Le site Ndouné

Le site Ndouné

Toute l’actualité en temps réel | Analyses et infos sur l'actualité : Tchad - Afrique - International


Tchad/Scandales et corruption : la période la plus sombre de l'histoire du pays

Publié par Ndouné sur 21 Juillet 2012, 04:37am

Catégories : #Opinion

corruption-lemessager.jpgLes pléthoriques scandales et corruptions continuent d'enfoncer notre pays le Tchad, pays de Toumaï et des lacs d'Ounianga, dans un trou trop profond ou dans une période trop sombre. Nous avons l'impression qu'aucun de nos politiciens n'a le courage de renverser la situation et qu'aucun mouvement social ne se pointe à l'horizon. Des scandales financiers, juridiques ou autres éclatent alors que la population essaie de vivre avec un minimum de ressources financières. Et cela même avec les ressources pétrolières il y'a des gens qui mangent qu'une seule fois par jour. C'est affreux. Pendant que le taux de chômage est à 50%, de généreux bonis viennent gratifier nos fonctionnaires pour leur incompétence. Le Tchad se dirige vers une faillite, malgré dix ans d'exploitation de son OR Noir, et le gouvernement fait l'autruche. A titre d'exemple, le PM Nadingar, au lieu de s'occuper de la grande corruption qui se passe sous son barbe à Ndjamena, il part en dehors de la capitale pour faire de control au nom de la Fameuse opération "COBRA" et arrêter certains petits voleurs de la république ou renvoyer d'autres pour avoir détourné quelques dizaines des millions. Alors qu'en Ndjamena, les gens construisent des villas qui coûtent entre 300 et 500 millions de FCFA. Avec un salaire de 500 000 FCFA -, est-ce qu'on peut construire une villa à 300 millions en une période de 12 mois ? C'est mathématiquement impensable.

Autrefois, de l'indépendance jusqu'à l'exploitation du pétrole en 2003, même s'il y'a eu toujours la guerre entre les régimes et les politico-militaires et de petites corruptions et scandales ici et là, le Tchad était quand même dirigé par des capitaines qui avaient le courage de leurs opinions, alors qu'en ce moment le bateau (Tchad) vogue à la dérive risquant de s'échouer. Où sont les projets rassembleurs? Des milliards investis sont partis en fumée. On ne sait pas qui acquitter et qui le garder en prison. Le pays de Toumaï et des lacs d'Ounianga qui autrefois (début de l'indépendance) faisait rêver (surtout en Afrique centrale) est devenu un repaire d'escrocs, de menteurs, de cupides, de "charognards", d'indignes, de bandits, d'hypocrites, d'arnaqueurs, de charlatans, de féticheurs et de profiteurs de tout acabit avec des esprits mercantiles. NB : Ces mauvais adjectifs qualificatifs ne concernent pas tout le monde!

On savait pas que le Tchad est très malade depuis une décennie avec la boum de Petro-FCFA, mais ces temps-ci, on découvre une nouvelle métastase chaque semaine, pour ne pas dire chaque jour. Quand ce ne sont pas de fonctionnaires des différents ministères qui se paient de voyages un peu partout dans le monde aux frais de la république, ce sont des entrepreneurs mafieux qui distribuent des enveloppes sous la table pour obtenir des contrats, quand il n’y a pas de scandale dans le domaine de l’éducation, c’est la justice de façade (Ngali Ngoté arrêté puis libéré, Alnadif arrêté puis libéré) qui nous met verts de colère, quand ce ne sont pas de grands responsables à la Direction générale des grands travaux et projets présidentiels qui détournent (affaire Zen-Bada et Mht Saleh Alnadif), ce sont des hommes qui cherchent la tète de la Mairie de N’Djamena qui essaient de corrompre les dirigeants (Il parait que le président de l'Assemblé Haroun Kabadi a eu plusieurs millions de FCFA pour nommer Oumar Abdallah Lebine Maire de Ndjamena et une semaine plus tard on finit par remplacer par un autre en l'occurrence Djimet Ibet). Les rumeurs à N’Djamena disent que même Mr. Ibet a corrompu ses camarades pour être nommé. Qu'en dit-on de l'affaire Ahamadaye Alhassan, l'ex ministre de la moralisation et de l'assainissement public qui est accusé d’avoir détourné lui aussi? Il parait qu'il a construit un villa qui coute autour de 200 millions de FCFA à Ndjamena. "L'arroseur arrosé". Bref, Le Tchad est devenu un citron que tout le monde veut presser jusqu'à la dernière goutte, une vache qu'on tète jusqu'a' ce que ces pis pissent du sang.

C'est ce qui arrive quand on donne autant de pouvoir à l'État, quand on concentre autant d'argent dans un même lieu (Direction générale des grands travaux et projets présidentiels, soit-il). Tout le monde veut son pactole, son pécule, sa pointe de tarte. Ne venez pas nous dire que Zen Bada seul a détourné un milliard et demi en 6 mois. Il y'a des centaines qui ont eu leur part de gâteau. Pour cela, je pari ma tête. L'état tchadien va pomper des milliards chaque année dans la Direction générale des grands travaux et projets présidentiels. Des milliards ! Et après, on se demande pourquoi ca grouille autant autour du gouvernement. L'équation est simple: Laisser de la bouffe sur votre comptoir, vous allez voir, après quelques jours, toutes sortes de bestioles peu ragoutantes (des fourmis, des larves, des vers, des souris, des chats et chiens) vont se promener dans votre cuisine. Des syndicalistes, des faux hommes d'affaires, des politiciens huileux, des entrepreneurs gluants, les voleurs du bien public, bref toutes ces "bibittes" vont sortir de leurs trous pour aller gruter votre GATEAU.

