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Sommet de Paris pour la sécurité au Nigéria : Une rencontre pour des risettes et de l’esbroufe

Publié par Ndouné sur 20 Mai 2014, 05:53am

Catégories : #Politique

Samedi 17 mai 2014, l’Histoire l’a d’ores et déjà retenu, cinq chefs d'Etat africains se sont transportés à Paris autour du président français François Hollande à la seule fin de cogiter, de s’entretenir, et de convenir d’un plan d'action régional pour lutter et en finir avec la secte islamiste Boko Haram qui, par la force des choses - et de ses actions barbares -   s’impose comme une terrifiante  menace  en Afrique. Ce n’était ni une mauvaise idée, ni une rencontre inutile. Le hic, c’est la problématique qui en découle : pourquoi déplacer cinq gros potentats nègres jusqu’à Paris pour papoter dans le salon d’un François Hollande qui remet ainsi, à l’occasion, son masque, sa cape et son épée pour jouer les Zorro en Afrique ?

Sommet de Paris le 17.05.14 sur la sécurité au Nigéria -«  Nous sommes ici pour déclarer la guerre à Boko Haram », a ânonné le président camerounais Paul Biya au terme d’une conférence de presse tenue à l’issue de ce qui auer porté le nom de « Sommet de Paris ».

Paul Biya qui, il faut le dire, n’a pas spécialement brillé par une quelconque audace à prendre la menace de Boko Haram au sérieux, mais dont le pays en subit aujourd’hui les effets collatéraux, a tout de même révélé que le plan adopté par le sommet prévoit la « coordination du renseignement, l'échange d'informations, le pilotage central des moyens, la surveillance des frontières, une présence militaire autour du lac Tchad et une capacité d'intervention en cas de danger. ».

Et il aura fallu aller jusqu’à Paris pour le découvrir ?

Le dernier des cancres en Afrique sait bien que c’est là le minimum de ce qu’il y a faire à l’heure qu’il est  pour faire face à la guerre asymétrique déclarée par Boko Haram contre  la société moderne. Encore que le président camerounais oublie que l’autre moyen radical de neutraliser ce groupe terroriste, c’est de l’infiltrer, et obtenir une collaboration constante des populations dans le sens de dénoncer, des deux côtés de leur frontière commune,  tout individu suspect aux forces du maintien de l’ordre.

Pas besoin d’être sorti  de l’école de Guerre pour esquisser un  tel plan. Mais le sénile président camerounais pense certainement avec sincérité que ces résolutions minimales relèveraient du génie !

En finir avec Boko Haram

Son homologue nigérian Goodluck Jonathan, Celui pour qui toute cette sollicitude a été déployée,  s'est déclaré pleinement engagé pour retrouver les quelque 200 jeunes filles enlevées il y a plus d'un mois par les islamistes. Et bien évidemment  n’a pas manqué d’exprimer son inflexible détermination d’en finir avec cette forme d’islamisme criminel qui tente de ramener son pays 3000 ans en arrière. 

Idriss Deby Itno du Tchad, bombant le torse comme d’habitude, a montré ses biceps en roulant des yeux, histoire de faire la démonstration de son opiniâtreté engagement à faire face aux terroristes qui gangrènent la région. « Ces terroristes ont déjà fait beaucoup de  mal dans la sous-région, les laisser continuer, c'est courir le risque de laisser l'ensemble de la sous-région, de l'Afrique dans le désordre, » a-t-il conclu.

Quant au président du Niger, Mohamadou Issoufou, il s'est mollement félicité qu’enfin le sommet de Paris ait permis de discuter sur le long terme du développement économique et social de la zone. De quoi se demander s’il était dans le débat.

«Nous sommes décidés à mutualiser nos efforts et nos ressources (...) au plan régional et international, » a renchéri de son côté le président du Bénin, Thomas Boni Yayi qui martelé par la suite : «  L'intolérance religieuse n'a plus sa place en Afrique, ».

Autour de ce beau monde  timoré, penaud  mais néanmoins hilare, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'Union européenne étaient également représentés. L’Union Africaine (UA) a brillé par son absence bien entendu.

L’union Africaine brille par son absence

En tout cas le maître des céans, François Hollande ne s’est pas privé de jouer les Tartarin de Tarascon : « L'organisation Boko Haram est  devenue "une menace majeure" pour l'Afrique de l'Ouest et maintenant pour  l'Afrique centrale, a-t-il pontifié, cette organisation criminelle, a-t-il ajouté, a des liens établis avec Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), »

Pour rendre l’atmosphère encore plus angoissante, le président français a conclu : « "Boko Haram a une stratégie anti-civilisationnelle de déstabilisation du Nigeria,  mais aussi de destruction des principes fondamentaux de la dignité", faisant notamment référence à l'enlèvement récent de 200 jeunes filles.

