Reçu en audience par Deby, Bassolé Djibrill a tiré une sonnette d’arme. Et IDI de compatir. Mouchoir, le pyromane pleure pour les civiles massacrés.
Politicien sans vergogne. Deby ! Sans façon. IDI parle du Darfour. Surprise : Le pyromane joue le sapeur pompier.
Visage rayonnant, poignée de main chaleureuse. Le locataire du palais rose s’est répandu ce lundi en une longue tirade du cœur. Dans un costume d’humanitaire de circonstance, IDI a fait vibrer sa fibre pour les populations faméliques de l’Ouest Soudan, région traversée par des spasmes de violences inter- ethniques orchestrés par la milice de Deby : Le Mouvement Justice et Egalité (MJE).
Dans le secret de sa haine contre Khartoum, il instrumentalise, finance et offre des bases arrières aux rebelles soudanais impliqués dans les sanglants affrontements au Darfour.
Au salon d’honneur du palais présidentiel ce 17 novembre 2008, Deby ne s’est pourtant pas renié. Devant le miroir, il s’est confessé à lui-même : « C’est un rituel diplomatique comme tant d’autres, écraser une larme pour le drame humanitaire ne fait pas de mal. ». Etrange voix intérieure.
Le médiateur de l’Union africaine et des Nations- Unies pour le Darfour, Bassolé Djibrill s’est fendu dans un réquisitoire. Peine perdue. Deby n’est plus sensible aux drames des populations réfugiées. L’émissaire mandaté par les instances onusienne et africaine a produit une copie de la situation tragique sur le terrain. Un tableau sombre qui a laissé de marbre le despote tchadien.
Dans un langage châtié et les usages diplomatiques, Bassolé Djibrill a exhorté Deby afin qu’il freine les ardeurs guerrières des miliciens du Docteur Khalil.
Hasard de calendrier ? Bassolé Djibrill a soufflé un mot à IDI sur le très sensible dossier de la reprise des relations diplomatiques avec Khartoum. Prévisions météo, IDI sait lire dans le ciel les signes de dégel et de « chaud » diplomatique. N’djamena et Khartoum ; pour le meilleur et pour le pire. Un peu comme un air de : « Je t’aime, moi non plus ».
Sourire aux lèvres, le boss de la pétro-dictature s’est montré sous ses grands jours d’homme épris de paix. Duperie d’Etat ! Au fait, où se dirigent en trompe les 200 véhicules lourdement armés par N’djamena et constitués des miliciens du MJE ?
La lune de miel diplomatique entre les capitales ennemies ne saurait perdurer en intensité. De l’autre côté de la frontière, IDI s’impatiente. Il a juré de se payer la tête de son encombrant voisin. Selon ses prévisions, le Soudan serait attaqué simultanément avec les bases arrières des groupes rebelles anti- Deby.
L’exercice et la conservation du pouvoir a rendu le soldat-Deby insensible aux cris des populations. Monstre froid. Affamé du pouvoir. C’est l’effet de la dictature sournoise du luxe.
Larmes de crocodile. Par ces jours de justice internationale, Deby se doit bien de jouer la partition de l’apaisement. Les rafales de mitraillettes, les colonnes de déplacés ne sont que les pièces d’un puzzle de déstabilisation de la région pour légitimer un pouvoir cynique.
Le balai diplomatique peut s’enchaîner. Avec le même cliché : Sourire aux lèvres et émotion compatissante. La politique, l’art des apparences…
Par A.K de N’djamena-matin
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