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RFI : le tandem Ockrent-Pouzilhac devant les tribunaux

Publié par Ndouné sur 5 Mars 2009, 05:12am

Catégories : #Médias

Le TGI de Paris juge ce matin les irrégularités de procédures du plan social de la radio internationale, décidément mal ficelé.

C’est un jugement attendu avec un poil d’anxiété à l’Élysée. Saisi en référé par le comité d’entreprise, le tribunal de grande instance de Paris doit décider aujourd’hui si les procédures légales ont bien été respectées dans le cadre du plan social annoncé à RFI. Si le juge donne raison à l’intersyndicale (CGT-FO-SNJ), c’est tout le bel édifice de ce plan de licenciements mené à la va-vite qui s’effondre. Et, alors que la direction de l’entreprise dont l’État est l’unique actionnaire, espérait avancer rapidement et sans faire de vagues, tout serait à reprendre à zéro. Même temporaire, cette bouffée d’oxygène donnerait aussi l’occasion aux journalistes de RFI de mobiliser l’opinion. Ce que l’Élysée redoute par-dessus tout.

À l’heure où le gouvernement se répand partout sur le thème « l’emploi est notre priorité » voir l’État, mener un plan social aussi musclé : moins 200 salariés soit près du cinquième des effectifs, brouille un peu le plan com’. Et puis mettre deux cents journalistes sur le carreau en ce moment, discrédite quelque peu les beaux discours de Sarkozy aux États généraux de la presse.

Débarquer les vieux de RFI pour mettre des jeunes à France 24

L’espoir aujourd’hui des salariés de RFI est que dans sa volonté de faire vite, le tandem de choc Pouzilhac-Ockrent (dit « Poupou » et « Titine ») a semble-t-il brûlé quelques étapes. Le document sobrement intitulé « projet de plan global de modernisation » présenté au comité d’entreprise en janvier et qui fixe l’objectif de réduire d’un cinquième la masse salariale, s’affranchit gaillardement des obligations légales en la matière. l’information donnée par RFI au cours de la procédure est « incomplète, imprécise et déloyale », notent les avocats du CE.

Alors que la fusion dans le futur Audiovisuel extérieur de la France est programmée, aucune information n’est donnée sur l’avenir des contrats de travail des salariés de RFI dans cette entité. La question mérite d’autant plus d’être posée qu’il semble un peu étonnant que l’État ait autorisé France 24 à embaucher à tour de bras, alors même que dans l’autre structure du futur AEF, en l’occurrence RFI, on débarque deux cents salariés. « À moins, insinue perfidement un délégué du personnel, que l’État préfère la main-d’œuvre plus jeune, plus malléable et bien évidemment beaucoup moins chère de France 24 ». Une convention collective où les salaires progressent régulièrement : trop ringard pour « la reine Christine ».

Enfin, la direction de RFI, expliquent leurs avocats, « tout en affirmant que la procédure du livre III n’aurait pas été ouverte, n’hésite pas à annoncer aux salariés concernés les suppressions d’emplois, avant même que la procédure d’information et de consultation du CE ne soit parvenue à son terme. ». Petite pression psychologique histoire que certains salariés inquiets viennent négocier leur départ à moindre frais. Autre anomalie, la direction de RFI n’a jamais ouvert de négociations en matière de GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences). Une obligation légale pourtant, censée justement limiter la casse sociale. Que l’État actionnaire se fiche à ce point là du droit du travail, comme risque de le souligner le juge, ça fait un peu désordre.



Par Lucie Delaporte
Source: Bakchich.info
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