Des dizaines de milliers de populations recasées dans des camps de fortune, menaces d'épidémies, familles séparées; le lourd tribut " humain" laisse une zone d'ombre sur les présumées alternances par les armes. Etudes de cas en RDC et au Tchad.
Les commentaires des spécialistes de la RDC restent extrêmement déçus par le drame humanitaire dans l'Est de ce vaste pays aux richesses convoitées. Que vaut une offensive armée alors que des centaines de milliers d'habitants sont dans des conditions de vie insupportables. Diarrhée, cholera, parents et enfants séparés, les séquelles de la poussée des troupes du général Nkunda sont des blessures pour la dignité humaine et laisse sous- jacente cette réflexion: Quelles sont les motivations profondes du dissident Nkunda.
Populations, dit-on "rwandophones" et proches de Kigali, les habitants de l'Est de la RDC sont la monnaie d'échange d'un marchandage politico- financier sous fond de convoitise des richesses du sous- sol de cette partie, tendon d'Achille du pays de Laurent Kabila.
Le cessez- le feu unilatérale décrété par le général dissident de Kinshasa visait peut-être à détacher les projecteurs des médias de l'opinion internationale sur la marrée humaine désorientée et apeurée sur les routes de l'Est de ce pays.
Les motivations de Nkunda et le "prix du sang" véhiculent en filigrane les jeux d'alliances maffieuses entre certaines capitales africaines limitrophes au Congo démocratiques. Marchands d'armes, holdings miniers, politiciens corrompus et militaires avides de pouvoir se sont associés dans ce consortium du crime des richesses.
Déconnectés géographiquement et affectivement de Kinshasa, les habitants de l'Est, strates de vagues successives des habitants du Rwanda, ont toujours observé des zones de résistance mentale face à une "congolisation", ce qui revient à dire que ces habitants arrivés à l'Est ont conservé un lien ombilical avec le Rwanda. Le désir ardent de se "rattacher" même aux chants des armes remet davantage la démarche sécessionniste de Laurent Nkunda.
Le scénario de cette fin d'octobre avec les attaques rebelles en RDC remettent au goût de la réflexion les aspirations aux changements politiques au Tchad par ... les armes.
La population tchadienne sera-t-elle la monnaie d'échange, une sorte de zone tampon entre rebelles anti- Deby et le pouvoir de N'djamena?
Les épisodes armées de février et juin 2008 au Tchad laissent présager que les mouvements politico- militaires se détacher des perspectives de saignée humaine. Il faut dans le contexte tchadien questionnaire le contexte, la géographie des attaques rebelles.
Autant le dire, le drame des centaines de milliers de populations en "exode" sur les routes du chaos dissout toute aspiration au changement par les chars et les kalachnikovs.
Les rebelles de la résistance nationale sauront-ils intégrer la préservation des innocentes populations dans leur quête d'alternance au sommet de l'appareil étatique. La crédibilité de l'action des mouvements politico-militaires dépend avant tout de la sécurisation des populations.
Par D.L de N’djamena-matin
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