Le site Ndouné

Le site Ndouné

Toute l’actualité en temps réel | Analyses et infos sur l'actualité : Tchad - Afrique - International


Les leçons de l'Egypte : les despotes tremblent, partout

Publié par Ndouné sur 13 Février 2011, 03:55am

Catégories : #Enquête

Comment ne pas être transporté par les images en provenance du Caire ? Comment ne pas partager la joie de ces millions d'Egyptiens de toutes catégories sociales et de toutes croyances qui ont abattu en dix-huit jours, à mains nues, un dictateur qui semblait inamovible, si sûr de lui qu'il se préparait même à une succession dynastique ?

Comment, aussi, ne pas être impressionné par cette deuxième révolution pacifique en l'espace d'un mois, renversant des présidents au pouvoir depuis trois décennies, autoritaires et corrompus, protégés et cajolés par les puissances occidentales pour leur rôle de rempart contre l'islamisme radical ?

La Tunisie avait pris tout le monde par surprise, mais les experts avaient mis en garde contre la théorie des dominos en soulignant que ce pays ne pesait pas lourd géopolitiquement, que l'Egypte c'était autre chose… Rien n'y a fait, les mêmes causes ont produit les mêmes effets, et le plus grand pays arabe, celui qui a toujours donné le « la », a basculé plus vite encore que la petite Tunisie.

Ces révolutions ne ressemblent à aucune autre. Pas de leader charismatique, pas d'organisation secrète, pas d'armée clandestine…

Mais plutôt des groupes sur Facebook, des tweets, des vidéos sur YouTube, et beaucoup d'idéalisme d'une jeunesse qui aspire à vivre autrement. Les réseaux sociaux n'ont pas « fait » la révolution, ils ont permis à une génération de s'inventer un espace de liberté virtuelle qu'elle n'a eu de cesse de vouloir faire passer dans le monde réel. Et de faire la liaison avec les exclus du système, comme Mohamed Bouazizi, le jeune vendeur de légumes qui s'est immolé le 17 décembre à Sidi Bouzid, déclenchant involontairement un mouvement d'ampleur historique.

Deux questions après l'exploit des Egyptiens. Que se passe-t-il une fois le tyran parti ? Et que se passera-t-il dans les autres pays arabes dont aucun, absolument aucun, ne peut être à l'abri de l'onde de choc des événements de Tunis et surtout du Caire ?

Egypte et Tunisie : difficile transition

 

En Tunisie comme en Egypte, la difficile transition est lancée. Dans un cas comme dans l'autre, les manifestants ne veulent pas voir survivre des pans entiers du régime du dictateur sans le dictateur. Et ils ne veulent pas voir « leur » révolution confisquée par ceux qui ont les moyens de la leur voler : l'armée ou les islamistes, les seuls à être structurés et relativement cohérents en l'absence de grande force d'opposition démocratique.

Mais la première, vraie question brûlante est : à qui le tour ? C'est celle que se posent les peuples arabes, c'est celle que se posent les autocrates qui les gouvernent.

Le calendrier des protestations s'échafaude au rythme des groupes Facebook : l'Algérie dès samedi, Bahrein le 14, le Maroc le 20 février… Et au-delà du monde arabe, l'Iran, le Pakistan bougent au rythme de l'Egypte.

Chaque manifestation ne provoquera pas une révolution : Bahrein n'est pas l'Egypte, le Maroc n'est pas la Syrie ou la Libye. Mais aucun pays n'échappe au cocktail qui a provoqué les révolutions de Tunisie et d'Egypte : une soif de liberté d'une jeunesse ouverte sur le monde, un rejet du népotisme, de la corruption, de la censure, de l'abêtissement érigés en système.

Et des pouvoirs tétanisés, qui se croyaient à l'abri en raison... Lire la suite sur Rue89.

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents