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La "révolution du jasmin" gagne progressivement le continent africain

Publié par Ndouné sur 27 Janvier 2011, 16:18pm

Catégories : #Afrique

Ce n'est plus une contagion ou un coup de vent, c'est une traînée de feu qui saisit les esprits à travers l'Afrique. La Tunisie a chassé son tyran, et l'envie de faire de même se répand... et pas seulement dans les pays arabes. Il n'est pas tout à fait certain que la "révolution du jasmin" soit bel et bien une révolution. Il est incontestable, en revanche, qu'elle a eu lieu en terre d'Afrique.

Zine El-Abidine Ben Ali appartenait à cette catégorie de chef d'Etats représentée aussi bien au nord qu'au sud du Sahara - et aussi ailleurs dans le monde -, régnant sur des systèmes pourris jusqu'à l'os, défendus par une combinaison d'autoritarisme et de bons chiffres macroéconomiques. Comme si un taux de croissance (environ 4 % en 2010) à faire pâlir d'envie l'Europe avait la possibilité de nourrir les affamés et d'étancher leur immense soif de liberté, cette denrée non négociable qui ne change pas de valeur selon les régions ou les coutumes locales. Les pays ne sont pas seulement peuplés d'estomacs, même vides. Dans la petite planète globalisée, il serait temps de s'en rendre compte, avant que la rue ne se charge de mettre les choses au clair.

"Pain, liberté, dignité", clament les slogans de Tunis, manière de rappeler que, dans un contexte où les prix s'envolent, être pauvre devient, encore un peu plus, une douleur. La douleur, on le sait, n'a pas de fond. On ignore en revanche à quel moment elle devient intolérable. En Egypte, où, depuis la fin 2010, le prix du pain augmente de 10 % par mois, et où l'écrasante majorité de la population peine à se nourrir, on a peut-être atteint ce seuil.

Egypte_manif.jpgAllongeant le pas à son tour pour aller à grandes enjambées vers les émeutes salutaires, la jeunesse égyptienne brandit des pancartes calquées sur celles de Tunis pour tenter d'obtenir, elle aussi, le départ d'un chef de l'Etat détesté : "Moubarak, dégage !" Dans d'autres pays, comme au Soudan, on rêve aussi de voir un régime corrompu, paralysé, finir par prendre l'avion pour fuir la colère de sa propre rue.

Le continent éclate de jeunesse, il n'en peut plus d'être mené par des dirigeants qui se disputent les records de longévité au pouvoir, du Burkina Faso au Tchad, en passant par le Cameroun, avant de songer à passer la main à un de leurs enfants, comme au Sénégal. Combien de temps les vieillards tiendront-ils la maison Afrique ? Se souvient-on qu'en mai 1968 l'exaspération d'étudiants du Quartier latin, à Paris, étouffant dans la France gaulliste, avait déclenché une onde de choc mondiale ?... Lire la suite sur Le Monde.fr

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