Vu tous ces scenarios citées ci-dessus, on dirait que tout le Tchad s’y met pour donner raison aux sondages de certains « vérificateurs libres » qui classent notre pays parmi les pays les plus corrompus du monde. Le Tchad est tellement miné par la multitude de scandales qu’on ne sait plus où il s’en va. Et ce ne sera pas grâce à la fameuse opération « COBRA » (très chère au controversé ministre Fadoul Abdoulaye Sabre) qu’on saura quelle route emprunter pour sortir du champ de mine.

Plus que jamais, les affaires de la corruption accaparent la scène médiatique. Après la célèbre saga gouvernement-marie ou gouvernement-éducation en 2010 quand j'étais en visite au Tchad qui a donné comme arrestation de poids lourds tels que Zen-Bada (Maire de Ndjamena) et Kabadi (ex-premier ministre), c'est au tour de Zen-bada encore et encore, de Mht Saleh Annadif, d'Ahmaday Al hassan, Ngali Ngoté (pour braconnage par exception), et renvoie de 700 douaniers louches (et repris 2 semaines plus tard) de faire la une des quotidiens. Bien que des questions d'éthique soient au cœur de l'actualité, les comportements douteux, les malversations, les pots-de-vin, et autres comportements illicites ne datent pas d'hier. En 1972 ou 1973, Antoine Bangui et plusieurs autres dignitaires du régime de Tombalbaye sont mis aux arrêts pour corruption, en 1987-1988, Hassan Fadoul Kitir est parti avec un magot de 500 millions de FCFA (armes prises de la Libye et vendue à l'Irak), en 1999, les faux billets de Bahreïn ont fait la manchette dont un compatriote croupit toujours en prison en Allemagne....Pourquoi tant de corruption? Pourquoi les fonctionnaires fricotent-ils avec les gens d'affaires? On nous dit qu'il faudrait plus de gens honnêtes en politique et dans le secteur public. On nous dit également qu'on devrait voter des lois plus strictes, augmenter les mécanismes de contrôle, revoir la loi sur le financement des activités politique, etc. Peut-être que avec de telles mesures il y’a une possibilité de contrecarrer la corruption mais est-ce que c’est la solution efficace?

A mon humble avis, pour combattre efficacement la corruption, il faut d’abord identifier ce qui l’engendre. Le problème, politiciens et fonctionnaires n’ont jamais eu autant de pouvoir qu’actuellement (et presque partout au Monde). Ils ont la liberté de voter des lois, de protéger des marchés, d’accorder des privilèges et, bien entendu, de dépenser des fonds publics. Ils peuvent permettre ou interdire. Ils peuvent exproprier, taxer, subventionner et réglementer. Argent, pouvoir et arbitraire créent d’irrésistibles opportunités de corruption. Faut-il donc être surpris si certains tentent d’obtenir des faveurs en recourant à des moyens immoraux?

Malgré tout, certains jouent les vierges offensées face aux anciens et récents scandales. D’autres nous parlent d’enquêtes du ministre du control dont même son chef (Ahamaday Alhassan) est accusé de corruption. D’autre réclament une commission d’enquête d’où la création de la fameuse opération COBRA, que nenni. Cobra au lieu de commencer l’enquête là où il faut c’est à dire à Ndjamena, ils partent faire des enquêtes aux faubourgs de la capitale ou dans la province. Ce que nous ne comprenons pas c’est quoi le rôle du PM Nadingar dans l’opération Cobra? N’a-t-il pas d’autres chats à fouetter en tant que chef du gouvernement? Tout est incompréhensible. Mais une chose est sure, a N’Djamena, il y’a des intouchables qu’il ne faut pas s’hasarder à fouiller dans leurs affaires.

Certes ces efforts de mettre certains en prison ou de créer une opération comme Cobra permettront de réduire la corruption pour un temps donné, mais ils n’enrayeront jamais le vrai phénomène, car ils s’attaquent au symptôme et non à la racine du problème. Au mieux, ils forceront les délinquants à raffiner leurs tactiques et à user d’imagination pour éviter de se faire prendre. Mais dans les faits, tant que le monde politique aura le pouvoir de s’immiscer dans les affaires, les gens d’affaires voudront s’immiscer dans le monde politique, et aucune enquête ne rompra cette symbiose (corruption entre hommes d’affaires voleurs avec la complicité des hommes publics et politiques).

Cette histoire de corruption est un vrai casse-tête pour tout le peuple. Pire encore, il y’a la corruption légale et officielle qui se produit sur une base quotidienne et qui devrait nous scandaliser tout autant, sinon plus! Quand des milliers de lobbyistes travaillent à temps plein pour influencer en leur faveur les décisions des politiciens et obtenir l’argent des contribuables, n’est-ce pas la corruption? Quand le trésor public tchadien dilapide les fonds publics pour financer des projets qui n’avantagent que quelques intérêts particuliers, n’est-ce pas la corruption? Pour terminer, dénoncer les comportements illégaux, d’accord! Mais ne perdons pas de vue la corruption légale engendrée par les immenses pouvoirs que l’État possède, car c’est elle le véritable cancer de l’économie et c’est aussi elle qui met sans l’ombre de doute le pays dans une période sombre. Ramadan Karim à tous les musulman(es), Merci pour votre lecture et bonne journée.

Votre ami et frère,
Mahadjir.Fils


Amérique du Nord.
www.enfantdutchad.com

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents