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Tchad • Paris prépare l’après Deby en douce

Publié par Ndouné sur 20 Novembre 2014, 17:39pm

Catégories : #Politique

Hollande-DebyL’avenir s’annonce à tout le moins sombre pour Idriss Deby Itno. Car en sus de toutes les inquiétantes suspicions qui pèsent sur sa triste personne relativement à sa collusion qui s’avère – au fil du temps – plus que certaine avec la secte Boko Haram sévissant au nord du Nigeria et dans l’Extrême nord du Cameroun, le voilà qui fait désormais l’objet, non seulement de graves présomptions aux yeux de ses amis les plus fidèles, mais surtout qui commence à devenir encombrant pour son principal soutien qu’est la France « Hollandoise ».

En effet, un terrible chuchotement se transmet de bouche à oreille ces dernières semaines au point même d’avoir fait le tour de toutes les ambassades africaines ainsi que des chancelleries occidentales qui, on s’en doute bien,  n’ont pas manqué de s’en émouvoir.

Ces chuchotements auraient pour prétexte les confidences qu’un officier français  - aujourd’hui en retraite, mais opérant néanmoins encore « dans le noir » au sein des services secrets de l’Hexagone –  aurait faites à un haut responsable de l’OIF.

A en croire donc les dires de cette « barbouze », l’Élysée estimerait que Deby serait devenu, non seulement encombrant, mais surtout tout simplement « dangereux pour la stabilité de la sous région », et que son cas ferait l’objet d’une attention des plus préoccupantes de l’heure.

Comme fondement de cette phobie subite, les grands stratèges de la Présidence de la République française auraient fait une sinistre addition qui leur ferait dresser les cheveux sur la tête : le soutien du tyran tchadien à la Séléka en Centrafrique ajouté à ses relations floues et ambigües avec la secte Boko Haram du Nigeria, constituent sans l’ombre du moindre doute un cocktail suffisamment détonnant pour justifier une éventuelle prise de distance, malgré la spectaculaire allégeance du maitre de N’Djamena au « Rambo » Hollande pour la reconquête du Nord- Mali.

Mais il faut dire que l’exercice de calcul mental des éminences grises françaises est allé encore plus loin, au regard de la brûlante actualité.

En effet, après la fracassante chute de Blaise Compaoré au terme de 27 ans de règne, le continent noir tout entier a regardé d’un œil particulièrement attentif les soubresauts sociaux qui ont secoué la quasi-totalité du territoire Tchadien de façon concomitante les jours qui ont suivi le frémissement Burkinabè : soulèvements populaires à répétition à cause de la pénurie et de la cherté de la vie et du carburant, grève – suivi d’émeutes – des enseignants pour arriérés de salaires, fronde et actions violentes et désespérées des lycéens et collégiens complètements traumatisés par 24 ans de dommages divers, désertions récurrentes des éléments de son armée.

Pour tout dire la marmite tchadienne est en pleine ébullition et le bouquet semble ne plus être loin : un soulèvement populaire d’une ampleur jamais vue jusqu’à ce jour a toutes les chances d’être accompagné par une mutinerie de l’Armée qui entreprendra de « dégager »  Deby, sa famille et sa clique.

Cette avalanche de désastres l’acculera à, n’en point douter, d’user de la force et de la violence comme à son habitude. Autant dire que la catastrophe plane.

Voilà les raisons objectives, et en tout cas hautement prévisibles qui seraient en train de convaincre Paris de concocter un plan visant à convaincre Deby de sortir honorablement et sans casse avant que le scénario catastrophe ne se produise.

Mais il faut reconnaitre aussi que Paris n’ignore rien de l’antipathie que nourrissent la très grande majorité des populations tchadiennes quant à la présence des forces françaises à N’Djamena, à Abéché et dans le nord du pays. Dans la tête de ces populations, les militaires français ne seraient là que pour assurer la sécurité d’un dictateur honni et vomi.

Il serait donc question pour l’Élysée qui a pris toute la mesure de l’impopularité de Deby et la déliquescence de son régime, de rassurer les Tchadiens, et de les mettre en confiance en prenant des distances vis à vis de ce potentat qui ne se maintient au pouvoir que par la terreur et l’entretien de la peur.

C’est ce qui justifie certainement ces multiples contacts pris dans la plus stricte discrétion avec de hauts responsables militaires tchadiens et une bonne frange des militants les plus influents du MPS – parti de Deby au pouvoir au Tchad depuis 1990 - dans le sens de préparer l’après Deby avant le mois de mars 2015. A suivre.

Par D.D | Ndjamena-matin

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