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Quand le syndrome du voisin pyromane déstabilise l’Afrique !

Publié par Ndouné sur 10 Avril 2013, 06:34am

Catégories : #Françafrique

Et si l’enjeu géostratégique numéro un du renversement de François Bozizé par la coalition internationale qui l’avait pourtant installé il y a une décennie était le «containment» de l’influence sud-africaine dans le pré carré historique de la France ? Il faut bien s’interroger sur les faits objectifs qui ont transformé la lune de miel entre les parrains tchadien et français de l’ancien numéro un centrafricain en une violente confrontation armée marionnettes interposées. Dès lors que l’on sort des vagues considérations sur le caractère «entêté» de Bozizé, et dans la mesure où il est évident que ce n’est pas «le déficit démocratique» de son régime qui a «retourné» des alliés régionaux qui ne valent pas mieux que lui, il semble évident que ce sont des intérêts objectifs divergents qui ont présidé au «divorce». Des intérêts géostratégiques, forcément.

Deby-Compaore---pompier-pyromane.jpgL’Histoire retiendra sans doute que qui a « tué » Bozizé, au-delà du bien et du mal, c’est sa volonté relative de s’émanciper de ceux qui l’ont fait roi. En sollicitant le « bouclier » sud-africain, il s’affranchissait d’Idriss Déby, de Denis Sassou N’Guesso et de toute la logique du « doyennat » qui a cours au sein de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC). En se mettant sous la protection militaire du pays de Jacob Zuma, il lui « offrait » indirectement une part importante de ses ressources minières qui, même si elles sont aujourd’hui faiblement exploitées, n’en sont pas pour autant stratégiques sur le moyen et le long terme. Avant qu’il ne soit trop tard, les « parrains » ont donc rétabli l’ordre ancien. Et il est frappant de constater que la première conséquence de l’alternance brutale à Bangui est le départ plus ou moins forcé de l’armée sud-africaine, dont 13 éléments ont été tués par une Séléka guère impressionnée par le prestige de la « nation arc-en-ciel ». Il faut rappeler qu’à Bissau, l’année dernière, un coup d’Etat mettait fin à la présence militaire angolaise, selon un modus operandisimilaire. Et redonné le « pouvoir » aux forces de la CEDEAO, redevenues maîtresses du terrain. A l’image des forces de la CEMAC, complices passives du coup d’Etat de Bangui et supplétives objectives de l’armée française.

Selon une certaine vision des choses, les incapacités de l’Union africaine doivent naturellement pousser la « communauté internationale » à « appuyer » les organisations sous-régionales : la SADC (Afrique australe), dominée par la puissance sud-africaine, et dont l’influence s’est élargie jusqu’en République démocratique du Congo au fil des crises de la dernière décennie du vingtième siècle ; la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) portée par le Kenya ; la CEEAC (Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale) et la CEMAC (Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale) ; la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ; et l’impotente Union du Maghreb Arabe (UMA). Si la SADC et la CAE échappent relativement à des contrôles de type néocoloniaux, les organisations d’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale sont « travaillées » par Paris, qui veut également profiter des dissensions des frères ennemis d’Afrique du Nord pour imposer l’influence de l’Union pour la Méditerranée (UPM).

Des seigneurs de guerre surmédiatisés à la nationalité indécidable

Au-delà des considérations de type idéologique sur la possibilité pratique d’un panafricanisme ambitieux allant du Caire au Cap, la théorie non écrite du partage des zones d’influence pose un problème fondamental. En Afrique centrale comme en Afrique de l’Ouest, certains chefs d’Etat voisins censés être des arbitres bienveillants sont en réalité des pompiers pyromanes bénéficiant de la protection de l’ancienne puissance coloniale. Ce sont d’authentiques délinquants politiques si l’on s’en tient à la Charte des Nations unies et à l’Acte constitutif de l’Union africaine. Ils profitent de leur « ancienneté », du contrôle qu’ils exercent sur des bandes armées disparates et de leur alliance objective avec des réseaux néocoloniaux ou bêtement prédateurs pour s’imposer à la destinée de pays qui ne sont pas les leurs, et qui sont pillés , au passage, en bonne et due forme. Ces « pompiers pyromanes » instrumentalisent, en général, des seigneurs de guerre surmédiatisés à la nationalité indécidable : Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda (Rwanda/RDC), Amadé Ouérémi (Burkina Faso/Côte d’Ivoire) et désormais Nourredine Adam (Tchad/Centrafrique). Des « seigneurs de guerre » qui sont en réalité des « variables de négociation » et peuvent être « sacrifiés » quand la pression est trop forte sur les marionnettistes.

Dans ce contexte de conflit d’intérêts manifeste, il est important de se demander si le cadre sous-régional est un cadre pertinent de délibérations en vue une stabilisation profonde de pays en conflit et une transition démocratique solide... Lire la suite sur Nouveaucourrier.net

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passionné de news 11/04/2013 12:08

l'analyse est intéressante bien que le crois que les motivation de tout cela soit beaucoup plus prosaique : la gamelle bien tentante

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