La rébellion tchadienne solidaire d'El-Béchir
La rébellion tchadienne a exprimé mercredi auprès de l'AFP sa "solidarité avec le président (soudanais) el-Béchir, estimant que le mandat d'arrêt lancé par la Cour pénale internationale (CPI) contre lui "n'a aucun sens".
"Ce mandat est injuste et disproportionné. Le véritable coupable de la crise du Darfour est Idriss Deby Itno (le président tchadien) qui a soutenu et organisé la rébellion (au Darfour) et qui a causé ces dégâts par un règne calamiteux. El-Béchir n'a fait que se défendre", a encore précisé le porte-parole, joint par téléphone depuis Libreville.
Base arrière des rebelles, le Soudan est souvent considéré comme le principal soutien de l'opposition armée tchadienne dont les chefs ne sont toutefois pas tous appréciés par Khartoum, selon des sources proches de la rébellion.
Interrogé sur les intentions de la rébellion, M. Koulamallah a répondu: "Nous sommes toujours dans les dispositions pour un accord politique mais Deby a un discours va-t-en guerre. Il refuse toute solution politique. L'affrontement est inévitable et inéluctable. "
"Nous ne renonçons pas à notre ambition démocratique ou par le dialogue ou par la voie des armes. Nous privilégions encore le dialogue. Quand on voit le dispositif militaire mis en place par Deby dans l'est du pays, cela présage de son intention délictueuse", a ajouté le porte-parole.
"Pour le moment, nous naviguons autour de la frontière. Nous nous attendons à des attaques à tout moment. Notre vocation avant tout est de renverser Deby, pas de faire une promenade de plaisir. Nous voulons éviter la souffrance d'une guerre de notre peuple mais nous débarrasserons le Tchad de son règne calamiteux", a conclu M. Koulamallah.
Source AFP
A lire aussi
Les réactions internationales qui ne soutiennent pas la décision de la CPI
Russie : Mikhaïl Marguelov, émissaire pour le Soudan du président russe Dmitri Medvedev : il considère que le mandat d'arrêt émis contre Omar el-Béchir va créer un "dangereux précédent". "La décision inopportune de la CPI va créer un dangereux précédent pour le système des relations internationales et risque d'avoir des conséquences négatives sur le Soudan". (Cité par l'agence Ria Novosti, mercredi 4 mars).
Union africaine : Jean Ping, président de la Commission de l'UA : Le mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) contre le président soudanais Omar el-Béchir "menace la paix au Soudan". "Je viens d'apprendre la décision de la CPI de lancer un mandat d'arrêt contre le président du Soudan et tiens à souligner d'abord que la position de l'UA est que nous sommes pour la lutte contre l'impunité, il n'est pas question pour nous de laisser les auteurs de crimes impunis". "Mais nous disons que la paix et la justice ne doivent pas s'affronter, que les impératifs de justice ne peuvent ignorer les impératifs de paix". Cette décision de la CPI "menace la paix au Soudan". "Les questions de paix sont si importantes que la justice doit prendre en compte ces questions au Soudan comme elle le fait partout ailleurs".
"Or, nous constatons que la justice internationale ne semble appliquer les règles de la lutte contre l'impunité qu'en Afrique comme si rien ne se passait ailleurs, en Irak, à Gaza, en Colombie ou dans le Caucase". (Déclaration à l'AFP, mercredi 4 mars)
Egypte : Ahmed Aboul Gheit, ministre égyptien des Affaires étrangères : l'Egypte "appelle le conseil de sécurité des Nations unies à se réunir en urgence (...) dans le but de prendre une décision appelant à la mise en oeuvre de l'article 16 (prévoyant que la) Cour retarde l'inculpation" du président soudanais. L'Egypte est "très troublée" par la décision de la CPI et appelle le conseil de sécurité à "assumer ses responsabilités dans le maintien de la paix et de la sécurité au Soudan". (Cité par l'agence officielle Mena, mercredi 4 mars).
