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Mali • Kidal de nouveau dans la guerre totale

Publié par Ndouné sur 19 Mai 2014, 20:08pm

Catégories : #Afrique

Mali---combat-a-Gao---photo-AFP-via-ici.radio-canada.ca.jpgWeekend sanglant à Kidal dans le nord Mali : Au moment où le premier ministre malien Moussa Mara est en pleine tournée à Kidal, les rebelles du MNLA renforcés par d’autres groupuscules djihadistes ont brutalement  de nouveau fait  parler la poudre en sautant sur le palais du gouverneur, tuant des préfets et sous préfets, et kidnappant une trentaine de fonctionnaires. Tout cela sous le regard apparemment indolent de la Minusma et des militaires français. C’est reparti ! 

Depuis quelques temps, des grincements de dents et autres manifestations pro-indépendantistes agitaient en sourdine la région de Kidal, au nord du Mali,  où les hommes – toujours - armés du MNLA ont  en permanence le doigt toujours maintenu sur la gâchette malgré la présence, non loin de leur caserne, des militaires de la Mission Onusienne pour le Mali (MINUSMA) et des français de l’opération Serval.

Le feu a, en tout cas, été mis aux poudres le samedi 17 mai.

A en croire la version d’un des   porte-parole des séparatistes du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), un clash s’est produit samedi matin quand l'armée malienne a ouvert le feu sur le casernement du mouvement touareg au prétexte que ces derniers se seraient illustrés par des manifestations pro-indépendance en ville.

Selon cette version, les rebelles seraient donc passés à la contre offensive pour  carrément monter par la suite à l’assaut du palais du Gouverneur à l’arme lourde.

Les forces gouvernementales, conduites par le général Gamou, bien que renforcées par des « bérets rouges » rapidement arrivés à la rescousse de la ville d’Anefis, auraient répliqué avec énergie, mais ont fini par succomber sous le nombre et la puissance de feu des touaregs..

Le bilan, selon le ministre malien de la Défense Soumeylou Boubèye Maïga,  serait de 36 tués, parmi lesquels : huit militaires, et une trentaine d'otages.  De son côté,  le MNLA, a parlé d'une dizaine de soldats maliens morts et de 30 prisonniers, dont deux blessés remis au CICR (Comité international de la Croix-Rouge).

En plus des 36 personnes tuées au cours  des affrontements, on parle, selon des sources fiables,  de 25 blessés du côté des soldats maliens et 62 du côté des agresseurs.

Il faut dire que le MNLA a affirmé compter parmi ce qu’il a qualifié de « prisonniers de guerre » le directeur régional de Kidal, un préfet, le conseiller du gouverneur et 24 soldats dont des officiers, des hommes du rang, et des cadres d'administration.

Une source officielle malienne et une source internationale ont affirmé en chœur à l'AFP,  sous strict anonymat,  que les six officiels tués étaient les préfets de Kidal et de Tin-Essako (est de Kidal), ainsi que quatre sous-préfets de la région de Kidal.

Ces mêmes sources précisent que parmi les quatre sous-préfets abattus, figurerait celui de la localité de Tinzawaten (également orthographiée Tinzaouatène), située dans le désert, à la frontière avec l'Algérie.

 Le représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU, et chef de la Minusma, Albert Koenders, a, dans un communiqué remis à la presse, « condamné de la manière la plus ferme l'assassinat des civils et des officiels malien du gouvernorat de Kidal »,  à travers un communiqué transmis à la presse. 

« Ce crime barbare est totalement inacceptable et les responsables devront répondre de leurs actes, a déclaré Mr  Koenders. Une enquête doit être menée rapidement afin de vérifier les faits et de traduire les responsables devant la justice. »  Et d’ajouter que la Minusma soutiendra tous les efforts dans ce sens. Avant de conclure par des condoléances adressées au gouvernement malien ainsi qu'aux familles des victimes.

Pour sa part Moussa Mara, le Premier ministre malien n’y est pas allé par quatre chemins pour déclarer haut et fort que «  les terroristes ont déclaré la guerre au Mali, le Mali est donc en guerre contre ces terroristes ». 

Et d’ajouter : « les jihadistes se sont infiltrés à Kidal pour semer la terreur, et concourir  au chaos aux côtés des autres groupes terroristes de la ville. Il n'y a pas de petites mesures, nous allons les combattre avec les moyens nécessaires. »

La situation vient donc de virer de nouveau au vinaigre du côté du Mali où les observateurs les plus froids se sont toujours demandé comment et pourquoi des hommes armés du MLNA continuent, depuis plus d’un an,  de se pavaner dans la région avec de armes et refuser ainsi de se plier aux lois les plus élémentaires de la république.

De plus, il est tout autant incompréhensible que l’affrontement entre les djihadistes et les forces loyalistes se soit déroulé pendant plusieurs heures sans que les troupes onusiennes, et encore moins celles  françaises de l’opération Serval ne lèvent le petit doigt. Comme s’ils avaient voulu laissé faire !

Compte-tenu de la gravité de la situation,  le commandant de l’opération « Serval » et le représentant des Nations Unies seraient à pied d’œuvre pour un cessez-le feu rapide. Mais telles que les choses sont parties, nul doute que la poudre va encore parler du côté du Nord Mali pendant quelques temps encore. Et bonjour l’instabilité.

Par D.D | Ndjamena-matin

 

 

 

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