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L’aumône obligatoire de rupture du jeûne de Ramadan : De son prélèvement à sa flexibilité.

Publié par Ndouné sur 27 Juillet 2014, 12:42pm

Catégories : #Opinion


Aumone.jpgPar Talha Mahamat Allim
Genève, Suisse.

Assurément, le mois béni de Ramadan est une occasion exceptionnelle d’un cheminement spirituel, social et humain qui conditionne le croyant dans la Voie de l’agrément divin. C’est aussi une expérience intense dans le sacrifice de soi, la discipline des désirs, et la proximité avec Dieu. L’observance de ce mois béni doit nous permettre de tendre, Incha Allah, vers la piété, qui constitue l’objectif ultime du jeûne. Cette tendance à la piété nous conduit également à nous acquitter avec la sincérité de l’intention de la Zakâtal - Fitr, qui est une aumône légale purificatrice liée au mois de Ramadan.

La Zakâtal - Fitr est obligatoire pour tout jeûneur afin de se purifier et compléter l'immense récompense du mois béni de Ramadan. Elle est devenue obligatoire dès la 2ème année de l’Hégire. C'est donc un devoir pour chaque jeûneur s'il dispose de son montant, en plus de sa propre charge et de la charge de ceux qu'il nourrit le jour de la fête et la nuit qui le suit de l'acquitter. La Zakâtal - Fitr est directement liée à la personne et non à ses biens. De ce fait, elle est la même pour tous sans distinction d’âge, de sexe ou de fortune.

Cette aumône légale purificatrice s’octroyait historiquement sous la forme des denrées alimentaires s’élevant à la mesure d’un "Sâ" = 4 Moudd (le contenu de 4 fois deux mains jointes). Le Sâ, est un terme arabe qui correspond à environ 2,7 kilos de produits alimentaires. Ces produits correspondaient à ceux qui étaient les plus consommés dans un pays, comme par exemple le riz, le blé, le maïs, le mil, le sorgho etc.

Il convient également de souligner que les savants musulmans sont arrivés à la conclusion que la Zakâtal - Fitr peut être accordée en numéraire, c’est-à-dire en argent. L’argent en espèces apporte plus de flexibilité à celui qui donne et à celui qui reçoit ; ce dernier pourra ainsi avoir plus de marge de manœuvre par rapport à ses besoins. La Zakat doit être remise en main propre et non pas l’envoyer par mandat-postal, virement bancaire et autres moyens de paiement électronique.

Ainsi, selon la mosquée Ahlou Sounnah d’Acacia à Genève, la valeur financière de la Zakâtal-Fitr est d’environ 5 francs suisse par personne pour l’année 2014 en Suisse. Cette somme dépasse même de quelques centimes ce qui est en principe exigé. Il convient à celui qui s’acquitte de la Zakatal-Fitr de formuler son intention quant à l’usage du supplément, c'est-à-dire de l'excédent comme une aumône normale (Sadaqâ).

Il est donc important de savoir que si la valeur de la Zakâtal-Fitr en nature ou en argent dépasse le prélèvement requis, c’est-à-dire supérieur à la mesure d’un «S»; il est recommandé de formuler l’intention quant au dépassement de la valeur comme étant une aumône surérogatoire, c’est-à-dire non obligatoire. Sachez également qu’il est toujours possible de mandater quelqu’un d’effectuer la Zakat à votre place. Dans ce cas, l’intention doit exister au moment de lui donner la procuration. Ce qui, au demeurant, n’empêche pas le mandataire de formuler l’intention à son tour au moment de donner la Zakat. Le prophète de l’Islam disait que «les actes ne valent que par les intentions...».

Notons par ailleurs qu'il existe diverses autres directives quant au paiement de la Zakatal-Fitr. Entre autres, il est admis de donner plusieurs aumônes à une seule personne tout comme on peut repartir une aumône entre plusieurs personnes. Par ailleurs, le musulman doit donner la Zakâtal - Fitr dans la société où il vit. Il n’est recommandé de transférer cette aumône dans un autre pays qu’en cas de nécessité et surtout dans un pays qui en a besoin suite à des situations difficiles (catastrophe naturelle, famine…).

De même, il est recommandé que la Zakâtal-Fitr doit être versée aux ayants droit (pauvres, ceux qui sont accablés de dettes, aux nécessiteux, et autres bénéficiaires légitimes) au plus tard avant la prière de la fête. Cependant, on peut valablement s’en acquitter durant tout le mois de Ramadan, surtout si on veut l’envoyer à l’étranger.

Il est par ailleurs un devoir pour le musulman de verser la zakat pour son épouse musulmane, ses enfants qui ne sont pas pubères et de tout proche qui est à sa charge, c'est-à-dire ceux dont la charge est un devoir pour lui, par exemple son père et sa mère s'ils sont pauvres. Quant aux enfants majeurs, leur accord préalable est nécessaire. A noter également que la femme célibataire, ou la veuve, qui dispose de moyens de subsistance, doit également s’acquitter de la Zakâtal-Fitr.

Il convient de rappeler, qu'il est interdit d’affecter la Zakât à la construction d’ouvrages tels que les mosquées, les hôpitaux, les routes etc. étant donné que ces ouvrages sont destinés à l’usage de tout le monde (pauvres et riches), alors que la Zakât est exclusivement réservée à des catégories bien déterminées par Allah Soubhanahou wa Taâla.

Au demeurant, la Zakâtal - Fitr permet ainsi aux pauvres et aux nécessiteux de passer la fête dans la joie et la paix en leur épargnant de tendre la main ce jour-là. Cet acte de solidarité et de charité assure qu’aucun membre de la communauté ne soit exclu du plaisir des festivités communautaires. La Zakat peut aussi être source de stabilité sociale pour l'individu qui la reçoit.

Il est évident que la Zakat fait partie de la tradition islamique de générosité et doit-nous rappeler de continuer à cultiver la compassion, la générosité et le respect les uns envers les autres quelle que soit notre position sociale, au-delà du mois particulier de Ramadan. Qu’Allah accorde à chacun d’entre nous Sa Guidance, Ses faveurs et Son agrément.

Fi Amanillah.

 

Talha Mahamat Allim
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