N'DJAMENA (AFP) — 100% de réussite pour les 16 candidats, une mention très bien: c'est le bilan 2008 du lycée Montaigne de N'Djamena au baccalauréat dont les épreuves se sont déroulées de lundi à jeudi malgré l'offensive de la rébellion tchadienne.
"Nous pouvons être très fiers de ces résultats en raison des circonstances", se félicite Annie Mouchoux, la proviseure de ce lycée français de 350 élèves.
En février, la capitale a été envahie par les rebelles tchadiens, le lycée fermé et la communauté française évacuée par l'armée française. Il y a huit jours, les rebelles ont lancé une nouvelle offensive, et la veille de l'écrit lundi, ils étaient à 600 km de N'Djamena.
"J'ai essayé de faire abstraction (de l'attaque). Je ne me suis dit que ce serait dommage pour moi que ça influe à ce moment-là", raconte Cyrielle Ndougonna, vedette des résultats avec une mention très bien (16,34 de moyenne).
"A partir du lundi, on a commencé à s'inquiéter un peu. On essayait de ne pas trop y penser", explique Adama Diop, mention assez bien.
"Beaucoup de gens sont encore traumatisés. Les élèves ont du mérite", souligne Pascal Villecroix, président du jury.
Fermé pendant cinq semaines, le lycée, protégé par l'armée française, n'a pas été pillé comme le Centre culturel français.
Les professeurs ont bénévolement fait des "heures supplémentaires pour rattraper le programme", explique Christophe Personnettaz, professeur principal.
Lundi, des professeurs d'autres établissements sont donc venus de pays voisins pour les épreuves.
"J'ai dit à ma mère que j'avais refusé d'y aller pour ne pas l'inquiéter", rigole Laurent Picard, professeur de physique à Libreville.
Philippe Lhote, professeur à Niamey, est venu par un itinéraire qui défie toute logique : Niamey-Lagos-Tripoli-N'Djamena à l'aller, et N'Djamena-Addis Adeba-Niamey au retour. Voyagiste recalé en géographie...
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