NEW YORK (Nations unies) - Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, recommande l'envoi de 6.000 Casques bleus au Tchad et en République centrafricaine (RCA) pour remplacer en mars la force de l'Union européenne (Eufor), dans un rapport au Conseil de sécurité publié mercredi.
L'Eufor est chargée de veiller à la sécurité d'une mission de police de l'ONU, la Minurcat, de faciliter le travail des humanitaires et de protéger les réfugiés du Darfour dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique, ainsi que les déplacés tchadiens et centrafricains, soit plus de 450.000 personnes.
Son mandat d'un an expire le 15 mars 2009. Elle compte environ 3.300 hommes, dont plus de la moitié fournis par la France. La question de sa neutralité a plusieurs fois été posée en raison de sa dominante française et du soutien accordé par l'ancienne puissance coloniale au régime du président tchadien Idriss Deby Itno.
M. Ban recommande que le Conseil de sécurité "conserve à l'état de projet" la résolution autorisant le déploiement d'une force onusienne, "jusqu'à ce que le Secrétariat (de l'ONU) ait reçu des engagements fermes de la part des Etats membres concernant les troupes et les autres éléments d'appui indispensables à la mission".
Il tire ainsi la leçon des énormes difficultés rencontrées par l'ONU pour parvenir à déployer les 26.000 hommes de la mission conjointe ONU-Union africaine au Darfour (Minuad) qui compte encore moins de 10.000 soldats sur le terrain plus d'un an après sa création par le Conseil de sécurité.
M. Ban note également que malgré les efforts des autorités pour tenter d'améliorer la situation, l'insécurité et l'instabilité au Tchad et en RCA restaient élevées.
"Dans l'est du Tchad, les attaques de voitures, vols à main armée et crimes divers contre les agents humanitaires nationaux et internationaux se sont poursuivis, réduisant leur capacité à aider" les réfugiés et personnes déplacées, écrit-il.
Dans un rapport publié la semaine dernière à Bruxelles, l'ONG Oxfam International affirmait qu'un an après ses débuts, la Minurcat était "incapable de faire face à l'insécurité" et elle réclamait le déploiement immédiat de policiers onusiens.
Selon Oxfam, l'Eufor "est seule sur le terrain" mais n'est pas adaptée pour lutter contre le banditisme et la criminalité, principales menaces pesant sur les civils, et n'est pas habilitée à entrer dans les camps.
L'ONG notait cependant que l'Eufor faisait "son travail", avait "réussi à rendre la vie plus sûre pour nombre de civils", et avait fait preuve de sa "neutralité" à plusieurs occasions, en protégeant des civils pris dans des combats entre forces gouvernementales et rebelles tchadiens.
Source : AFP – Romandie.com
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