Le président tchadien, Idriss Déby Itno, courtise – en vain, pour l’heure – plusieurs figures de l’opposition, invitées à rallier un gouvernement d’ « ouverture ». Parmi celles-ci, Lol Mahamat Choua, chef de l’Etat par intérim en 1979 et leader du Rassemblement pour la démocratie et le progrès, ainsi que l’ex-journaliste Saleh Kebzabo, chef de file de l’Union nationale pour le développement et le renouveau. « Avec Déby, tranche celui-ci, c’est impossible. Il ne changera jamais. » Réserve légitime : Ibni Oumar Mahamat Saleh, porte-parole de la Coordination des partis pour la défense de la Constitution, dont Kebzabo était l’adjoint, n’a pas survécu aux mauvais traitements qui lui ont été infligés en février dernier dans une des prisons secrètes du régime. Proche du Libyen Muammar Kadhafi, Saleh Kebzabo est en revanche disposé à jouer les intermédiaires entre le clan Déby et les chefs rebelles nordistes. Il a d’ailleurs profité d’un récent séjour à Paris pour plaider auprès de Bruno Joubert, « l’Africain » de l’Elysée, en faveur d’un dialogue politique sans exclusive.
Vincent Hugeux (L’Express n° 2985 paru le 18 septembre 2008, p.21)
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