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Tchad : Perpète, l’habitude des malheureux

Publié par ndouné sur 20 Août 2008, 04:32am

Catégories : #Politique

Deby est imprévisible. Adepte des contre-pieds, IDI dément les pronostics des courtisans. Il confond les griots et brise l’illusion des pouvoiristes qui peuplent les rangs des mouvements armés, dans l’espoir d’une « trahison », conjurent un fauteuil ministériel. Pluie d’une condamnation à perpétuité.

 

 

Issaka Diar l’a appris à ses dépens. Il doit à présent se mordre les doigts trempés dans la soupe du mercantilisme. Le jeu de deals et marchandage politique est une somme de calculs politiciens froids, l’équation personnel d’une convoitise du pouvoir ad vitam et les aspirations éparses de quelques quidams que le Prince n’hésitera pas à sacrifier sur l’autel des monarchies du Golf de Guinée. Auteur d’une dissidence dans les rangs de mouvement politico-armé d’Erdimi, Issaka Diar langue prise avec Deby, jubilait malicieusement. Au  bout de cette scission annoncée du RFC, le vieux Diar espérait couler des jours certes courts, mais tranquilles ; là où le miel ruisselle: Au Palais Rose.

 

Du vent, c’est la récompense politique offerte ironiquement au croulant Issaka Diar; et du coup, les espoirs d’une nomination au canton se dissolvent dans des sentences impitoyables. Il n’est plus à exclure l’hypothèse d’un accident cardio-vasculaire. Les chants des munitions ont échoué dans leur tentative de terrasser le kroumir Diar, or voici qu’une pichenette de Deby a définitivement brisé l’adepte du nomadisme politique.

 

La perpète brandit au bout d’une corde par Deby est un précepte de Machiavel, un dogme pour la survie du pouvoir. Agent déstabilisateur de la rébellion armée, Diar était dans les coulisses du Palais rose. Les Itnos avaient pris mandat auprès de Deby pour « discuter » avec les traites Diar et Bachar. L’idée d’un partage du « gâteau » de N’djamena aiguisait l’appétit des nomades politiques.

 

Le lourd fardeau des années à perpète est attaché au cou d’un autre affamé  du pouvoir. Haut gradé devant les casernes, Gl Hissein Hamita a lui aussi reçu un coup de massue. A longueur

de journées sur les ondes et les tubes catholiques de l’Etat, chantaient les louanges du despote, vilipendait les mouvements politico-armés. Chantant dans l’espérance, il appelait de tous ses vœux le poste stratégique et prestigieux de conseiller militaire à la présidence.

Dans l’anti-chambre du pouvoir, Diar et Hamita se frottaient délicieusement les mains. Le temps d’un autre remaniement, dont seul Deby détient les clés, ils devaient basculer dans le giron du cabinet presidentiel corrompu. Fini la discipline des mouvements politico-armés, les douceurs des portefeuilles de conseiller s’annonçaient. Illusion des traites.  

 

 

C’est donc dans l’apothéose, un succès politico- judiciaire total que la Cour Criminelle de N’djamena a achevé la liquidation des comptes politiques de Deby face à la rébellion.

 

A Dakar, les autorités sénégalaises promptes à pendre haut et court Habré sur les planches de la justice internationale se sont réveillées dans la stupéfaction. Peut-on condamner sans un jugement équitablement ? Le Sénégal du maître Wade s’est refusé d’endosser une pareille parodie. "C'est inattendu. Vraiment, nous sommes surpris", a expliqué le ministre de la Justice Madické Niang sur une radio privée sénégalaise.

 

D’un allié, ces propos sonnent forts, un désaveu politique. Le Sénégal-partenaire de Reed Brody et la faune des humanitaires n’étend pas cautionner les listes confectionnées par Deby et  envoyées à la Cour Criminelle pour simulacre d’une condamnation à mort.

 

Peut juger Habré, prononcer une sentence aussi lourde, sans détacher dans l’ombre les ficelles, la somme de combines, de culpabilités et de crimes de Deby ?

 

La vague de perpète qui se déverse sur les politico-militaires est une pluie sur le dos du canard. Les plumes aussitôt remues, les gouttelettes ruissèlent sans l’effet de froid escompté.

 

Dans les rangs des mouvements politico-armés hostiles au régime despotique de N’djamena, c’est la sérénité. Après la saison des pluies, vers le sulfureux mois d’Octobre, les chefs rebelles annoncent leur verdict : La tempête des canons sur le palais rose.

 

Qui massacre sous les chaînes de perpète, mourra par perpétue. Moralité de cette comédie judiciaire, l’exercice des condamnations par contumace est l’arme des poltrons, une guillotine – joker. Malheureux Deby ! D’un coup de baguette judiciaire, IDI comptait régler ses différends avec son prédécesseur et les chefs rebelles. Il vient de conjurer la foudre. Le ciel dans l’Est est nuageux, bruits de bottes, la silhouette d’un des dirigeants de l’opposition armée se profile sur N’djamena.

 

 

Par D.L de N’djamena-matin

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