’un achat, d’une prestation ou d'une dette. Il existe plusieurs monnaies dans le monde donc les plus dominantes sont l´euro, le dollar etc.... Le franc Fcfa(franc des colonies françaises d´Afrique) est une monnaie coloniale contrôlée et gérée par la France métropolitaine à travers un compte d´opération domicilié dans le trésor français où sont centralisées les devises des pays africains. Cette monnaie encore circulation dans les zones Uemoa et cemac cinquante ans après les indépendances factices, constitue un instrument de contrôle et d´étranglement pour les économies moribondes africaines pourtant riches en matières premières indispensables aux économies occidentales.

La monnaie étant un instrument d´échanges, de réserves de valeurs, d´étalon comptable permettant d´irriguer une économie de même qu´une eau irrigue les plantes d´une plantation. Rien n´est possible dans une économie moderne sans maitrise de l´instrument monétaire. Que se passe-t-il donc lorsqu´on ferme le robinet ? C´est la sécheresse, l´asphyxie puis la mort. Ceux qui l´ont compris peuvent briser tout système économique et politique dans le monde. Les crises grecques, irlandaises ou islandaises sont un exemple frappant du rôle que joue la monnaie dans une économie.

La France a fait usage de cet instrument de représailles et de contrôle à plusieurs reprises ces cinquante dernières années dans les économies africaines. Ce fut le cas dans la Centrafrique de Bokassa lorsque celui-ci s´était lié d´amitié avec le colonel Kadhafi. Les banques françaises à cette époque avaient alors décidé de rapatrier tous leurs fonds (cfa) vers la métropole en laissant les caisses centrafricaines vides. Ce qui avait mis l´économie centrafricaine à genou.
La France en avait fait usage également contre la Guinée Conakry de Sékou Touré lorsque ce dernier avait dit NON au général de Gaule. Les barbouzes françaises avaient alors inondé de marché guinéen de faux billets de banques (Cf: reportage de France2 sur la Françafrique). L´économie guinéenne s´en est jamais remit.
Un autre exemple plus récent est la dévaluation du Fcfa de 1994 qui a ralenti et plongé les économies africaines dans un chaos total. Sous le prétexte farfelu de rendre les économies africaines plus compétitives (ce qui était faux) ont avait dévalué le Fcfa sans l´avis des africains juste parce la France ne voulait plus respecter ses engagements qu´elle s´était elle même fixé.
La France peut donc décider de restreindre la masse monétaire en circulation dans une zone ou un pays pour punir les présidents africains récalcitrants et peu dociles. Créant ainsi des inflations mirobolantes comme celles qu´a connu le Zimbabwe de Robert Mugabé. Ou alors crée des méventes ou des stagflations aiguës. Le fcfa est donc un instrument de contrôle, de frein, de représailles, de rétorsion entre les mains de la France pour punir et faire fléchir les États africains trop ambitieux.
 

Resistance_contre_le_neocolonialisme_et_pour_une_monnaie_.jpgDans le cas ivoirien, la Bceao (banque centrale des États de l´Afrique de l´ouest) peut stopper l´approvisionnement en liquide des comptes du trésor ivoirien. Les banques de second rang peuvent quant à elles décider de ne plus payer les fonctionnaires ivoiriens qui possèdent leurs comptes et salaires domiciliés dans les banques françaises ou alors ne plus accorder de crédits aux opérateurs et agents économiques ivoiriens. La Bceao peut aussi décider de retirer purement et simplement le Fcfa de la circulation en Côte d´Ivoirien. C´est la décision la plus extrême. Ce qui est peu probable mais possible puisque Guiscard d´Estaing l´avait fait en Centrafrique pendant les années Bokassa. Cela aura des conséquences néfastes et désastreuses pour la Côte d´ivoire, pour la zone Uemoa qui a besoin de croissance et forcement pour les entreprises françaises qui verraient leurs chiffres d´affaires fondre. Cependant les ivoiriens dans l´urgence, peuvent recourir dans ce cas au troc ou à des monnaies de substitution.
Toutes ces mesures de rétorsion n´ont pour but que de faire plier le chef d´État rebelle ou révolutionnaire comme c´est le cas actuel avec Laurent Gbagbo devenu indésirable par la France de Nicolas Sarkozy alors Blaise Compaoré non loin de là vient d´être réélu dans des conditions contestées et contestables.
La première indépendance, la première souveraineté qui faille est donc d´abord économique et monétaire. Ceci nous ramène au problème de la création d´une monnaie africaine gérée par les africains. Car plus que jamais on le voit bien avec l´emprise, l´ingérence de la France en Côte d´ivoire qu´il est temps judicieux, impératif et urgent pour les États africains de se doter d´un instrument monétaire, national, sous-régional ou africain. Les mystificateurs de l´économie et collabos néocoloniaux font un effort d´occulter cette donnée et cette réalité aux pays africains car ils ont peur de voir le beef-steak leur échappé. L´Afrique doit se prendre en main en créant sa ou ses propres monnaie(s). C´est le seul moyen de mettre un terme à l´esclavage monétaire, la dépendance économique et à l´ingérence politique des puissances étrangères dans les affaires des nègres africains. Car celui qui confie son coffre fort en gestion à son voisin est à sa merci. La nouvelle Afrique se fera avec sa monnaie ou ne se fera pas.

Le Cam

Source :Résistance contre le néocolonialisme et pour une monnaie africaine sur Facebook

Illustration : photo montage/ Résistance contre le néocolonialisme et pour une monnaie africaine - cas de l´ingérence de la France en Côte d´ivoire.

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