Le dictateur fuit les soubresauts actuels. Vacances bien méritée ? Des dossiers pendants troublent son évasion à Fada.
Ibni Mahamat Saleh. La rébellion. La Banque Mondiale. Le peuple affamé. IDI aime la tranquillité ; et c’est connu. Il ne se forge pas un nouveau caractère : Le cheval Blanc, les liqueurs somptueuses. Douceurs de la vie. L’extase éthylique.
Dans une cité capitale au thermomètre sociopolitique en ébullition, Deby affectionne les prairies du silence. Fada, bourgade sahélienne, nouvel exil présidentiel. Le temps d’un soupçon écologique, l’homme qui a la « baraka » est en vacances.
Et dire que les mauvaises langues le vilipendent. « Deby fuit les réalités de l’heure », de pareille sons de cloche tintent dans les chaumières des n’djamenois. Au fait, que chercher Deby à Fada ?
Il se divertir, applaudit, se met plein la gueule. La recette des courses de chameau est toujours appréciée par Idriss, c’est une passion d’enfance. En compagnie de sa cour royale, il a assisté à une de ces compétitions de chameau très relevée.
La thérapie ludique prescrite par les neuropsychiatriques du président n’a pas porté les bénéfices escomptés. Des chameaux d’un autre genre trottaient dans l’esprit de Deby. La famille endeuillée de Ibni Mahamat Saleh, les calculs d’octobre de la rébellion, le retrait de la Banque Mondiale, le peuple et son cortège misérabiliste, ça courait de partout dans le psychique du despote aux mains maculées du sang.
Le « ça » et le « Surmoi » du patient Deby sont en agitation, perturbés par des actes peu glorieux refoulés dans le subconscient du dictateur.
Stressé par le froid qui souffle sur les relations entre la Banque Mondiale et Tchad, IDI avait sa coupe pleine. Le chemin de croix avait commencé par les fameuses conclusions sur le sort de Ibni, les faits se sont ligués en vaste complot contre le « prési » : A présent dans toutes les maisons, les tchadiens savent le martyr infligé à l’opposant par ses sbires. Quelle image ? Dictateur tortionnaire, naturellement.
Le grain de sel de Tirman Erdimi « Les combats reprennent à la fin de la saison des pluies ». Les piques de Mahamat Nouri « Deby pille les ressources du pétrole, le peuple paie » ; l’anti-Deby à outrance. L’humeur présidentielle mousse.
Par ces temps gris, alors que les rayons de la révolution d’octobre pointent, il ne fait plus bon de se laisser submerger par tous ces souvenirs.
Marcher, se détendre, se libérer ; sur les terres semi désertiques de Fada, Deby espérait trouver le nirvana, sommet de l’élévation. Fuite.
Au quotidien, IDI entend des voix, ça trotte dans son esprit ; c’est un patient pour les disciples de Freud. Il refoule les tranches de vie d’un monarque despotique.
« Cessez de voir cet opposant déjà sous terre partout, ce sont des chameaux » ; lui a dit son psychiatre : « Nous sommes en pleine course… de chameau ». Grosses gouttes de sueur, les yeux écarquillés, ciel, terre ; IDI est déconnecté.
Par D.L de N’djamena-matin
Commenter cet article