Ouganda : le ministre ougandais des Affaires étrangères Sam Kutesa : "Nous pensons que le mandat d'arrêt peut être suspendu pour trouver un juste milieu entre une levée de l'impunité et une paix durable au Darfour". L'Ouganda soutient la position de l'Union Africaine (UA), pour laquelle le mandat d'arrêt de la CPI "menace la paix au Soudan". "Il faut trouver un équilibre". (Déclaration à plusieurs journalistes après une réunion à Londres de ministres du Commonwealth, mercredi 4 mars).
Le mouvement palestinien Hamas : "Le Hamas dénonce avec force la décision arbitraire prise par la CPI qui (...) montre que les Nations unies sont bien un instrument aux mains des grandes forces internationales, notamment les Etats-Unis". Le mouvement islamiste appelle la CPI à "émettre plutôt des mandats d'arrêt contre les criminels de guerre israéliens qui ont commis des massacres barbares contre les peuples palestinien et libanais, comme (le président) Shimon Peres, (le Premier ministre) Ehud Olmert, (le Premier ministre pressenti) Benjamin Netanyahu et les autres grands criminels israéliens". Le Hamas annonce en outre son "soutien total au président Omar el-Béchir face à cette attaque américano-sioniste". (Communiqué, mercredi 4 mars)
Ethiopie : Bereket Simon, ministre éthiopien de la Communication : "L'Ethiopie soutient la position de l'Union africaine (UA) et de l'Igad sur cette question, et croit que l'approche de la CPI n'aide pas à la résolution de la crise au Darfour", région de l'ouest du Soudan. "Nous avons toujours défendu cette position et nous avons soutenu depuis le début un report de cette mise en accusation".
Interrogé pour savoir si Addis Abeba n'exécutera pas le mandat d'arrêt de la CPI si Omar el-Béchir se rend en Ethiopie, le ministre a répliqué : "absolument".
L'Ethiopie est voisine du Soudan et les deux pays sont membres de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad) qui rassemble notamment l'Ouganda, le Kenya, Djibouti.
L'Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad, six pays d'Afrique de l'Est) et l'UA ont à plusieurs reprises exprimé leurs craintes sur l'émission du mandat d'arrêt contre le président Béchir, estimant que cette décision risquait de mettre sérieusement en péril les processus de paix en cours dans ce pays, notamment au Darfour.
(Déclaration à l'AFP, mercredi 4 mars)
Libye : le ministre libyen chargé des affaires africaines, Ali Triki : "C'est une décision illégale que nous refusons et qui n'engage pas la Libye". Elle "vise à saper la sécurité et la stabilité au Soudan et en Afrique".
"Ce qui s'est passé au Darfour n'équivaut pas aux crimes commis en Palestine, en Irak et en Afghanistan. Pourquoi (la CPI) ne juge pas (l'exprésident américain) George W. Bush pour ses crimes". (Déclaration à l'AFP, mercredi 4 mars)
Le Conseil de la Ligue arabe : le secrétaire général de l'organisation panarabe, Amr Moussa : il se dit "très troublé" par la décision de la CPI de délivrer un mandat d'arrêt contre le président soudanais Omar el-Béchir pour des crimes au Darfour. (Déclaration au Caire, mercredi 4 mars)
Source: LeNouvelobs.com

Béchir: La CPI comparée à Lady Macbeth...
L'ambassadeur du Soudan auprès de l'ONU a paraphrasé Lady Macbeth, épouse d'un roi meurtrier rongée par les remords de sa complicité, pour s'insurger de la décision de la Cour pénale internationale (CPI) de lancer un mandat d'arrêt contre le président soudanais Omar Hassan el-Béchir. "Tous les parfums d'Arabie ne laveraient pas cette impureté", a déclaré Abdalmahmoud Abalhalim, ajoutant que "pour nous, la CPI n'existe pas (...) et nous ne coopérons en aucune façon avec elle"". "Tous les parfums d'Arabie ne purifieraient pas cette petite main", avait en son temps dit l'épouse du roi Macbeth, dans la tragédie éponyme de William Shakespeare...