En somme, cette rencontre au sommet n’a rien révélé de bien extraordinaire  par rapport à ce qui fait la boucle des infos incandescentes de l’heure. Mais concrètement de quoi aura donc  accouché ce sommet tant annoncé sous une tonitruante publicité ? D’une souris ou d’un cabri ? En tout cas, pas de grand-chose.

 Néanmoins, la question mérite bien d’être posée, surtout à ces chefs d’Etats nègres qui, cinquante ans après les indépendances, demeurent toujours incapables de régler leurs propres affaires intérieures sans se tourner avec angoisse vers l’ancien maître.

A quoi sert donc en définitive cette Union Africaine qui se réunit chaque année à coup de gros flonflons, de dépenses somptuaires  et de ridicules ronds de jambes ?

Le « Canard enchaîné » dénonce la proximité de la France avec Boko Haram

Le fait que jusqu’ici l’Union Africaine ne soit pas encore sorti de sa sempiternelle apathie est une honte !

 Pourquoi la France serait-elle beaucoup plus préoccupée par l'insécurité au Nigeria que les Africains eux-mêmes? Il serait tentant de croire que ce serait pour  préserver ses gigantesques intérêts  de la multinationale Total qui pompe le pétrole nigérian depuis des lustres.

Mais le célèbre et iconoclaste journal satirique français « le canard enchaîné » ne s’est pas inutilement  perdu en conjectures. Il n’a pas fait moins que de balancer à la page 3 de son édition  du mercredi 14 mai 201 une véritable bombe puante qui agite frénétiquement les consciences du côté de l’Hexagone à l’heure qu’il est.

 En effet ce journal qui n’a pas sa langue dans sa poche, mais bien dans sa bouche, vient de hurler que … la France soutiendrait "indirectement" Boko Haram !

Selon Le Canard Enchaîné, à travers cette information - curieusement   passée inaperçue en ce moment où l'Occident  semble voler au secours du Nigéria - la France, avec Israël et les Etats-Unis seraient des soutiens militaires, diplomatiques et politiques de l'Arabie Saoudite principal soutien financier de la secte islamiste nigériane. Les observateurs les plus intéressés par la nébuleuse Boko Haram savent  très bien que les émirats du golfe persique apportent une précieuse aide financière à ces extrémistes.

Mais certainement du fait de sa nature incendiaire, cette information a été passée à la trappe par les grands parangons du dogme médiatique occidental. Seul le « Canard », dont on connait pourtant la proximité des sources avec l'Elysée et les services de renseignement, a osé révéler en douce le pot aux roses dans son article : "Chef d'Etat militaire "incapable" au Nigeria.

Dans cet article à la nitroglycérine, le journal satirique a affirmé que : « "(...) « Les services français de renseignement ont, depuis longtemps, signalé que les salafistes (sunnites) de Boko Haram avaient reçu le soutien des monarchies pétrolières du Moyen-Orient, amies - en principe - de la France et de la Grande Amérique...",

Il suffit alors d’additionner 1 et 1 pour déduire que la France roulerait  pour Boko Haram beaucoup plus qu’elle ne pourrait le croire !

Mais en attendant que le débat de cette éventuelle collusion – même lointaine – de la France avec  Boko Haram ne soit discutée au milieu de l’opinion Française, rien n’empêche les esprits avertis de se demander  pourquoi ce sommet ne s’est-il pas tenu à Abuja au Nigéria – ce  qui aurait été d’un coût moindre  -  mais plutôt à Paris sous la  houlette d’un  Hollande en mal d’exploits chevaleresques?

« Le sommet de Paris, ne s’est, en tout cas,  pas  empêché de claironner François Hollande, doit  servir à mettre en place un "plan global" avec l'aide des Occidentaux, visant "à échanger les informations, coordonner les actions et contrôler les frontières".

Pour cela, était-il  besoin pour tous ces présidents de républiquettes nègres de se rendre tambour battant à Paris en remuant la queue ?

C’est dans ce sens qu’il ne serait pas exagéré de conclure que ce « sommet » se sera juste  tenu pour permettre à un groupe de chefs Africains en goguette  de venir se dire des amabilités autour de François Hollande qui a forcément profité de l’occasion pour leur enfoncer dans le crâne qu’il est King Kong.

Mais il n’y a pas que ça : ce sommet aura été aussi celui de l’esbroufe avec l’Elysée qui parait donner l’impression d’aller en guerre contre Boko Haram alors que, d'après l'hebdomadaire français Le Canard Enchaîné – réputé pour la fiabilité de ses informations et son entregent  dans les couloirs des services secrets -  que la France soutiendrait "indirectement" Boko Haram.

Un autre qui s’intéresse aux sponsors de la secte islamiste est bien le journaliste américain, Alex Jones qui affirme, pour sa part sans ambages,  que  Boko Haram serait géré en réalité par la CIA (Voir la vidéo).

 Allez-y comprendre quelque chose !

Quelle est la réalité sous-jacente aux activités de Boko Haram ? Saurons-nous un jour la vérité ? Pas sûr !

 

Par D.D | Ndjamena-matin

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