Après la ville de Goz Beida à l’Est, les troupes de l’Alliance Nationale progressent vers l’Ouest. N’djamena n’est plus loin.
La débandade des troupes loyalistes ce week-end traduit la fébrilité de la soldatesque de Deby, après l’attaque des forces patriotiques. Goz-Beida, Am-Dam, en quatre jours, l’offensive lancée mercredi 11 juin 2008 par l’Alliance Nationale a désormais pris une grande partie de l’Est tchadien. Après une attaque éclaire de la ville de Goz Beida, les troupes de l’AN ont mis le cap sur la ville stratégique d’Am-Timan ce dimanche. La grande marche vers la capitale a commencé pour les troupes nationalistes plus que par le passé requinquées par les cris de joie de la population des villes libérées au fur et à mesure de leur avancée répondant aux aspirations du peuple au changement. Comme en février, les forces du changement marchent vers la capitale, bien que le palais rose transformé en bunker se servant ainsi des n’djamenois comme bouclier humain. Le despote tchadien s’est une fois encore replié dans sa tour d’ivoire, sécurisé par ses sbires. Les mains liées, le dictateur tchadien fonde ses espoirs en la Force Européenne pour conserver les fondements de son régime agonisant. Depuis le quartier général de l’Eufor au Mont Valérien près de Paris, la Force Européenne au Tchad et la RCA a reconnu dans la nuit de samedi à dimanche que ses soldats ont ouvert le feu sur les forces nationalistes à Goz Beida. Fidèle à sa vocation officieuse dictée depuis les bureaux – Afrique de l’Elysée, l’Eufor a brandi ses armes contre l’AN, sous le prétexte « d’incidents avec les rebelles ».
Compte tenu de son vrai mandat, par la voix du ministre des affaires étrangères français, Mr Bernard Kouchner a indiqué depuis Abidjan (Cote d’Ivoire) que La France "n'interviendra plus" dans le conflit tchadien entre le régime du président Idriss Deby Itno et les rebelles, qui ont repris ces derniers jours leur offensive contre N'Djamena, a affirmé à Abidjan le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner. Fin de citation.
En dépit de cet autre soutien logistique des troupes de l’Eufor, les hommes de l’AN sont plus que jamais déterminés à en découdre avec le régime impopulaire de N’djamena. Les mercenaires de l’Europe de l’Est recrutés à grand frais par Deby et tués dans la destruction des hélicoptères d’origine soviétique de la flotte aérienne de son armée, sont à présent brandi comme des trophées des batailles. Les coques des MI détruits par les roquettes des forces nationalistes sont des épaves de la honte pour l’armée aérienne de Deby. Ces carcasses -couvertes par des bâches pour éloigner les regards curieux - sont des médailles pour les hommes de l’AN mus par un désir profond de changement dans un Tchad actuellement désarticulé par une main despote. Déterminés et portés par une vague populaire de changement au sommet de l’Etat, les troupes nationalistes marchent avec foi vers la capitale N’djamena. La chute du despote tchadien ressemble étrangement à la déchéance de Mobutu, alors que les troupes de Kabila étaient aux portes de Kinshasa. Parti par la petite porte de l’Histoire ou s’accrocher à l’illusion d’un pouvoir éternel, Deby doit choisir. La rue en prémonition applaudit déjà.
Les bruits de bottes sont aux portes du palais rose … La victoire finale pointe sur N’djamena.
D.L
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