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Tchad : le dictateur tchadien Idriss Deby s'enfonce dans la paranoïa et la mégalomanie

Publié par Ndouné sur 14 Mai 2013, 12:37pm

Catégories : #Politique

Le cynisme d’Idriss Deby Itno ne connait plus de limites : Sous le prétexte qu’il pense être indispensable et incontournable au Mali dans la chasse aux djihadistes, il n’a rien trouvé de mieux que d’inventer tout à trac un complot à dormir debout – qualifié par lui-même de conspiration - pour mener une époustouflante chasse à tous les hommes politiques, députés, journalistes, militaires, et même un ex rebelle de son pays  -  dont la tête lui parait suspecte. En quelques jours, les arrestations ont plu à N’Djamena, et les cellules de prisons n’en finissent pas d’accueillir chaque jour de nouveaux pensionnaires à la faveur de fébriles arrestations. L’ironie de cette histoire triste, bête et méchante est que l’indicible terreur qui s’abat actuellement sur le Tchad et les Tchadiens ne rencontre aucun écho. Le Général – Président – Sultan a bien choisi son heure, et gare à la France ou à toute autre grande nation Européenne qui tenterait de lui faire des remontrances : Il menacera de retirer ses troupes de Kidal. Conséquence, la communauté internationale se gratte la tête et traîne les pieds à s’indigner.  Deby, lui, boit du petit lait !

La terrifiante série d’arrestations brutales, sur fond de violentes intimidations et de sauvages harcèlements, qui traumatise, à l’heure qu’il est, l’opposition politique, un bon nombre d’officiers supérieurs et généraux de l’Armée, ainsi qu’une demi-douzaine de journalistes et autant de membres de la société civile tchadienne, trop facilement mis à l’index dans un drôle de faux complot, place indiscutablement de nouveau ce pays sous une oppressante psychose de la complotite.

Mais apparemment, aucun chef d’Etat occidental, et encore moins africain n’ose s’indigner de façon franche contre ce qu’il convient de qualifier sans ambages de véritable complot loufoque. Loufoque, est bien le qualificatif le plus adapté de ce que l’on observe au Tchad aujourd’hui avec une cohorte d’arrestations, d’inculpations à la va vite et à la sauvette, de mise sous mandat de dépôt, et de menaces diverses.

De fortes personnalités de la société civile, des officiers supérieurs – et même généraux - de l’Armée, d’anciens ministres, d’ex-rebelles, et surtout – et c’est là le comble – des journalistes malmenés, jetés en prison, menacés de mort, et même expulsés de pays étrangers à l’instigation des autorités Tchadiennes : voilà ce qui semble être la dernière lubie du Président-Général-Sultan tchadien dont la mégalomanie semble avoir pulvérisé toutes les limites.

Pour se justifier, le potentat a tout récemment réuni toute la classe politique Tchadienne, sous le prétexte de révéler les dessous des événements.

Loin d’édifier les uns et les autres, Idriss Deby, indiscutablement ivre comme un polonais (voir la vidéo), a débité une absurde litanie de vociférations et d’absurdités, mettant en garde ceux qui veulent ériger des barrières sur la voie du Tchad vers le développement. Et selon lui, le Tchad devra être « émergent » en 2027. Soit dans 13 ans. Avec lui toujours au timon !

 

Estimant qu’une poignée de compatriotes a tenté de créer le désordre dans notre pays, Idriss Deby s’est trouvé incapable de dire exactement comment et par modus opérandi, le complot avait été ourdi, et en quoi il consistait.

« Certains parlent de coup d’état, a laborieusement articulé Idriss Deby,  d’autres d’une conspiration, mais un coup d’état, on le fait avec des armes, et par l’armée. Dans ma perception, c’est ce que j’ai regardé, je n’ai pas vu un seul élément armé dans ce qu’on peut appeler le désordre que les gens veulent créer. »

Puis de conclure, les yeux mi clos : « c’est une conspiration qu’on peut appeler l’été tchadien à l’image du printemps arabe ».

Conspiration, coup d’état, été tchadien : Voilà tout ce que le tyran s’est limité à beugler devant un parterre terrorisé et dubitatif.

Incapable d’expliquer les multiples arrestations faites en parfaite violation de la loi, il n’a pas cessé d’invoquer cette même loi en parlant de l’indépendance de la justice.

Quelle indépendance quand l’on constate que quelques représentants de l’exécutif arrêtent et expédient en prison un élu du peuple, membre du législatif sous la seule justification d’un pseudo « été tchadien », et sans aucune considération pour la séparation théorique de ces pouvoirs ?

Plus ridicule, le tyran aurait « cet été tchadien », souhaité que la calasse politique se mobilisât  pour « condamner cet été tchadien » mais constate que cela n’a pas été le cas.

Le  ridicule ne tue pas au Tchad, et ce n’est pas lui qui tuera Idriss Deby.  

Les arrestations arbitraires, elles, se multiplient. La dernière vague remonte au 1er mai.

Face à une réaction aussi timorée du ministère des affaires étrangères de la France, on comprend sans peine que le tyran du Tchad s’imagine tenir le bon bout … du fusil.

En pensant être en mesure de menacer de retirer ses militaires du Mali, Deby se trompe lourdement. Il est en train de donner encore plus de vigueur aux forces de la résistance de se mobiliser maintenant une bonne fois pour toutes contre ce potentat qui semble être atteint d’une paranoïa.  

Et les fous, on ne peut les laisser à la tête d’un pays.

Tchadiens réveillez-vous. Il faut traiter le fou !

Par D.D  | Ndjamena-matin

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