Le Tchad fête ses 48 ans d’indépendance.
La plupart des journaux ont consacré leur une à l’événement célébré de manière grandiose ce lundi 11 août 2008 à la Place de l’Indépendance, par un imposant défilé militaire.
Le quotidien Le Progrès du 12 août montre à sa une les parades des avions militaires, des missiles et autres canons antiaériens en titrant : « L’armée tchadienne dévoile son artillerie ». Pour le quotidien qui a réservé ses dernières pages pour présenter un album photos des ces engins de guerre, et ce sur deux numéros successifs, il s’agit d’un « échantillon d’arsenal pour marquer l’indépendance ». Sur ces photos, l’on peut voir des Toyota blindées équipées de monotube, des BM21 montés sur des véhicules, des camions porte-chars, des chars BMP, des VLRA équipés de bitubes antiaériens et multitubes 107 mm, des missiles transportés par des porte-chars, des chars d’assaut et des chars T55 et AML, des colonnes de Toyota équipées de bitubes antiaériens, des tracteurs de la compagnie agricole, des mortiers tractés par des camions, des VLRA de la compagnie Santé de l’Armée nationale tchadienne, etc.
L’hebdomadaire N’Djaména bi-hebdo a interrompu ses vacances pour sortir un numéro spécial consacré à la célébration de cette fête de l’indépendance. Pour notre confrère, « Idriss Déby Itno bande ses muscles ». Il a consacré également une double page pour présenter un album photos de l’événement. Avant de présenter l’armada militaire exhibée par l’armée ce 11 août, l’hebdomadaire a présenté les défilés des différents corps des forces armées et de sécurité du pays : les éléments de direction générale de sécurité des services et institutions de l’Etat (Dgssie), la brigade anti-émeute, les éléments motorisés de la brigade de circulation routière, les dames de l’armée nationale, les douaniers et les agents municipaux. Face à cet impressionnant arsenal, N’Djaména bi-hebdo se demande : « Si l’on peut comprendre que la conjoncture sécuritaire nationale et sous-régionale ait amené à privilégier l’aspect militaire des choses, l’on peut aussi s’interroger légitiment sur l’ampleur de la démonstration. Surtout que depuis des mois, les populations tchadiennes supportent très difficilement le renchérissement du coût de la vie. » Par ailleurs, l’hebdomadaire fait constater ceci : « IDI peut exposer fièrement son armada militaire, acquise à coup de milliards de pétro CFA, mais tout cela dissimule mal l’insécurité ambiante dans nos villes et sur nos routes où ses compatriotes sont en proie au grand banditisme et au phénomène des coupeurs de route ».
L’Hebdomadaire Notre Temps, pour sa part, a choisi de présenter, en plus de son album photos du défilé placé à la dernière page, les six présidents successifs du Tchad en titrant : « Indépendance : six présidents pour le pire ». Dans son éditorial, le « journal des sans voix » se demande ce « qu’apporte le Tchad et les Tchadiens en échange de ce qu’ils reçoivent des autres pays, des autres peuples ». Car, selon notre confrère, « le Tchadien n’a rien à brandir aux autres. Bien sûr, ceux qui en font un fonds de commerce et qui l’entretiennent évoqueront les longues années de guerre vécues par le pays comme obstacle à toute réalisation ». En recherchant les responsables de cet état de fait, Notre Temps répond : « Des Tchadiens, des Tchadiens avides de pouvoir, d’argent facile et de fastes (…) Une partie du peuple tchadien est responsable de ce qui se passe au Tchad. Ses leaders. Notamment sa classe intellectuelle, toutes origines confondues », devait-il conclure. Notre confrère L’Observateur, quant à lui, parle de « démonstration de force » en plaçant à la une la photo d’un porte-chars sur lequel sont montés des missiles. Pour lui, « la célébration du 11 août, jour de la proclamation de l’indépendance du Tchad, a donné l’occasion au président Déby de montrer à la face du monde, l’impressionnant arsenal de guerre qu’il a acquis avec l’argent du pétrole ». En rapportant les propos d’un confrère de la presse présidentielle qui s’émerveille que « c’est seulement un échantillon de notre arsenal de guerre (et qu’avec cela), les Tchadiens dormiront tranquillement », L’observateur rapporte aussi : « Ceux qui ont secoué la tête de dépit ou de crainte, ce sont les Tchadiens qui, en voyant une telle armada au service de Idriss Déby Itno, se disent : « Nous sommes foutus ».
