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Tchad : Doba, une gloutonnerie présidentielle

Publié par ndouné sur 12 Octobre 2008, 02:47am

Catégories : #Politique

Cinq ans après le premier flot de pétrole, Deby se met plein les poches. Affamés, les tchadiens ploient sous un cycle misérabiliste.

 

Belle farce. Idriss Deby « nobélisé » ! Le glouton en chef des pétro - dollars du Tchad s’est vu épinglé un prix d’excellence sur son torse bombé d’hypocrisie. La grand’messe de célébration des 5 années de l’ouverture des vannes de Doba s’est achevée sur avec une médaille d’auto-glorification.

 IDI reçoit de ses affidés du secteur pétrolier, minier et gazier « pour couronner les efforts qu’il ne cesse de fournir dans la mise en valeur des ressources naturelles de son pays en vue d’améliorer les conditions de vie des Tchadiens ».

Le prétexte était aussi tout trouver pour blanchir les autorités tchadiennes après le désaveu froid de la Banque Mondiale « Je voudrais à cette occasion, lancer un appel à nos partenaires encore hésitants à s’associer à ce gigantesque chantier de développement économique et social du Tchad qui offre des perspectives meilleurs nous permettant de réduire les souffrances et le dénuement de nos populations. »

Paroles mielleuses. Intentions pieuses. L’Institution de Washington a rangé le Tchad dans le rang des Etats-gloutons des revenus de l’or noir. N’djamena s’est fiché dans  la posture de mauvais élève : « Les accords avec le Tchad ne fonctionnaient pas... Le souhait de la Banque mondiale n'est pas de sortir du Tchad, mais de contribuer à éradiquer la pauvreté dans ce pays... Nous n'avons pas suspendu nos relations avec le Tchad, c'est l'accord pétrolier qui n'a plus cours ». Michel Wormsseur, directeur de la Stratégie et des Opérations à la Banque Mondiale dénonçait la gabegie orchestrée autour des revenus annuels générés par le pétrole, plus d’un milliard et demi de dollar.

Peut-on croire que Deby soit, après cette brouille entre le Tchad et la Banque Mondiale, de bonne foi ? L’argent de la manne pétrolière irriguera-t-il les couches arides de la pauvreté au Tchad ?

Les incantations du Ministre du Pétrole trahissent l’embarras actuel des autorités tchadiennes. Indexé par la Banque Mondiale, N’djamena exhibe aux yeux des investisseurs et partenaires étrangers une poudre mirobolante.

Les « convictions »de Mahamat Nasser Hassan ou du moins ses appels de pieds en direction des investisseurs fait partie de la vaste fanfaronnade communicationnelle de N’djamena pour un retour en sainteté dans le giron des Etats pétroliers responsables.

La sentence  est sans appel : « Les fonds du projet de Doba ont contribué à l’édification par Deby d’une pétro - dictature ». Des milliards ont été pompés des caisses de l’or noir et injectés dans l’achat des armes, la militarisation du régime. Des miettes du « gâteau »  sont redistribuées à une clique d’opposants saisonniers.

Loin de s’auto-glorifier, IDI doit examiner sa conscience sur la gestion de l’oléoduc. La malédiction du pétrole s’abat sur le petit peuple.

Producteur de pétrole depuis 2003, le Tchad a déjà engrangé près de 8 milliards de dollars grâce aux puits de Doba. Deby, sous la coupe de la plus-value, nourrit les tchadiens du vent des illusions.

Le « prix d’Excellence » décerné à IDI n’est-il donc pas le cache-sexe d’un régime mis à nu pour sa gloutonnerie effrénée de l’or noir ? L’agitation festive autour de la célébration de l’anniversaire des puits de Doba voile une campagne de purification. N’djamena veut présenter patte blanche auprès des investisseurs refroidis par le bras de fer engagé entre le Tchad et la Banque Mondiale.

 La vérité du pétrole est implacable : Deby s’abreuve. Le peuple se noie dans la misère. Doba, un  oléoduc nommé malédiction !

Par A.K de N’djamena-matin
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