
Tout le vacarme assourdissant fait autour des " Biens mal acquis " et des vacances dispendieuses de Paul Biya visent à escamoter les revenus du chef de l'État et l'application de l'article 66 de la Constitution. Ni les déclarations des docteurs-chercheurs visiblement atteints de diplomite et/ou de diplomanie, ni les sorties médiatiques des professeurs d'université qui, pour soutenir leurs thèses trop compliquées et invraisemblables pour les petits cerveaux des Camerounais (Jacques Chirac parlerait de thèses abracadabrantesque) convoquent Habermas, M. Grawitz, Dobry, Kant, Aristote, et autres B. Campbell, Bourdieu et Foucault, ni l'utilisation des médias pour accréditer la thèse d'un complot ourdi contre le Cameroun et son monarque perpétuel, ni la rhétorique officielle, encore moins les émotions de soutien des militants de bases du Rdpc dont la précarité des conditions de vie constitue une pièce à conviction du délit de malgouvernance, ne constituent les preuves que Paul Biya ne s'est pas enrichi sur le dos des Camerounais ou que son séjour de trois semaines à la Baule (en France) n'a pas été dispendieux. Au Contraire, faute de preuves convaincantes, en l'absence d'une liste exhaustive des biens de Paul Biya et des coûts réels du séjour présidentiel en France, ces sorties médiatiques renforcent dans la tête de nombreux Camerounais l'idée selon laquelle Paul Biya gaspille l'argent des contribuables.
Tout le vacarme assourdissant fait autour des révélations sur la fortune de Paul Biya et le gaspillage de l'argent des contribuables camerounais a pour unique objectif d'escamoter le débat sur les revenus de Paul Biya, l'origine des dépenses faramineuses que sa famille et lui effectuent régulièrement pendant leurs vacances, l'application de l'article 66 de la Constitution et la loi n° 003/2006 du 25 avril 2006 relative à la déclaration des biens et avoirs (Cf extrait ci-contre) Les Camerounais attendent toujours que Paul Biya leur donne des explications sur de graves accusations de détournement et de dilapidations des fonds publics qui pèsent sur lui depuis son accession à la mangeoire suprême.
Car, ce peuple meurtri par les agissements d'une oligarchie gloutonne n'a pas la mémoire courte. Il exige des réponses claires aux questions qu'il se pose. Entre autres : Quel est l'origine des fonds utilisés par Paul Biya pour s'offrir sur la place parisienne, à peine une année après son accession au pouvoir, deux grandes attributions immobilières: une, rue Fauch (avenue des milliardaires), l'autre à Cagnes-sur- Mer, entre la ville de canne et Monaco, scandale révélé par le très sérieux Canard enchaîné en 1983, alors qu'avant son arrivée à Etoudi son compte bancaire avait à peine 600 milles francs Cfa ? A-t-il contribué au pillage et à la mort de Société camerounaise des Banques (Scb)? Entre 1988 et 1990, Paul Biya a-t-il fait virer dans les comptes du gourou Raymond Bernard, via la Société nationale des Hydrocarbures (Snh), 76.5 millions de FF, environ 7,65 milliards de F Cfa non dévalués, soit l'équivalent actuel de 15 milliards 300 millions de FCfa? Paul Biya a-t-il puissé dans les fonds de la Snh pour financer et aménager son golf personnel de neuf (9) trous à Mvomeka'a, son village ? Le séjour présidentiel dans les Palaces de La Baule a-t-il coûté, tous les frais confondus, la rondelette somme de 2 milliards de francs?
Face à ces interrogations, Paul Biya affiche un silence gêné et méprisant. En méprisant le peuple camerounais par son silence au moment où celui-ci exige qu'il rende compte, il accrédite la thèse selon laquelle il prend régulièrement des libertés avec l'argent public. Ailleurs pourtant, dans les vieilles démocraties, lorsque des noms des présidents de la République, des premiers ministres et des ministres sont cités dans des affaires scabreuses, ceux-ci s'expliquent devant leurs concitoyens et apportent la preuve de leur innocence. Quelquefois, des ministres démissionnent de leur fonction pour se mettre à la disposition de la Justice. Le silence de Paul Biya laisse penser qu'il traine beaucoup de casseroles. On comprend pourquoi il a procédé à la modification de la constitution pour s'éterniser et mourir au pouvoir afin d'échapper à la justice. Et comme le dirait Patrice Etoundi Mballa, "les plus coupables d'entre nous ne sont pas toujours ceux qui sont en prison ".
Cameroun: Un souverain mépris du peuple
Les Camerounais attendent toujours la réaction de Paul Biya après la publication du Rapport du Ccfd Terre- Solidaire et les révélations faites par des journalistes français relatives aux vacances dispendieuses à La Baule. Depuis 27 ans qu'il est au pouvoir, son nom a été régulièrement cité dans des scandales.
Mais, à aucun moment, il n'a jugé utile de donner des explications au peuple camerounais. Il a très souvent laissé ses lieutenants monter au créneau pour donner des explications peu convaincantes. Simple mépris du peuple au nom duquel, Paul Biya prétend parler ou silence hautain
d'un Saint qui n'a rien à se reprocher ?
Toujours est-il que rien que sur le volet des biens malacquis, il est sans doute difficile de vider la tasse, non seulement pour son amertume, mais aussi pour son volume. Les réactions pour le moins atypiques du gouvernement face à cette série de révélations, contribuent à semer l'inquiétude dans l'opinion. Idem pour ce qui concerne le récent rapport du Ccfd et des vacances bauloises du couple présidentiel. Sur ces deux précédents, les souvenirs restent vivaces dans la mémoire collective de ce que le gouvernement et le Rdpc ont tenté de faire prospérer, en vain, la thèse du complot contre le Cameroun et son chef. Il est pourtant du devoir du citoyen lambda de rester vigilant. Les populations camerounaises doivent jouir de leur droit à l'information. Dans un monde globalisé, il est des attitudes qui nécessitent une rapide réaction, non pour accuser indûment les dénonciateurs de malversations, mais pour restituer la vérité chaque fois que l'orgueil et la fierté légitimes du peuple camerounais est entamé. On ne s'oppose à une enquête que par une contre enquête ; à des chiffres que par des chiffres contradictoires. En outre, le Cameroun tire une part importante de son budget de l'aide internationale, soit sous forme d'annulation de la dette, soit sous forme de prêts.
Ces partenariats bilatéraux et multilatéraux sont sous tendus par le respect des principes de bonne gouvernance et de respect des droits fondamentaux des populations. Les accords du C2D, des Objectifs du Millénaire pour le Développement (Omd), etc, en sont quelques exemples triés sur le volet.
Source: ICICEMAC
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