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Tchad : Appel à la contestation, au rassemblement et au soulèvement populaire

Publié par Ndouné sur 12 Mai 2011, 14:30pm

Catégories : #Opinion

Tchad : « Deby dégage », « Deby, barra» !

Deby degage photo montage AmbenatnaSans grande surprise, la mascarade du 25 avril dernier - tant boycottée par l’opposition et où l’abstention s'est révélée paroxystique - vient de donner vainqueur le candidat du parti Etat avec un score ubuesque de plus de 88% des voix, un tyran au pouvoir depuis plus de 20 ans. Le philosophe anglais Thomas Hobbes ne disait il pas que « La force et la fraude sont les deux armes principales des hommes en guerre», cette formule correspond bien à notre Général-Président Deby homme de guerre qui a complètement fermé la porte du dialogue. Les scrutins de façade et la négation de la volonté du peuple sont devenus de monnaie courante dans notre pays. « Pauvre démocratie tchadienne ! » entend-t-on murmurer dans les ruelles et grands artères de la capitale, Ndjamena. Un petit retour en arrière s'impose tout de même pour comprendre comment Idriss Deby a réussi à faire des élections au Tchad un rendez-vous incontournable pour affirmer un peu plus son statut de potentat sanguinaire et tyrannique.

 

Il faut dire qu’en 2001 déjà, au terme d’un scrutin truqué, « son auguste majesté Debyle ou Debyfole » (comme d'aucuns l'appellent sur Tchadenligne.com ou Tchadanthropus-tribune.com) avait fait arrêter ses principaux concurrents. En 2006, après une révision constitutionnelle de convenance pour briguer un nouveau mandat et s’octroyer une présidence à vie, il sortait vainqueur d’une farce électorale déjà boycottée par l’opposition. Cette fois encore, Idriss Deby s’est présenté aux électeurs sans concurrents sérieux.

Jamais deux sans trois, donc, au pays des Sao. C'est ainsi qu'en 2011, les fraudes massives aux législatives ont conféré au parti au pouvoir (MPS) une écrasante victoire, avec près des trois quarts des sièges à l’assemblée nationale. Aux présidentielles, l’opposition démocratique qui ne cherchait que des conditions minimales de transparence pour sa participation a décidé de se retirer de la course à la magistrature suprême, et ce après le rejet des recours posés devant une cour constitutionnelle acquise totalement à Deby. Malgré toute la machine de propagande mise en place, le mot d’ordre du boycott de l’opposition a été largement suivi dans les 22 régions et nous saluons sans retenu ces nombreux tchadiens qui, en leur âme et conscience, ont décidé de ne pas participer à ce non-événement. Un boycott historique, pourtant, Idriss Deby a eu le fin mot de l'histoire en se faisant réélire Président sans coup-férir, appuyé en cela par la complicité tacite de la communauté internationale.

Dans un pays où au mépris de tout respect de sa fonction, un Chef d’Etat traite ses principaux opposants civils de « détails » comme il l’a fait le 5 février 2008 (voir interview Europe1 avec Elkabbach). On ne pouvait pas s’attendre à grand-chose de lui. Dans un pays où un les contre-pouvoirs sont muselés, les leaders d’opinions sans défense éliminés sous le regard complice de la communauté internationale, il n'y a plus grand-chose à attendre, « Itno Hemis a pris l’or, l’argent et notre liberté qu’il nous faut nous même conquérir.

À la tête d’un régime autoritaire et répressif, Le Général Président Sultan Deby a entretenu un cycle de violences et de répressions qui a laissé le Tchad exsangue. Véritable Ubu-Roi que n'aurait pas renié Alfred Jarry, il a fait subir à son peuple plus de deux décennies de massacres, de disparitions forcées, de souffrances, d'humiliations, de tortures, de pillages, d’enrichissement illicite et de vols des deniers publics par un homme et son clan. Malgré l’exploitation de la manne pétrolière rien n’a changé dans la vie de nos pauvres citoyens qui continuent de mourir de faim, du paludisme ou de diarrhée. Dans un pays où tout tombe de Charybde en Scylla, deux des problèmes majeurs de tous les tchadiens restent sans doute l'eau, source de vie et l'électricité, source de vue. « Ndjamena vitrine de l’Afrique » comme dirait Deby est actuellement la seule capitale au monde d'un pays pétrolier non électrifiée. Ni électricité (niveau d’électrification à moins de 7%), ni eau potable (en pleine capitale la plupart des gens qui boivent encore l'eau de puits) et les tchadiens dans leur ensemble arrivent difficilement à assurer un repas au quotidien. Deby et son clan ont pris en otage 11 millions de tchadiens « affamés, hagards, clochardisées, battus, bâillonnés par les armes » comme le disait si bien le Pr. Ibni.

Nous dénonçons ces mascarades électorales successives, ces victoires à la Pyrrhus, ces votes entachées de fraudes mais pourtant validées et cautionnées par l’UE et la France. Au moment où la revendication contre les présidences à vie, pour plus de libertés et pour l’alternance démocratique, secoue le monde arabe et africain, il est inadmissible que le Tchad donne au monde cette image ridicule, d'un pouvoir familial, prédateur, obscurantiste et arrogant (les qualificatifs négatifs viennent à manquer pour le décrire). Nous tchadiens avons aussi ont droit à une démocratie, il n’y a pas de démocratie pour l’Europe et de démocratie pour l’Afrique, la démocratie a des valeurs universelles. Nous dénonçons cette diplomatie à géométrie variable qui permet à Idriss Deby et son clan d’opprimer sans scrupule notre peuple sans voix.

Chers compatriotes tchadiens, chers frères africains, chers amis du Tchad, tant à l’intérieur qu’a l’extérieur, soyons désormais comme l'écrivait le défunt Aimé Césaire « la bouche de ceux qui n'ont point de bouche », faisons que notre voix soit « la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir ». Levons-nous comme un seul homme pour dire NON ! NON à la perpétuation du régime sanguinaire qui sévit au Tchad! le même mot d’ordre « Deby dégage » ou encore « Deby, Barra» doit désormais être notre leitmotiv, jusqu’à la victoire finale. Sous ce même credo mobilisateur, allons de l’avant pour libérer le « Tchad notre case commune ». Dans le collectif « DEBY DEGAGE », nous sommes prêts et résolu où que nous soyons au rassemblement pour manifester notre rejet de cette situation. On espère que tous les tchadiens dans leur ensemble sauront tout donner pour que ce mouvement soit un nouveau départ et puisse accoucher d’un « Tchad nouveau » banni du régime abject de Deby. Nous n’avons pas d’armes, mais la force de la rue est plus forte que tous les canons du monde.

« Appel à la contestation, au rassemblement et au soulèvement populaire »

Mohamed Saleh Ibni Oumar

www.msibni.fr

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