Que faire pour sauver une diplomatie tchadienne en panne d’imagination et à la dérive ?

Publié le par Ndouné

armoiries du TchadA partir d’analyses objectives relatives à la diplomatie tchadienne, sur la base des informations des diplomates tchadiens et des observations réelles du fonctionnement de nos représentations diplomatiques en général, et plus spécifiquement celui de certaines de nos Missions permanentes, il ne fait l’ombre d’aucun doute que la diplomatie tchadienne est gravementmalade à l’image comme diront certains de la gestion du Tchad par le régime MPS. Malade d’une légitimité contestée de ses dirigeants, grands détourneurs et pilleurs des biens publics, malade de la façon dont elle est conduite dans la méthode, la démarche et l’action, malade d’une vision sérieuse et crédible qui redonne au Tchad sa place dans le concert des nations. Des observateurs avertis et des amis du Tchad avaient également tiré la sonnette d'alarme sur la méthode et les gesticulations diplomatiques de certains dirigeants de la diplomatie tchadienne qui relevaient beaucoup plus du folklore que de l’analyse et de l’action mûrement réfléchie. Autistes et cupides, certains dirigeants de la diplomatie tchadienne se trompent d’époque et font de la résistance passive à tout ce qui qu'ils estiment contraire à leurs intérêts personnels. De ce point de vue, il est évident que  la diplomatie tchadienne ne peut continuer à espérer de nouvelles réalisations ou meilleurs résultats en gardant les mêmes visions, objectifs et principes d’action ; il est nécessaire qu’elle se réforme. Ce serait de la folie que de s’attendre à un résultat différent en continuant à faire la même chose.

Que faire donc pour sauver d'urgence une diplomatie tchadienne visiblement en panne d'imagination et à la dérive, qui a perdu la capacité d'initiative et d'action qu'elle avait jadis ? Rendons hommage ici à l’ancien ministre des affaires étrangères du Tchad Mahamat Saleh Annadif qui a su avec humilité, volontarisme et patriotisme redonner à la diplomatie tchadienne sa place dans le concert des nations. Au passage, le collectif condamne son arrestation arbitraire  et réclame sa libération comme beaucoup de tchadiens qui dorment dans les prisons sans fondement par le simple fait de l’arrogance et de la docilité d’une justice aux ordres. Le collectif apporte aussi son soutien au juge Emmanuel Derkembe, un homme  responsable et honnête qui a démissionné dans l’affaire Gali pour ne pas cautionner une justice aux ordres. Que tous les tchadiens prennent cet bel exemple de ce juge en ayant toujours à l’esprit une conscience critique et une citoyenneté active.

Le collectif rappelle également qu’il a fait dans ses contributions antérieures des propositions pertinentes pouvant permettre à la diplomatie tchadienne de redorer son blason et son image ternie par ses dirigeants, mais aussi pour qu’elle soit plus entreprenante, inventive et plus dynamique, en s’adaptant aux priorités du pays et à l’évolution du contexte international actuel.  La crédibilité de notre diplomatie dépend des capacités techniques et des qualités humaines et morales des hommes et des femmes impliqués à des degrés divers dans la conduite de cette diplomatie. Elle exige l’amour du métier, le patriotisme, la responsabilité, la dignité pour représenter valablement son pays et non pas pour rechercher des affaires personnelles ou bénéficier d’une rémunération substantielle. Certains ambassadeurs tchadiens sont champions dans ce domaine et utilisent de formules incohérentes de types : nous ne sommes pas élus par les tchadiens, nous sommes nommés par le Chef de l’Etat, et on s’en fiche des intérêts du Tchad ! C’est très dommage pour le Tchad. Nous pensons que cette attitude relève tout simplement de l’irresponsabilité, de l’incompétence et de l’étroitesse d’esprit qui n’honorent pas non seulement notre diplomatie, mais tout simplement notre pays dans ses différentes composantes.

Le collectif considère qu’il faut engager des réformes structurelles nécessaires avec un traitement convenable du personnel diplomatique et non pas simplement agiter des normes comptables ou réduire le nombre du personnel. Il y a des ambassades et Missions permanentes qui nécessitent une augmentation substantielle du personnel et des moyens convenables.

Il ne faut pas perdre de vue que le Tchad est véritablement un pays d’avenir et d’espérance à l’image du continent africain. Le Tchad recèle des atouts considérables mais il est victime de son favoritisme dans le choix des hommes valables pour le représenter. Nul doute, qu’il devient pour sa population jeune de plus en plus cultivée et ses immenses ressources inexploitées une force vivante politique et diplomatique sur la quelle il faut compter.

 

 Le Collectif de diplomates tchadiens.

Publié dans Opinion

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