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Tchad | Vague d’arrestations inquiétantes : Les dérives du dictateur tchadien

Publié par Ndouné sur 8 Mai 2013, 00:44am

Catégories : #Lu pour vous

Deby---dictateur.jpgDepuis le 1er mai dernier, il se passe des choses extrêmement graves dans notre pays. En tournée dans la région d’Iriba où il est allé régler à sa façon un conflit de leadership entre chefs traditionnels de cette bourgade, Idriss Déby Itno a profité de cet éloignement temporaire de la capitale pour ordonner l’arrestation de plusieurs responsables politiques et militaires ainsi que des journalistes. Même ceux qui vivent à l’étranger ne sont pas épargnés.

Tour à tour les députés Saleh Macki (Cpdc) et Mahamat Malloum Kadre (Mps), puis les généraux Weidding Assi Assoué (ancien ministre de la Défense) et David NGomine (justice militaire), ont été arrêtés et placés en détention. Ils sont soupçonnés de vouloir « déstabiliser le régime ».

Dans la journée de vendredi 3 mai, le colonel Ngaro Ahmadou Ahidjo (gouverneur de la région du Salamat), le Dr Khalil Alio (vice-président de l'Université de N'Djamena) et Moussa Mahamat Tao (ancien politico-militaire) sont venus grossir les rangs des prétendus putschistes à l’initiative du procureur de la République qui soupçonne tout ce beau monde d’avoir voulu porter « atteinte à l’ordre constitutionnel ».

Ce mardi 7 mai, les médias internationaux nous apprennent que des éléments de la police judiciaire se sont rendus au domicile du député Saleh Kebzabo pour l’interpeller. Ils sont retournés bredouilles parce que au même moment l’intéressé se trouve en Afrique du Sud où il assiste à une conférence organisée par le Parlement panafricain.

Mais ce n’est que partie remise puisque le procureur de la République a décidé de convoquer non seulement Saleh Kebzabo dès son retour du pays de Madiba, mais aussi trois autres députés, savoir Yorongar Ngarléjy, Gali Ngothé Gatta et Routouang Yoma Golom (général d’armée et ancien ministre de la Justice).

Et les arrestations tous azimuts ne s’arrêtent pas au Tchad. Il semblerait que lors de son déplacement à Dakar, le nouveau ministre de la Justice, Jean-Bernard Padaré, a demandé et obtenu de son homologue Sénégalais l’arrestation de Makaila Nguebla réfugié politique au Sénégal depuis 2005. Makaila est actuellement encore entre les mains des limiers de la police qui le foudroient de questions sur ses activités de journaliste internaute et activiste politique. Son extradition vers le Tchad est exigée par Idriss Déby en personne et soutenue par Jean-Bernard Padaré, souvent critiqué sur le blog de Mak.

De la même façon, le Directeur de publication du journal Abba Garde, en l'occurrence Avenir de la Tchiré, est convoqué mercredi matin à la PJ. Il est accusé d'incitation à la haine.

Déjà, dès lundi matin 6 mai, c’était le journaliste de Radio Tchad, Eric Topona, qui a été convoqué par le procureur puis placé sous mandat de dépôt pour « atteinte à l’ordre constitutionnel » lui également. Les proches de l'intéressé croient savoir que sous couvert de ce motif flou se cache un règlement de compte personnel de Jean-Bernard Padaré. Ce dernier s'en est mollement défendu sur RFI. D'où il suit que ce reproche n'est pas totalement infondé.

Et ce soir on apprend de sources confirmées que d’autres bloggeurs résidant en France, bien connus de lecteurs internautes, sont en ligne de mire. Une demande d’interpellations serait déjà mise sous plis pour être expédiée carrément à Interpol, à Lyon. Il n’est toutefois pas certain que les autorités françaises accéderaient aux sollicitations liberticides d’Idriss Déby aussi facilement que les Sénégalais.

En tout cas, tous les députés et autres cadres politiques et militaires sont officiellement soupçonnées, sans le moindre début de preuve, de faire partie d’un réseau d’opposants dangereux ; réseau dont les ramifications dépasseraient les limites de nos frontières, conspirant jour et nuit depuis 4 mois contre le régime agonisant du despote.

Quant aux journalistes et activistes que sont Eric Topona, Makaila Nguebla et De la Tchiré, c'est le ministre de la Justice Jean-Bernard qui chercherait, par des voies détournées, à régler ses comptes avec eux pour avoir souvent émis des critiques les plus amères sur sa conduite et ses accointances avec le régime.

C’est donc à une véritable chasse aux sorcières qu'Idriss Déby a décidé de s’adonner avec le soutien de son nouveau ministre de la Justice, chargé de motiver solidement l’accusation d’ « atteinte à l’ordre constitutionnel » dont, néanmoins, on ne perçoit toujours pas ni la réalité matérielle ni la pertinence juridique.

Il ne sert donc à rien de disserter sur ce motif ridicule et insensé.

Ce qui est en revanche certain, c’est que depuis qu’il a réussi à se faire adouber par la France suite à l’envoi des chairs à canon tchadiens au Mali, Idriss Déby croit avoir reçu de fait ou de droit un « permis de tuer » tous ceux qui, depuis 22 ans, n’arrêtent pas de lui mettre les bâtons dans les roues dans sa progression vers une présidence à vie. Et, visiblement, il ne semble pas avoir tort de penser ainsi puisque malgré les multiples arrestations manifestement arbitraires de ces derniers jours, la France, habituée à sortir de ses gonds dès qu’il s’agit des droits de l’Homme, demeure particulièrement muette.

Mais, qu’il le veuille ou non, Idriss Déby est obligé d’admettre que les Tchadiens n’ont jamais supporté et ne supporteront jamais ses dérives dictatoriales caractérisées par une extrême prédation de deniers publics au profit de sa famille et un népotisme exacerbé sans précédent dans notre pays.

Quant à Jean-Bernard Padaré, dont on dit pourtant qu’il aurait lui-même mis à l’abri sa famille en France depuis les évènements de février 2008 pour les protéger contre le dictateur aux humeurs changeantes, il a intérêt à ravaler sa haine contre les journalistes. Le régime d’Idriss a atteint un degré de pourrissement tel qu’il ne sert plus à rien de croire qu'il puisse encore être un prétexte à tous les abus de pouvoir. Et il serait tout simplement suicidaire de tenter d’y faire carrière en politique. La fin est pour bientôt !... Lire la suite sur Tchadoscopie.

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