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Soudan : regain de tension

Publié par Ndouné sur 21 Mai 2011, 14:37pm

Catégories : #Afrique

sudanmapborderde.jpgDeux mois avant la proclamation de l’indépendance du Sud-Soudan, le 9 juillet, la tension monte à nouveau dans le pays. Surtout après la menace du président Omar al-Bachir de ne pas reconnaître l’indépendance du nouvel Etat, s’il revendique la région d’Abyei.

Les observateurs estiment peu probable que les autorités du Nord et du Sud du Soudan parviennent à un accord pour régler tous les problèmes en suspens. Le parti au pouvoir à Khartoum, le NCP, et son homologue sudiste, le SPLM, ne sont toujours pas parvenus à un accord sur le tracé des frontières, longues de 2 100 km. Le problème d’Abyei reste la principale pomme de discorde entre le Nord et le Sud, alors que, selon l’accord de paix, le sort de cette région devrait être réglé par voie de référendum. Sauf que les désaccords sur les participants à la consultation ont empêché qu’elle se tienne en janvier dernier.

La proposition de faire d’Abyei une zone d’intégration commune a été refusée par les Sudistes. Or un accord devrait encore être accepté par les tribus peuplant la région, ce qui est loin d’être acquis. On se souvient en effet que les tribus Masiriya et Dinka n’avaient pas reconnu le résultat de l’arbitrage international sur le partage de la région. Le problème du pétrole reste également une pomme de discorde pour les deux parties. Le Nord exige un partage égal des revenus pétroliers, en contrepartie de quoi il permettrait au Sud l’accès aux infrastructures — usines de raffinage et oléoduc — pour exporter le brut. Pour sa part, le Sud, qui tire 90 % de ses revenus du pétrole, n’a pas de solutions de rechange, un projet de pipe-line passant par le Kenya restant au stade d’étude préliminaire.

Le problème de la dette extérieure du Soudan, estimée à 37 milliards de dollars, reste aussi en suspens, en attendant qu’une partie puisse être effacée dans le cadre de l’initiative HIPC. Les deux parties n’ont pas réussi à trouver un accord sur le partage des dettes extérieures, lors des réunions tenues en marge des assemblées générales de la Banque mondiale et du FMI, le mois dernier, à Washington.

Le problème des ressortissants de chaque Etat résidant dans l’autre empoisonne également les relations entre Khartoum et Juba. Alors que le gouvernement sudiste s’est montré disposé à naturaliser les ressortissants nordistes sur son territoire, dont le nombre est estimé à 100 000 personnes, les autorités de Khartoum refusent d’octroyer la nationalité soudanaise à environ 1,5 million de Sudistes vivant dans le Nord. Estimant que l’indépendance du Sud conduit à les déchoir de leur nationalité d’origine. Les ONG internationales craignent que ces populations ne soient prises en otage par les autorités soudanaises et utilisées comme moyen de pression sur Juba. Le retour de ces personnes dans leur région d’origine pourrait entraîner une catastrophe humanitaire sans précédent.

Enfin, sur le plan de la sécurité, Khartoum accuse les autorités sudistes d’ouvrir leur territoire aux mouvements rebelles du Darfour, après leur expulsion du Tchad. Le pouvoir soudanais craint que cette situation ne conduise à une escalade militaire dans cette province, alors que les campagnes de l’armée soudanaise, le rapprochement avec N’Djamena et la situation en Libye ont porté un coup aux mouvements rebelles du Darfour. Par ailleurs, les négociations de paix menées à Doha n’ont pas abouti et le médiateur des Nations unies, Djibril Bassolé, va rendre son tablier après sa nomination comme ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso.

Un accord de paix apparaît donc plus éloigné que jamais. Par ailleurs, Juba accuse le gouvernement soudanais d’attiser les braises de la guerre civile dans le Sud, en soutenant les milices tribales hostiles au SPLM. Le gouvernement sudiste est en effet confronté à trois rebellions armées : celle du général Peter Gadet, dans la province équatoriale centrale, celle du général George Athor, dans la province de Jonglei, et celle du général Abdul Baqi Akol, dans la province de Bahr el-Ghazal. Sans compter les capacités de nuisance des milices de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Lam Akol, dissident du SPLM, dans la province du Nil supérieur. Juba craint donc la résurgence des “forces amies” qui combattaient aux côtés de l’armée soudanaise contre le SPLA.

La levée partielle des sanctions américaines contre le Soudan, qui reste sur la liste des pays soutenant le terrorisme, n’étant pas à l’ordre du jour, Khartoum tend à durcir sa position à l’égard du Sud. Alors que les dissensions s’aggravent au sein du NCP, le parti au pouvoir. Après l’éviction du général Salah Abdallah, conseiller de la sécurité nationale et ancien chef des services de sécurité, le principal conseiller du président Bachir, Nafeh Ali Nafeh, apparaît aujourd’hui comme l’homme fort du régime.

Source: TTU

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