Le fait majeur des affrontements à l’Est entre IDI et les rebelles seraient l’ouverture d’un front direct sur le Soudan. Deby entend prendre l’initiative contre Khartoum. Avec la bénédiction de la Libye.
Thermomètre. Ça bouillonne plus que jamais dans la chaudronnerie tchadienne. Les agences du système des Nations Unies ont reçu les consignes claires, signes des jours incertains. De New York à Genève, des instructions claires et sans équivoques ont été adressées au personnel onusien : Faire des provisions d’au moins 3 semaines.
L’alerte de la tour de Manhattan en direction du personnel onusien stationné au Tchad traduit l’imminence absolue des affrontements entre la résistance nationale et les troupes gouvernementales.
Soutenu par la Libye, Deby projette prendre de cours les rebelles et lancer les offensives –surprises. Les manœuvres de l’armée de N’djamena indiquent clairement les supputations qui courent dans les salons des hauts gradés de la capitale.
Effet surprise. Deby, grâce à l’appui logistique de Tripoli, s’est offert un matériel impressionnant. Il a amassé un impressionnant matériel militaire à l'Est. La Libye a livré 10 portes chars pour transporter les blindés de N’djamena vers l’Est. Les mastodontes de guerre ne pouvant rouler rapidement, les portes chars pallieront à ce handicap. Mahamat Orozi a reçu dix pilotes Ukrainiens, apparemment des pilotes d'hélicoptères qui ont été acheminés à Abéché.
Une pierre, deux coups. Sur les conseils de ses généraux et certaines capitales occidentales, Deby veut lancer les hostilités à la frontière avec le Soudan. L’objectif des faucons de N’djamena est d’ouvrir un front militaire direct avec Khartoum. Les intentions d’Idriss Deby Itno sont à présent claires. Le Mouvement Justice Egalité (MJE), groupe rebelle anti- Béchir a été mis à contribution. Des armes, véhicules et munitions leurs ont été donnés. La ville d'El Géneina (ville soudanaise à 50 km de la frontière avec le Tchad) est la principale cible, site idéal. Cette ville, selon les calculs de Deby, doit être vidée et nettoyée des rebelles tchadiens et autres opposants qui viennent souvent se ravitailler. Le MJE a une feuille de route précise : Assiéger El Géneina et fixer Khartoum.
Manipulation. Les services de renseignements sont en alerte. Des rapports confidentiels tombent à coup. Le fax du palais rose crépite. Les tractations entre les leaders de la rébellion sont acheminées directement au secrétaire particulier de Deby. Le cercle des Itno est au parfum des conciliabules des rebelles. Deby est renseigné sur la position d’Adouma Hassaballah et l'UFCD, sur les sentiments de Timan Erdimi par rapport à Nouri. Stratège, le soldat-Deby sait que la division des uns et des autres, joue en sa faveur.
Superstition. Les blindés ne sont pas toujours rassurants. En Afrique, marabouts, gris-gris et pouvoir sont inséparables. Au palais présidentiel, 50 Marabouts se relayent nuit et jour pour lui faire des prières et des incantations dans le même but. A N'djaména, Abéché, Maiduguri, et Kano, un nombre impressionnant de marabouts travaillent nuit et jour pour que son pouvoir se pérennise.
Achat de conscience. Au Tchad, comme en France, des émissaires ont été envoyés en « mission commando ». Elle se résume en un programme simple. Acheter la conscience des militaires, politiciens et la société civile « affamés ». A Paris, des consignes précises ont été données à certaines rédactions et plus précisément aux Desk Afrique des médias français. Les rebelles ne doivent pas avoir accès aux antennes. La désinformation doit être menée depuis les antennes et les relais des médias proches du Quai D’Orsay. Le ministère tchadien de la communication est au four et aux moulins afin que la visibilité de la résistance nationale soit nulle auprès des médias et des tchadiens.
Les actes de la guerre se dessinent avec certitude. Deby lance ainsi son « va-tout ». Les étincelles du changement.
Par D.D de N’djamena-matin
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