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Violents combats au Nord-Kivu malgré les promesses du chef rebelle Nkunda

Publié par Ndouné sur 18 Novembre 2008, 03:05am

Catégories : #Afrique

En dépit des promesses du chef de la rébellion, le Nord-Kivu a connu lundi certains de ses plus violents affrontements en une semaine, des dizaines de milliers de personnes désertant en masse les villages de montagne, fuyant l'avancée des rebelles vers le nord de la province et la ville stratégique de Kanyabayonga.

Ces combats avaient lieu alors même que le général déchu Laurent Nkunda parlait paix et consolidation du cessez-le-feu avec l'émissaire spécial des Nations unies pour la crise dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo.

"Ils continuent leur offensive plus au nord", a déclaré le porte-parole militaire de la MONUC, la mission de l'Onu au Congo-Kinshasa, le colonel Jean-Paul Dietrich. "Cela prouve qu'ils ne respectent pas le cessez-le-feu qu'ils ont eux-mêmes déclaré".

A cela, le porte-parole de la rébellion Bertrand Bisimwa a répondu que les forces du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) ne faisaient que se défendre des attaques de l'armée.

Kanyabayonga, la ville qui contrôle l'accès à tout le nord de la province, était quasiment vide, et les rares habitants qui y restaient se préparaient lundi à partir, rassemblant quelques biens avant de prendre la route, à pied. Des soldats de l'armée congolaise eux aussi fuyaient l'avancée des rebelles.

Dimanche soir, les combats s'étaient en effet déroulés à Rwindi, à 17km de Kanyabayonga et à 125 km au nord de Goma, la capitale provinciale. De violents combats se sont également déroulés à Ndeko, 90 km au nord de Goma.

Lundi, les soldats du CNDP circulaient tranquillement dans Rwindi, transportants générateurs ou caisses de munitions. La localité, toute petite, abrite des bureaux du Parc national des Virunga, ainsi qu'une base de Casques bleus protégée par les barbelés et sacs de sable: environ 150 personnes avaient tenté de s'y protéger des combats dimanche, sans pouvoir y entrer cependant.

A Kinshasa, et "vu la nécessité et l'urgence", le président Kabila a nommé lundi un nouveau chef d'état-major général de l'armée, le lieutenant-général Didier Etumba. Il était jusque là chef des forces navales et s'occupait récemment du Processus Amani, structure destinée à promouvoir l'intégration dans l'armée des différents groupes armés.

Les affrontements entre groupes armés, récurrents depuis des années dans les Kivu, ont connu une violente escalade au mois d'août, les hommes de Nkunda passant à l'offensive, et arrivant fin octobre aux portes de Goma, après avoir chassé sur les routes environ 250.000 déplacés.

Nkunda a quitté l'armée régulière en 2004, s'autoproclamant défenseur de la minorité tutsie dont il est issu, contre d'anciens miliciens hutus rwandais ayant participé au génocide de 1994 de l'autre côté de la frontière et réfugiés depuis en RDC. Au moins 500.000 Tutsis et Hutus modérés ont été massacrés au Rwanda au printemps 1994.

Le gouvernement de Kinshasa se dit prêt à rencontrer Nkunda, mais en même temps que les nombreuses autres factions rebelles de la région. L'ancien général Obasanjo a entamé une médiation sur le terrain, rencontrant successivement le président Joseph Kabila à Kinshasa, puis Nkunda au Nord-Kivu, avant de partir pour Kigali.

"Il est faux d'assumer que le Rwanda détient les commandes de Nkunda (...) c'est une approche simpliste du problème et cela le complique encore plus", déclarait lundi aux journalistes le président rwandais Paul Kagame.

Source : AP

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