Source : Le JDD
La Ligue arabe au secours de Béchir
La Ligue arabe va dépêcher une délégation au Conseil de sécurité des Nations unies pour demander un report de la diffusion du mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) contre le président soudanais Omar Hassan el-Béchir. L'organisation fait part de sa solidarité avec le Soudan "face aux projets portant atteinte à sa souveraineté, sa stabilité et son unité". Le Conseil de sécurité de l'ONU peut repousser d'une année les procédures de la CPI.
Source : Le JDD
Des ONG interdites d'activité au Soudan
Le Soudan a retiré mercredi à au moins six organisations humanitaires, dont la britannique Oxfam, l'autorisation d'opérer sur son territoire, a-t-on appris auprès des groupes concernés. Cette mesure fait suite à la décision de la Cour pénale internationale d'émettre un mandat d'arrêt contre le président soudanais Omar Hassan al Bachir, pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour. Oxfam a précisé qu'aucun motif n'avait été avancé par les autorités soudanaises et a dit ignorer si ses volontaires seront expulsés du pays. Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon "constate qu'il s'agit d'un sérieux revers pour les opérations menées au Darfour en vue de sauver des vies humaines et exhorte le gouvernement soudanais à prendre sans attendre des mesures pour rétablir le statut opérationnel de ces ONG", a-t-elle dit.
Source : Le JDD
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"La CPI est-elle destinée à poursuivre seulement les Africains ?"
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Le mandat d'arrêt international lancé par la Cour pénale internationale (CPI) à l'encontre du président soudanais Omar Hassan Ahmed al Bashir est venu "compliquer les choses", a déclaré le président sénégalais, Abdoulaye Wade, ce mercredi à Dakar.
"C'est ce qui a créé un recul des négociations entre le Tchad et le Soudan", a estimé le chef de l'Etat sénégalais, qui s'est indigné par ailleurs du fait que la CPI donne l'impression ne n'exercer ses compétences contre des dirigeants africains.
"Au vu de la manière dont elle fonctionne, beaucoup d'Africains ont l'impression que la Cour pénale internationale est un tribunal destiné à poursuivre seulement les Africains", a souligné Me Abdoulaye Wade, en allusion à l'arrestation par la CPI de l'ex-chef d'Etat libérien, Charles Taylor, et aux nombreux dossiers détenus par cette juridiction des Nations unies pour poursuivre d'autre dirigeants africains.
La CPI, qui a son siège à La Haye, aux Pays-Bas, a délivré mercredi un mandat d'arrêt contre le président al Bashir pour "crimes contre l'humanité et crimes de guerre" au Darfour, la région de l'Ouest du Soudan en proie à une guerre civile depuis 6 ans.
Le gouvernement soudanais a soutenu que cette décision n'avait aucune valeur et considéré la démarche de la CPI d'injuste et portant atteinte à la souveraineté du Soudan. Ce mandat d'arrêt est le premier du genre lancé contre un chef d'Etat en exercice depuis l'institution de cette Cour par la Convention de Rome en 2003.
Source: Grioo.com
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"la CPI fait beaucoup de politique et peu du droit"
"Pour le tiers monde, la CPI, le droit occidental, s’acharne sur ce continent", affirme Roland Marchal. "L’opinion publique africaine considère la Cour comme un instrument occidental pour recoloniser l’Afrique", ajoute-t-il, précisant que ce discours n’est pas seulement l'apanage des dirigeants, mais aussi celui des populations.
"D’ailleurs, la Cour vise les ennemis des grandes puissances", constate-t-il, notant que l'Angolais José Eduardo Dos Santos n’a jamais été jugé, ni Idriss Déby Itno au Tchad. Puis il ajoute : "Depuis trois jours, la presse locale se demande pourquoi la CPI ne s’occupe pas de l’Irak, de la Palestine…"
Roland Marchal, chargé de recherche au CNRS, spécialiste de l’Afrique subsaharienne.
Source: Blog Makaila
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