A N’djamena comme à la frontière avec le Soudan, IDI manifeste une gêne face à son entourage. Phobie d’enfance ?
IDI renoue avec le poncepilatisme. Il vilipende l’Union Africaine, méprise Khartoum et chasse les habitants de la capitale tchadienne.
Les chroniques villageoises, à Am Djeress, bled natal de Deby sont pleines d’anecdotes sur les traits de caractères du fils Itno. A la maison familiale, le jeune Idriss répugnait ses amis d’enfance. Il avait un sale caractère dans les relations avec les jeunes de son âge.
Et c’est justement ce vilain caractère qui le rattrape. Avec le géant voisin de l’Est, c’est le froid et le chaud. Diplomatiquement. N’djamena et Khartoum se regardent en chiens de faïence. IDI n’aime pas le contact, encore que la frontière d’Abéché suggère une galerie de souvenirs bien tristes.
Au lieu de régler cordialement ses relations orageuses avec son « ennemi d’en face », il préfère jeter la pierre sur l’Union Africaine. Dieu merci que Pierre Buyoya, ancien président du Burundi, est un homme rompu à ce genre de dénigrement.
Au palais rose : Deux hommes, des accolades, une poignée de main. Et une rhétorique diplomatique : « Le Tchad a toujours montré sa disponibilité à faire la paix avec son voisin de l’Est. Malheureusement, cette volonté n’est pas accompagnée par des actions concrètes de l’organisation continentale ». Les officiels du ministère des affaires tchadiens n’ont pas été avares en déclarations, sous le sceau de l’anonymat. « C’est une stratégie, le boss (Deby) ne voulait pas indexer ouvertement Béchir, alors l’unique parade diplomatique consistait à exprimer une colère contre l’Union Africaine ». Le langage diplomatie ! Subtilité d’hypocrisie.
Au cœur de la capitale, un autre cliché saisissant : Sous la main voilée de la mairie de N’djamena, Deby concocte un plan de démolition de ses voisins. Subconscient d’une enfance traumatisée ? Pas si sûr.
En février et juin dernier, à l’approche des affrontements avec les rebelles, IDI avait fait détruire des arbres et des habitations qu’il soupçonnait d’être des refuges probables pour la Résistance Nationale. Les maisons situées en face de l’école Hilé-Leclerc, au quartier Ridina ; carré 21 payent le prix fort de l’affolement présidentiel.
A coup sûr, Deby n’aime pas le contact avec ses « faméliques » voisins. Et c’est avec justesse que les n’djamenois considèrent le palais rose comme « une tour d’insolence érigée auprès d’une marée de misère ».
La Bastille, le Kremlin, la Tour d’Alexandre ; l’histoire enseigne que certaines révolutions se fixent sur les édifices de l’oppression. Il y a manière à s’éloigner de son voisinage, IDI le médite. Tristement...
Par D.L de N’djamena-matin
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