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Mali : Tentative de coup d'Etat militaire à Bamako

Publié par Ndouné sur 22 Mars 2012, 03:24am

 

Mali mutins militaires investissent le siège de la radio-tDes militaires maliens se disent excédés par le manque de moyens dont ils souffrent pour contrer la rébellion.

Des dizaines de militaires maliens se disant excédés par le manque de moyens pour combattre la rébellion touareg et les groupes armés dans le nord de leur pays, ont manifesté ce mercredi à Bamako où des échanges de tirs avaient lieu dans la soirée près de la présidence.

Les soldats mutins ont également pris la radio-télévision nationale qu'ils occupaient toujours mercredi soir.

«Nous contrôlons le palais présidentiel, des gens (des mutins) tirent vers le palais et nous ripostons», a déclaré  un membre de la garde présidentielle interrogé par téléphone.

«Nous sommes en train de tout faire pour que nos revendications aboutissent», a pour sa part affirmé un soldat mutin, également interrogé au téléphone. Le journaliste de l'AFP a entendu les coups de feu pendant la conversation.

La garde est composée de soldats parachutistes, les «Bérets rouges», une unité d'élite fidèle au chef de l'Etat Amadou Toumani Touré, lui-même un ancien militaire. Avant cet échange de tirs, un conseiller à la présidence avait affirmé que M.Touré se trouvait toujours dans le palais présidentiel.

«Nous en avons marre de la situation dans le nord» du pays, en proie à une rébellion touareg et aux activités de groupes islamistes radicaux, a affirmé un des mutins qui sont descendus par dizaines dans les rues, tirant en l'air et semant la panique parmi la population.

Les soldats, qui ont investi l'Office de la radio-télévision du Mali (ORTM, public), sont des jeunes : ils ont tiré en l'air dans le siège de l'ORTM et ont fait sortir le personnel. Télévision et radio n'émettent plus depuis cette occupation.

Les «Bérets rouges» ont pris position autour d'autres plusieurs bâtiments officiels, dont l'Assemblée nationale et le Trésor public.

La mutinerie avait débuté dans la matinée dans un camp militaire de Kati, ville-garnison près de Bamako, où des soldats avaient manifesté en tirant en l'air afin de réclamer un armement adapté pour combattre dans le nord.

Nous voulons des munitions

«Nous voulons des munitions pour aller combattre les rebelles touareg, trop c'est trop», a déclaré un caporal du camp. Il a affirmé que les soldats ne voulaient pas «le départ du président», mais «il faut qu'il règle les choses».

La France, ex-puissance coloniale, a appelé «au respect de l'ordre constitutionnel» et condamné «tout recours à la violence».

Le département d'Etat américain a pressé le Mali à régler les tensions qui divisent le pays «à travers le dialogue et non la violence».

Début février, des femmes et proches de soldats avaient manifesté dans plusieurs villes, dont Bamako, pour dénoncer le silence sur la situation de ces soldats et la «mollesse du pouvoir» face aux rebelles touareg.

Certaines de ces manifestations avaient tourné à la violence et des propriétés appartenant à des Touareg saccagées. Les manifestants s'en étaient également pris aux biens d'autres communautés à la peau claire.

Le président Touré avait réussi à calmer l'ardeur des femmes de soldats en prenant en compte leurs demandes, en particulier qu'elles puissent avoir des nouvelles de leurs maris au front.

Le Mali est confronté depuis mi-janvier à des attaques du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) et d'autres rebelles touareg, dont des hommes lourdement armés qui avaient combattu pour le régime de Mouammar Kadhafi, qui ont pris plusieurs villes du nord du pays.

Un mouvement islamiste armé touareg, Ançar Dine (Défenseur de l'islam) qui veut imposer la charia au Mali par la lutte armée, a affirmé contrôler trois villes dans le nord-est du pays, près de la frontière algérienne : Tinzawaten, Tessalit, Aguelhok.

Le gouvernement malien a en outre accusé Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui a des bases dans le nord du Mali d'où elle opère dans plusieurs pays du Sahel, de combattre avec le MNLA. Aqmi a été en particulier accusée d'avoir exécuté sommairement près d'une centaine de soldats maliens à Agulhok.

Le premier tour de l'élection présidentielle, à laquelle le président Touré qui a épuisé ses deux mandats de cinq ans ne se représente pas, est en théorie prévu le 29 avril au Mali, couplé à un referendum constitutionnel.

Mais des observateurs s'interrogent sur la tenue d'un tel scrutin alors que la moitié du pays est en proie à un conflit armé.

Source : AFP avec Libération.fr

 

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