Tchad - Abou Zeid, Mokhtar ben Mokhtar : les gros fantasmes d’Idriss Deby

Publié le par Ndouné

Deby-recoit-l-opposition-apres-la-ceremonie-des-soldats.pngDepuis une semaine tous les médias internationaux diffusent en boucle et sans arrêt une information à tout le moins sensationnelle : l’« armée tchadienne » aurait eu la peau de deux super djihadistes, à savoir Abou Zeid et Mokhtar ben Mokhtar.

Ces deux là étaient considérés, jusqu’à l’annonce de leur disparition présumée, comme  les  leaders d’Aqmi.

Ces deux chefs djihadistes considérés ennemis publics absolus sur toute l’étendue du Maghreb, et fichés sur le haut du bottin des criminels les plus recherchés au monde par la CIA, étaient devenus de véritables légendes vivantes du terrorisme djihadiste. On leur prête toute une kyrielle d’exactions allant des attentats à la bombe aux pires exécutions sommaires, sans oublier la responsabilité de la prise en otage de huit français dans le Maghreb. C’est en tout cas ce que rapporte la presse occidentale.

Ce sont ces deux fabuleux clients qu’Idriss Deby se vante d’avoir tués.

Face à cette formidable nouvelle qui, si elle était confirmée, signifierait la décapitation du terrorisme djihadiste en Afrique du nord,- pour certains experts, plus on élime les têtes des terroristes, plus il s’étend-  les voix les plus autorisées en France s’obstinent à faire preuve de réserve. Par contre Idriss Deby n’arrête pas de se frapper la poitrine en psalmodiant sans arrêt que ses soldats ont tué les deux chefs djihadistes.

Faut-il alors lire derrière la circonspection de la France de simples réserves ou un désaveu poli ?

Difficile de convenir de quoi que ce soit, mais une chose est sûre : Idriss Deby tient absolument à être reconnu comme celui qui s’est offert le scalp des deux plus virulents acteurs du terrorisme international. Cela lui vaudra peut être une auréole factice, mais pourrait exposer son pays ou son régime aux représailles de ces djihadistes qui ne savent pas conjuguer le verbe pardonner.

Tout le monde sait que les armées Françaises et tchadiennes combattent main dans la main. Pourquoi jusqu’à présent l’état-major français traîne-t-il les pieds à confirmer la mise hors d’état de nuire de ces deux djihadistes ?

On peut toujours se poser la question, mais il ne faudrait pas que les djihadistes, pour se venger de la mort de leurs chefs – s’ils ont effectivement été tués par les soldats tchadiens – se retournent contre les malheureuses populations tchadiennes - déjà victimes du terrorisme de l'Etat - et se mettent à balancer des bombes aux quatre coins de N’Djamena.

Par D.D  | Ndjamena-matin

Publié dans Politique

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