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Quand Deby fuit, la France veille

Publié par ndouné sur 4 Juillet 2008, 02:30am

Catégories : #Politique

Au plus fort des combats de février dernier, le pouvoir était « vacant », Idriss Deby a sauté dans le premier vol de l’armée française pour Libreville en compagnie de l’ambassadeur de France au Tchad. Les révélations sur cette désertion à la tête de l’Etat ont été faites par le capitaine Ousmane Souley  For de  la garde rapproché du despote tchadien.

 

« Le 2 février M. Deby a été évacué à Libreville ».Paroles d’un témoin privilégié des affrontements de février 2008 entre l’armée  de N’djamena et les troupes de la CMU. Ousmane Souley For était au front avec ldriss Deby le 1er février dernier. Stoïque, et aujourd’hui hors des rangs de la soldatesque, il raconte «   combattions activement, Idriss Deby a ordonné à son Chauffeur, mon cousin germain Kerim Abdoulaye For, de filer quand les rebelles ont intensifié le feu. Ainsi, Deby a pris la poudre d’escampette sans penser à nous qui étions avec lui dans le même véhicule. » Sous escorte de l’armée française, Deby a fui laissant derrière lui un pays sans « chef ». Très certainement qu’avant de fuir pour aller se rafraîchir les idées dans le marigot du « vieux crocodile » Bongo, le déserteur tchadien avait consulté l’Elysée qui a entériné la vacance du pouvoir. Constitutionnellement, le Tchad n’avait plus de président de la République. La défaite annoncée des soldats de l’armée régulière et l’instinct de survie ont conduit l’imposteur tchadien vers l’exil auprès du parrain de la France-Afrique dans le Golf de Guinée.

 

 

   « Fuis tranquillement, la France est aux commandes »

 

        Ainsi, pendant 24heures, le Tchad était sous le commandement des troupes français de l’Opération Epervier. Le sommet de l’Etat en débandade, l’armée en déroute, N’djamena était tombée entre les mains des troupes de la CMU. Une communication savamment ficelée par les médias aux ordres de Paris a fait croire à l’opinion que le despote s’était retranché dans le palais présidentiel et qu’il attendait armes  aux poings les rebelles. Un leurre. Le ballet diplomatique hexagonal à N’djamena : Hervé Morin, ministre français de la Défense, Nicolas Sarkozy himself avait pour dessein de restaurer la légitimer d’un chef d’Etat déserteur.  Requinqué par tant d’onction diplomatique, le monstre est sorti de sa boite de Pandore. Les conséquences sont connues : Enlèvement et assassinat d’Ibni Oumar Mahamat Saleh, exécution sommaire et militarisation à outrance de la capitale.

 

          Idriss Deby revient de très loin et il le doit à la France. Le temps des « grosses ficelles »   au régime agonisant semble révolu. Le discours de Paris a changé. Hervé Morin a ouvertement redéfinir les missions de l’Eufor au Tchad. Le chant du cygne a commencé. Les troupes de l’AN sont aux aguets.

 

 

Par D.D de Ndjamena-matin

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