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N’Djaména-Faya : Un itinéraire périlleux

Publié par Ndouné sur 21 Avril 2011, 15:55pm

Catégories : #Société

Faya_dune_photo_i-trekking.net.jpgLe Borkou-Tibesti occupe près de la moitié de la superficie du Tchad mais les infrastructures carrossables y sont quasi-inexistantes à cause du désert et des montagnes. Une des entraves au développement de la région. Le trajet N’Djaména-Faya en est l’illustration.


"Voyager sur Faya, c’est apprendre à mourir", lance comme une boutade, un enseignant nouvellement affecté dans la région. En effet, le trajet N’Djaména-Faya, distant d’environ 1050 kilomètres, s’avère être un parcours du combattant. Avec les petits véhicules 4X4 hart-up, il faut compter deux à trois jours pour atteindre Faya. Les conducteurs les plus téméraires comme les militaires mettent quelquefois vingt-quatre heures en roulant à tombeau ouvert de peur de s’ensabler.

La hantise d’un égarement

Voyager sur les gros porteurs ressemble à une véritable expédition. Les voyageurs peuvent mettre cinq jours à une semaine en route, si les conditions sont favorables. Par malheur, si une panne survient, on peut facilement mettre un mois dans le désert. Raison pour laquelle il est fortement conseillé aux voyageurs de se munir d’un bidon d’eau d’une grande capacité et de se constituer une bonne provision.

Le chauffeur non habitué loue nécessairement les services d’un guide, car les risques de s’égarer en plein désert sont très élevés. Dans ce cas, c’est la mort assurée par insolation, faim et déshydratation. La bête noire des chauffeurs est le Tangléade, cette vaste étendue de dunes mouvantes, pénibles à carrosser entre Kouba Olanga et Faya sur 50 kilomètres. Quand on s’y égare, ou y tombe en panne, on risque d’y laisser sa vie ou de n’être repêché que quelques semaines plus tard. Les cas dramatiques des voyageurs qui y ont perdu leur vie sont légion.

Des repères menacés de disparition

Par le passé, les Français avaient disposé des balisages en fûts pour permettre aux routiers de se repérer plus facilement. Malheureusement, les tempêtes de sable et les dunes ensevelissent rapidement ces fûts, nécessitant de les renforcer chaque fois. Avec la création de la délégation des infrastructures en 2004, des efforts sont en train d’être faits pour prendre le relais mais on est encore loin des attentes des voyageurs.

"Nous avons renforcé ces futs par des pylônes métalliques de 20 mètres de hauteur. En 2010, nous en avons planté 19 dont 10 sur l’axe Kouba Olanga-Faya et 9 sur l’axe Kalaït-Faya", précise M. Djessiri Ouang Ting, délégué régional des infrastructures du Borkou-Tibesti. Mais au regard de la distance, le nombre de ces pylônes est insuffisant. L’intervalle entre les pylônes ne respecte pas la norme qui est de 7 kilomètres. Or, actuellement, la distance minimale entre deux pylônes est de 10 kilomètres, tandis que le maxi est de 35 kilomètres. La délégation des infrastructures ambitionne d’équiper ces pylônes de panneaux solaires, de sorte que même de nuit, on puisse les identifier facilement. En outre, il est prévu la construction d’un puits tous les 50 kilomètres, pour permettre aux passagers de se désaltérer. Actuellement, seul le célèbre " puits 110", situé à 110 kilomètres de Faya, continue à rendre de bons et loyaux services aux voyageurs. Mais en attendant la réalisation de ces projets, que les voyageurs à destination de Faya n’oublient pas leurs bidons d’eau et leurs provisions de nourritures, car leur vie en dépend !

Frédéric Ndjénodji Mbaïdedji

Source: CEFOD

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Photo: i-trekkings.net

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