Des N’Djaménois victimes des inondations
Le quotidien Le progrès, qui annonçait dans sa parution du 5 août dernier : « Certains quartiers de N’Djaména sont dans l’eau : les pluies torrentielles écroulent les maisons », revient rapporter que « face aux risques d’inondations, Mme Ngarmbatna Carmelle annonce (qu’un) fonds de solidarité a été initié ». Dans l’interview accordée à notre confrère, Mme Ngarmbatina, ministre de l’Action sociale et de la Solidarité, rentrée le 3 août de Sarh, où de grosses pluies s’étaient abattues déclare : « Nous avons constaté que (les) grosses pluies ont endommagé énormément les habitations ». Quant au bilan de N’Djaména après les pluies du 3 août, elle annonce : « Au quartier Am-Riguébé, dans le cinquième arrondissement, nous avons recensé 237 chambres écroulées, affectant la vie de 75 familles. A Ridina, la situation est plus sérieuse encore. Il y a 950 maisons écroulées et 366 familles sans abris. (…) C’est pourquoi, nous avons évalué l’assistance en termes financiers ».
Du pétrole dans le bassin de Bongor
« Du pétrole léger est découvert à Bongor », titre le quotidien Le Progrès du 14 août. Notre confrère rapporte le point de presse du ministre Pétrole, M. Mahamat Nasser Hassane qui a annoncé que « dès sa première année au Tchad, en qualité d’opérateur, suite au départ de la firme canadienne Encana, en janvier 2007, la China National Petroleum Campany Inc. (CNPCI), a foré huit puits d’exploration et d’évaluation, dont sept se sont révélés positifs ». « Une partie de la production du brut léger de Bongor va alimenter la raffinerie de N’Djaména (…) pour couvrir la demande nationale en produits pétroliers », a conclu le ministre.
Les ressortissants tchadiens en Centrafrique
Selon notre confrère L’Observateur qui a mis à profit le voyage de son journaliste à Bangui, il y a deux catégories de Tchadiens vivant à Bangui. « Il y a les « bons » Tchadiens que les Centrafricains appellent affectueusement « koya », c’est-à-dire « cousin », qui viennent pour la plupart des régions méridionales du Tchad. (…) », parce qu’il y « a des rapprochements entre des populations qui se trouvent aussi bien au Tchad qu’en Centrafrique (Kaba, Laka, Ngama, etc). » A côté de ceux-ci, les centrafricains redoutent ces « milliers de Tchadiens, venus des régions septentrionales du Tchad, qui ont le monopole de l’élevage et qui tiennent le commerce dans toute la RCA ». Selon l’Hebdomadaire, « les rapports des commerçants tchadiens avec les Centrafricains ont pris une tournure conflictuelle avec l’arrivée des combattants tchadiens qui ont conduit Bozizé de N’Djaména à Bangui pour prendre le pouvoir. (…) Les commerçants apparentés à ces combattants ont tendance à recourir à eux pour régler leurs problèmes avec les Centrafricains ». Cet état de fait a conduit à des conflits. Notre confrère rapporte toutefois les propos rassurants de M. Ngarasnan D. Rebeye, ambassadeur du Tchad en RCA : « Depuis la visite de notre président en novembre 2007, tous les malentendus ont été déblayés et nous ne rencontrons plus de problème comme auparavant ».
Nestor H. Malo
Source: CEFOD
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