DOHA, 1er décembre -- Lors de la quatrième table ronde organisée dans le cadre de la Conférence de Doha, les participants se sont penchés sur les questions touchant au renforcement de la coopération financière et technique internationale au service du développement.
Ils ont notamment estimé que la crise financière actuelle ne devrait pas servir d’argument aux pays donateurs pour ne pas honorer leurs engagements en matière d’aide publique au développement (APD). Les panélistes ont indiqué que l’amélioration de la distribution et de l’utilisation de l’aide était une responsabilité partagée entre pays développés et en développement, dont l’action commune doit être guidée par les principes de la Déclaration de Paris de 2005 sur l’efficacité de l’aide et du Programme d’action adopté en 2008 à Accra.
La maîtrise nationale des politiques publiques, l’harmonisation des procédures de décaissement des fonds de l’APD et la gestion axée sur les résultats ont été présentées comme des principes de base devant permettre aux pays les plus fragiles de répondre aux besoins d’urgence et, à terme, de piloter leur propre développement. Sur ce dernier point, des participants ont rappelé que la réalisation des OMD reposait sur un flux financier d’aide constant devant être réparti en fonction des priorités identifiées par les gouvernements. Pour ce faire, ont-ils demandé, il faut que les pays récipiendaires améliorent leur gouvernance et renforcent la transparence de leur pratique de gestion de l’aide. Les conférenciers ont également plaidé pour la mise en œuvre de mécanismes innovants de mobilisation des ressources de financement du développement, dont une éventuelle taxation solidaire de toutes les devises internationales du système financier.
La table ronde a en outre convenu que, dans le contexte actuel de la crise financière, la conclusion du Cycle des négociations commerciales de Doha était vitale pour donner aux économies en développement, en particulier celles des pays africains, les moyens de riposter à la volatilité des prix des matières premières et à la baisse concomitante des revenus nationaux bruts tirés des exportations. Le Président de la Commission de l’Union africaine (UA), M. Jean Ping, a ainsi souhaité, comme l’avait demandé samedi dernier le Président de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), M. Pascal Lamy, lors de la plénière, que soit levées les subventions agricoles protégeant les puissants pour qu’« enfin », les produits des pays en développement puissent avoir accès au marché.
Échange de vues
Le représentant de Bahreïn a appelé à la refonte de l’architecture de l’aide en tenant compte des besoins et priorités identifiés par les pays. « Nous devons repenser le système sur cette base qui suppose une coordination accrue entre pays donateurs et récipiendaires, a-t-il dit. Le représentant du Tchad a souhaité que l’on rende l’aide plus efficace en harmonisant l’action des États et des acteurs du développement. « Nous savons que la crise financière va entraîner une diminution supplémentaire de l’aide, et c’est pourquoi nous devons nous accorder sur les moyens de maximiser ce dont nous allons disposer », a-t-il estimé. Il a également souhaité que le secteur privé soit plus impliqué et que les problèmes liés aux aspects logistiques et d’infrastructure en général ne soient plus relégués au second plan des grands accords de coopération.
Le représentant du Soudan a emboîté le pas de son homologue tchadien en disant que les répercussions de la crise sur les flux financiers allaient pousser les pays africains à mieux s’organiser, à utiliser efficacement ce qu’ils recevront. Les pays donateurs doivent toutefois honorer leurs engagements pour empêcher un véritable désastre à court terme, a-t-il ajouté, déclarant que l’Afrique n’avait pas besoin de compassion mais d’actions concrètes. Une représentante de la société civile a, elle aussi, plaidé pour la taxation des devises internationales afin de rendre l’impôt solidaire à l’échelle mondiale. De son côté, le Ministre des finances du Bangladesh a fait de la distribution de l’APD le cœur de l’action en faveur du développement, et ce quels que soient les volumes mobilisés. La valeur de l’aide doit être fonction du nombre de pauvres, pas de la taille de la population, a-t-il dit, l’APD étant en outre trop fragmentée alors que la lutte contre la pauvreté est la première priorité. (…)
Source : ONU (Communiqué de presse)
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