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UNE VOITURE TUNISIENNE BIENTOT SUR LES ROUTES

Publié par ndouné sur 1 Novembre 2008, 01:40am

Catégories : #Economie

La première voiture conçue et fabriquée par une équipe à 100% tunisienne a été parmi les grandes révélations du Mondial de l’automobile de Paris clôturé le 19 octobre. Son constructeur dispose déjà d’un carnet de commandes bien garni.

 

Jusqu’à l’ouverture du Mondial de l’automobile à Paris, Zied Guiga, PDG de la société Wally’s Car, était un illustre inconnu, y compris dans son pays. C’est que ce Tunisien âgé de 27 ans a réussi à garder le secret sur un projet qui lui tenait à cœur depuis 2005 : une voiture conçue et fabriquée par une équipe 100% tunisienne. Présenté pour la première fois ce mois-ci au Parc des expositions, Porte de Versailles, le véhicule baptisé « Wallys Izis » a fait sensation dans les allées du hall 3 du salon. Il s’agit d’une élégante voiture de plage à deux places, qui a déjà obtenu l’homologation européenne en matière de sécurité et de respect des normes environnementales.

C’était, à son début, une histoire un peu hollywoodienne. Rentré au bercail avec un diplôme de l’Ecole hôtelière de Lausanne, le jeune tunisien, passionné d’automobile, se destinait à une brillante carrière dans le secteur touristique. Mais c’est une rencontre avec René Boesch, ami de son père et ancien actionnaire du constructeur automobile Grandin, le fabricant des petites Jeep Dallas ayant marqué les années 80, qui a ravivé sa passion pour les quatre roues et modifié le cours de sa vie. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la première voiture tunisienne reprend le code stylistique de la gamme Jeep : calandre à six ouïes verticales, pare-brise rabattable, phares ronds…  

 

Conseil précieux

 

Comme les Citroën Méhari, Renault Rodéo ou Austin Mini Moke, la Jeep Dallas avait été condamnée par l’évolution des normes de sécurité en vigueur en Europe. Mais Zied Guiga et son associé américain ont identifié une petite brèche par laquelle ils n’ont pas hésité à s’engouffrer. « Gilles Chandenier, patron de CG Conseil Homologation, nous a conseillé d’opter pour une voiture légère à deux places, un genre exempté de crash test par la règlementation européenne », précise M. Guiga, joint par téléphone à Paris. L’ancien actionnaire de Grandin et le jeune tunisien ambitieux ont alors entrepris des démarches pour la création de la société Wally’ s Car. Entre temps, ils ont réussi à convaincre d’autres hommes d’affaires maghrébins et singapouriens de renforcer leurs rangs et à recruter localement une quinzaine d’ingénieurs.

 

Normes Euro IV

 

L’essentiel de la partie mécanique du walis Izis est une base PSA (Peugeot-Citroën) : moteur, freinage et colonne de direction, trains avant et arrière. « Ce choix est essentiellement motivé par la volonté de permettre aux futurs acquéreurs du véhicule de trouver les pièces de rechange partout dans le monde », explique le PDG de Wallys Car. Et de renchérir : « Les autres composants (câbles, carrosserie, châssis, joints…) sont par contre à 100% tunisiens. » En décembre 2007, les tests techniques ont débuté, toujours dans le plus grand secret, sur le circuit de Montlhéry, en région parisienne, pour se terminer en février 2008. La première voiture tunisienne est enfin prête.

 

Commandes fermes

 

« La Wallys Izis sera proposée à 10 000 euros hors taxes en version deux places en Europe à partir de mars 2009, et en version quatre places en Tunisie quelques mois plus tard », précise M. Guiga, indiquant que sa société a déjà reçu des « commandes fermes ».

Selon lui, des contacts « très avancés » ont déjà eu lieu, à Paris, avec des éventuels concessionnaires en Europe et au Maghreb. Mais ce n’est pas tout. Wally’ s Car, qui travaille sur un modèle long, plus utilitaire, adapté à l’agriculture des pays en voie de développement, envisage de vendre des lignes d’assemblage « clés en main » à des industriels intéressés en Amérique latine.

Le nouveau venu au monde des constructeurs automobiles emploie actuellement quinze ingénieurs et des dizaines d’ouvriers dans sa première unité de production, à La Marsa. Ces chiffres devraient doubler d’ici décembre prochain afin de produire entre 500 et 600 véhicules en 2009.

 

Par Walid Kéfi, Tunis

Source : Les Afriques

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