C’est la substance d’une décision rendue mardi dernier, alors que l’heure de la rétrocession du territoire pointe.Parfait Tabapsi (Stagiaire)
C’est mardi dernier que la Haute cour de justice du Nigeria " a rejeté une requête formulée par des populations autochtones de Bakassi pour suspendre la rétrocession par le Nigeria, de la péninsule au Cameroun ". C’est ce qu rapporte le site de l’Agence panafricaine de l’information (www.apanews.net). Une information qui a aussi été reprise par la radio anglaise Bbc dans son journal parlé d’hier matin.
Cette décision vient ainsi débouter huit autochtones de Bakassi qui avaient soumis une requête auprès de la Haute cour du Nigeria pour empêcher le gouvernement fédéral d’exécuter la dernière phase de l’accord de Green Tree entre le Nigeria et le Cameroun. Les deux pays ayant signé le 12 juin 2006 un accord au terme duquel le Cameroun devrait assumer à partir du jeudi 12 juin 2008, la pleine souveraineté sur la presqu’île de Bakassi.
L’Apa relève par ailleurs que " lors des audiences sur ce dossier, le Juge Mustapha Umar a refusé une demande orale, visant à empêcher le gouvernement d’exécuter la rétrocession ce 12 juin. L’avocat d’un des plaignants, Kayode Fasetire, a invité la Cour à ordonner le maintien du statu quo. Il a indiqué que si le Sud de Bakassi était finalement rétrocédé au Cameroun le 12 juin, son client aurait subi des préjudices. Le conseil du gouvernement fédéral du Nigeria, Me Abel Ezioko, a rejeté la demande, invoquant que la requête du demandeur n’était pas étayée de pièces à conviction et de déclarations sous serment. Le conseil du gouvernement de l’Etat de Cross River, Bassey U. Bassey, a également adopté une position similaire ". Non sans rappeler que " les plaignants, sous la conduite des anciens présidents du Conseil municipal de Bakassi, Chief Emmanuel Etene et Ani Esin, exigeaient un dédommagement avant la rétrocession de Bakassi au Cameroun ". Ils avaient d’ailleurs évalué le dit dédommagement à 456 millions de nairas, soit environ 1.milliard 700 millions de francs Cfa.
Au moment où cette décision tombe, on se souvient que déjà en août 2006, des indépendantistes du Delta du Niger avaient, sous la houlette de Tony Ene (proche collaborateur de Donald Duke du gouverneur de l’Etat de Cross River), proclamé l’indépendance de l’Etat de Bakassi dont la devise sonne comme un cri de ralliement : "Dieu est notre force". Une sécession qui intervenait à cinq jours de la date butoir arrêtée d’accord partie à Greentree entre les deux pays au sujet du retrait des troupes nigérianes conformément à l’arrêt de la Cour internationale de justice (Cij), le 10 octobre 2002. Une action qui tombait à l’époque une semaine après celle des chefs traditionnels de la région. En effet, dans ces mêmes colonnes en 2006, on pouvait lire : " le 21 juillet dernier déjà, sept chefs traditionnels de la péninsule parmi lesquels chief Orok Eneyo, chief Emmanuel Effiong Etene, Ndabu Eyo Umo Nakanda, Emmanuel Okokon Asuquo, Ita Okon Nyong, Richard Ekpenyong et Elder Tony Ene Asuquo ont attaqué devant la haute cour fédérale d’Abuja l’accord de Greentree signé le 12 juin 2006 entre les présidents Paul Biya et Olusegun Obasanjo. "
La Haute Cour vient donc de rendre son verdict et l’on attend plus que la rétrocession du territoire querellé au Cameroun suivant la décision de la Cij et les accords de Green Tree qui ont suivi. Rétrocession attendue ce jeudi.
Quotidien Mutations
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