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Tchad : Très jeunes, et déjà mamans

Publié par ndouné sur 12 Août 2008, 04:45am

Catégories : #Société

De plus en plus, le nombre de filles mères ne cesse d’augmenter dans notre société. Pour satisfaire leurs besoins vitaux, pour faire comme les autres ou par ignorance, des adolescentes se retrouvent dans cette situation. Conséquence, elles se retrouvent avec des enfants à charge et sans les moyens pour les entretenir.

Pour comprendre l’expression « fille mère » au sens sociologique, il convient de dissocier le substantif du qualitatif et de définir chacun d’eux séparément.

Pour le législateur tchadien, est mineur tout individu de l’un ou de l’autre sexe qui n’a pas atteint l’âge de 18 ans. Le concept « fille », lui, désigne « toute personne de sexe féminin non adulte ou qui n’a pas encore atteint l’âge de la majorité ou encore qui a un certain nombre de comportements que sa culture juge proche de la maturité ».

La définition de ce concept renvoie à l’âge biologique et à la maturité psychique qui peut être précoce. Ce concept fait ensuite référence à l’état matrimonial. Il s’agit dans ce cas de la personne adulte non mariée. On dit souvent dans le langage courant qu’elle est « une vieille fille » ou « qu’elle a coiffé sainte Catherine ».

Quant à la “mère”, elle est d’abord parente biologique directe c’est-à-dire, génitrice. La qualité de mère est appréciée par une relation de consanguinité et par la capacité de donner la vie. Dans ce contexte, la « fille mère » est : « toute adolescente qui tombe accidentellement enceinte d’un homme ou d’un jeune homme avec qui elle n’est pas mariée et qui doit assumer seule ou avec l’aide de la famille la charge de son enfant ». Selon le dictionnaire Larousse, la fille mère est « toute personne célibataire de sexe féminin qui devient déviante et qui sans contracter le mariage, compte déjà un ou plusieurs enfants ». Elle est « une mère célibataire c’est-à-dire une femme non mariée qui élève seule son ou ses enfants ».

La conséquence de la pauvreté mais aussi l’expression de la volonté de “faire ses preuves”

La fille mère est alors à la fois une enfant sous la direction et le contrôle de ses parents, bénéficiant ainsi de l’affection parentale et mère d’une petite famille qu’elle entretient. Elle se trouve dans une situation ambivalente dont les causes et les conséquences sont souvent les conflits au niveau personnel et familial. Le concept fille mère lui-même renvoie à trois autres situations : celle de fille mère mineure, de fille-mère émancipée et de fille mère adulte. La fille mère mineure est incapable de se prendre en charge elle-même parce que ne possédant de revenus. Elle est à la charge des siens ou du père de son enfant ou de ses enfants ou encore les deux à la fois.

La femme émancipée est une personne mineure ayant donné la vie à un ou plusieurs enfants mais qui est mariée et qui est sous la responsabilité de son conjoint. Mais sa situation est souvent précaire du fait justement de l’incertitude qui pèse sur sa vie conjugale. Si, par un concours de circonstance, elle devient une fille mère célibataire et ne reçoit aucune aide , elle devra elle-même pourvoir aux besoins de ses enfants et à ses propres besoins, malgré son jeune âge. Ce qui l’expose à bien des situations difficiles et compromet l’avenir de ses enfants et le sien. Enfin, la fille mère adulte est celle qui a déjà l’âge de la fécondité. Elle a une capacité de discernement et est, de ce fait, responsable de ses actes et de leurs conséquences.

Aujourd’hui, le nombre de filles mères est de plus en plus élevé dans nos villes, précisément à N’Djaména. L’âge de quelques unes rencontrées, varie entre 14 et 17 ans. Il s’agit là de l’âge de la minorité et donc de l’immaturité. Les filles mères sont issues généralement de milieux pauvres. Et comme l’adage le dit : « La pauvreté est mère de tous les vices ». Pour la plupart, elles ont eu leur première expérience sexuelle à 12 ans et leur première maternité est intervenue à 14 ans. Quelques présents ou des billets de banque ont forcément une certaine influence sur ces jeunes filles qui, souvent malgré elles, vont avec des jeunes garçons ou des adultes afin de subvenir à leurs propres besoins alimentaires et financiers ou aux besoins des leurs. Ce phénomène qui suscite beaucoup d’inquiétudes, il s’explique par le fait que la plupart des familles pauvres n’arrivent plus à exercer leurs fonctions, notamment celle d’instance de socialisation et de protection de leurs membres.

De nombreuses filles deviennent des mères aussi parce qu’il faut « faire ses preuves ». La société tchadienne voit d’un mauvais oeil toute personne qui n’a pas de descendance. Alors, il faut « s’assurer », prouver qu’on n’est pas stérile. Mais, les conséquences sont souvent difficiles à gérer aussi bien pour la fille mère que pour son enfant.

Dangar Allahissem Martine

Source: Cefod

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