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Le peuple ivoirien va-t-il accepter d’être gouverné de Paris à travers un pantin imposé à lui par l’Armée française ?

Publié par Ndouné sur 17 Avril 2011, 23:21pm

Catégories : #Françafrique

La crise ivoirienne est généralement traitée, de façon biaisée, sous l’angle des élections présidentielles contestées mais que la « Communauté internationale » a validées en proclamant Alassane Ouattarra vainqueur, et ce, avant dépouillement des procès verbaux. Oui, entendez bien avant réception et dépouillement des procès verbaux ! En effet, l’ONU, les Etats-Unis, la France et la Grande Bretagne ont décrété que leur poulain a été élu proprement, incontestablement et définitivement, préalablement à toute proclamation des résultats par les instances nationales compétentes. Qui peut oser s’opposer à ce verdict ? L’Union africaine, l’Union européenne ont gentiment suivi le mot d’ordre. Quelques Etats – Angola, Afrique du Sud, Chine, Russie – ont juste donné un mouvement de sourcils avant de rentrer dans les rangs. Tout fut planifié d’avance, notamment l’intronisation d’Ouattara comme Président de la République. Laurent Gbagbo qui a cru devoir se « rebeller » contre cet oukase rendu par les grandes puissances a payé cher son erreur d’appréciation de la situation.


Mais quid de l’indépendance, de la souveraineté et du principe de non ingérence dans les affaires intérieures des Etats ? Sans même parler de la dignité et de l’honneur du peuple ivoirien en particulier et des peuples africains en général.


Considérée sous ce rapport, réduire la descente aux enfers de la Côte d’Ivoire à un duel opposant Gbagbo, le « vilain dictateur » refusant de se soumettre au verdict des urnes et le « démocrate poli » Ouattarra, relèverait de l’escroquerie intellectuelle et du dol politique. C’est si vrai que les maîtres du monde nous ont donné tant et tant d’exemples de leur brutalité dans la réaction lorsque leurs intérêts économiques, financiers et leurs impératifs géostratégiques sont contrariés. Mais, Grand Dieu, au nom de quels principes, de quel droit, de quelles valeurs éthiques et morales, les agresseurs de la Côte d’Ivoire l’ont bombardé et détruit, pillé, mitraillé, tué et humilié les Ivoiriens ? Leur réponse : Nous exécutons un mandat de l’ONU qui a décidé d’installer l’élu des urnes Alassane Ouattara dans ses fonctions de Président de la République de Côte d’Ivoire et ce, quel qu’en soit le coût. L’ONU ! L’on sait que, de son vivant, le Général De Gaulle l’a qualifiée de « machin » ; depuis lors, cette organisation a fait une nouvelle mue : Elle est devenue l’instrument idéal à travers lequel les grands pays occidentaux exécutent leurs plans de domination et d’exploitation. Rappelons-nous de quelle manière brutale Boutros Boutros Gali qui a montré des signes d’indépendance d’esprit et d’action a été privé d’un deuxième mandat de Secrétaire Général de l’ONU et, remplacé par Ban Ki Moon de nationalité sud-coréenne, ancien haut fonctionnaire de son pays, très proche de l’establishment américain. Or, la Corée du Sud est un protectorat américain, donc Ban Ki Moon n’a pas été choisi au hasard, et à l’œuvre, il s’est montré un parfait auxiliaire de l’Administration américaine. Cerise sur le gâteau, en Côte d’Ivoire, l’ONUCI est chapeautée par un certain Tchoï, compatriote de Ban Ki Moon.

 

3126169958-french-soldiers-in-armored-personnel-carriers-wa.jpgDans l’affaire de la Côte d’Ivoire, pièce maîtresse du pré carré français, le chef de la françafrique, Nicolas Sarkozy, farouchement va-t-en-guerre, a joué les premiers rôles. Pour montrer qu’il sait mettre fin à toute velléité d’indépendance dans l’espace privilégié d’intérêts français ; pour frapper les esprits en donnant l’exemple d’une punition de feu et de fer qui a détruit et brûlé la Côte d’Ivoire, et fait de « l’insolent » Laurent Gbagbo un zombie, un non-être moribond au regard tourmenté ; sa femme Simone malmenée et frappée, ses cheveux arrachés, ses habits déchirés ; tous deux arrêtés par l’Armée française avant d’être remis à une bande de soudards ivres et assoiffés de sang appelés « forces républicaines » par les médias françafricains. Il s’agit, bien entendu, des hommes de Quattara. Quel gâchis ! Quelle honte ! Quelle terrible leçon d’histoire ! Mais enfin, Nicolas Sarkozy, admirateur inconditionnel de G.W.Bush a pu se payer son Irak. Le Président français et ses amis du monde des affaires espèrent régner en Côte d’Ivoire aussi confortablement qu’au Gabon, un pays géré par les sociétés françaises comme au temps des comptoirs coloniaux.

 


Choquant et grossier est le fait que ces expéditions punitives à but hégémonique conduites en Côte d’Ivoire et ailleurs dans le monde sont habillées de l’idéologie de la démocratie, des droits de l’homme et autres slogans théoriquement généreux, notamment le concept, plus récent, de la protection des populations civiles. Autant il est juste que les tyrans, les corrompus, les pillards et autres de même engeance doivent être combattus et chassés du pouvoir par leurs peuples, autant il est condamnable et inacceptable que de puissances étrangères, en s’abritant derrière de principes qu’elles ont beaucoup de mal à appliquer réellement dans leurs propres pays respectifs, agressent militairement, parce qu’ils sont faibles, d’autres pays, imposer aux peuples de ces pays de valets choisis par ces mêmes puissances hégémoniques. L’on a vu ce que ces agressions ont fait de l’Irak et de l’Afghanistan. La Côte d’Ivoire a, certes, moins souffert que l’Irak ou l’Afghanistan mais l’agression dont elle a été victime est de même nature ; et l’Ivoirien Alassane Ouattara est une copie chocolatée de l’Irakien Nouri el Maliki ou de l’Afghan Hamid Karzaï.


Malheureusement, cette réalité tragique est occultée. Les médias, autre arme redoutable des puissants du monde, produisent, disent, répètent, développent et commentent des «informations » (la plupart du temps de la pure désinformation) propres à nous dérouter. Les tueurs sont appelés sauveurs ou secouristes, les victimes sont nommés terroristes ou bandits ; Incontestablement, RFI et France 24 battent tous les records en matière de désinformation et d’intoxication. A l’époque des deux blocs antagonistes, capitalisme d’un côté et communisme de l’autre, leurs deux idéologies se concurrençaient et se combattaient. En matière d’information comme en bien d’autres domaines les peuples du Tiers Monde y gagnaient quelque chose. Aujourd’hui, à l’heure de la pensée unique et de l’information à sens unique, nous sommes pratiquement contraints de boire quotidiennement jusqu’à l’overdose le venin à forte contenance toxique distillé en tout temps et en tout lieu par les médias au service de nos oppresseurs. D’ailleurs, nombreux sont les intellectuels africains qui ont succombé à leur charme, jouant à merveille le rôle abject de propagandiste indigne et de porte-voix zélé. Toutes sortes d’institutions avec des appellations trompeuses ayant en commun la dénomination générique d’ONG sont créées à cet effet, et d’autres ayant de missions différentes apportent leur contribution à la précieuse entreprise de désinformation et d’intoxication. Ces officines noyautées par les agents des services spéciaux des grands pays occidentaux reçoivent d’importantes subventions financières et matérielles en payement de prestations rendues.


Qu’en est-il de la classe politique africaine dirigeante face à cette douloureuse et poignante situation, à la lumière du drame ivoirien ? Apeurée et perturbée, comme à son habitude, elle s’est soigneusement rangée du côté de la « Communauté internationale », vu qu’elle ne pouvait peser d’aucun poids au sein de cette foire d’empoigne où le volume du PNB, le nombre des têtes de missiles nucléaires et autres armes de destruction massive que les uns et les autres peuvent brandir pèsent plus que tout autre argument.


La tragédie ivoirienne a fini dans la douleur, l’humiliation et la honte. Est-ce vraiment la fin ? Le peuple ivoirien va-t-il accepter d’être gouverné de Paris à travers un pantin imposé à lui par l’Armée française usant de la force brutale ? Feu David Dacko le Centrafricain avant hier, Ali Bongo le Gabonais hier (à travers des élections dont le caractère frauduleux a été reconnu publiquement par la DGSE elle-même, maître d’œuvre), Alassane Ouattara l’Ivoirien aujourd’hui. A qui le prochain tour ?... Lire la site sur ZoomTchad

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Voir aussi :

Côte d'Ivoire : JACQUES VERGÈS dénonce un coup d'état piloté par la France

Regardez la vidéo:

 

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Photo: AP

 

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